La contrefaçon se met au plastique

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En forte croissance grâce au web, les copies de montres prestigieuses envahissent désormais les salons horlogers professionnels. Mais les marques veillent au grain.

En forte croissance grâce au web, les copies de montres prestigieuses envahissent désormais les salons horlogers professionnels. Mais les marques veillent au grain.

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Impossible de ne pas y prêter attention. Au détour d'un trottoir, sur les places de marché et, surtout, via des messages internet, les contrefaçons horlogères ont envahi notre quotidien de consommateurs. Il faut dire que la demande se montre, elle aussi, en forte augmentation: selon l'étude Worldwatchreport réalisée par la société IC-Agency, plus d'une recherche sur internet sur cinq visait en 2006 à trouver une montre contrefaite, soit près du double par rapport à 2005. Une situation qui, certes, coïncide avec le boom actuel du secteur de l'horlogerie suisse. Pas étonnant dès lors que les recherches de contrefaçons sur la toile concernent le plus souvent des marques helvétiques. Rolex, Breitling, Cartier ou encore Omega s'affichent ainsi comme les copies les plus demandées sur ce marché parallèle.

Reste que ce phénomène inquiète. Depuis quelques années, les contrefacteurs chinois s'infiltrent également dans les salons professionnels de Bâle et de Genève. «Les marques vont devoir rapidement décrypter les nouvelles habitudes de consommation de leurs clientèles cibles et y répondre en mettant en oeuvre des stratégies de visibilité réellement adaptées à leurs différents marchés», notait il y a quelques semaines David Sadigh, directeur associé d'IC-Agency. Préoccupés par l'ampleur de la contrefaçon, les horlogers suisses mettent ainsi en place de très sérieux garde-fou.La preuve avec Audemars Piguet, qui dispose d'une cellule de veille anticontrefaçons. «Outre la contrefaçon, nous avons constaté plus récemment un nouveau phénomène de copie. Depuis plus d'une année, des imitations en plastique de modèles à succès sont ainsi apparues sur les marchés, s'ajoutant de fait aux contrefaçons classiques», remarque la manufacture du Brassus.

Composée d'avocats et d'enquêteurs, cette cellule veille au grain lors des diverses manifestations horlogères mondiales. Lors de Baselworld 2007, de nombreuses copies de modèles Audemars Piguet ont ainsi été saisies puis retirées. Depuis 2006, une cinquantaine de procédures civiles et pénales devant les tribunaux suisses, italiens et français ont également été lancées, tandis que 120 sites internet vendant des contrefaçons de la marque ont été fermés.


Florence Noël

Tribune des Arts - No353 - Juillet-Août 2007

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