Aux sources des plongeuses contemporaines

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Omega Seamaster Planet Ocean Worldtimer ©Omega
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La montre de plongée est un objet singulier. Il évolue au fil des progrès techniques qui lui permettent de gagner en perfection. Un monde à part, doté de ses codes, matériaux et normes, mais sans être totalement étanche aux modes et tendances.

C'est une curieuse tension qui anime l'univers des montres de plongée. Un fil que les horlogers veillent à ne pas briser. Il doit pourtant lier deux nécessités incompatibles: d'un côté, l'envie irrépressible de porter la montre de plongée authentique, l'originale, celle que tout collectionneur veut posséder; de l'autre, le constat qu une telle pièce est aujourd'hui dépassée et aurait bien du mal à résister... à une simple douche. L'équilibre n'est donc pas simple. Il faut préserver le capital esthétique, mais y injecter des innovations qui le débordent - nouveaux matériaux, valve à hélium, complications additionnelles, éléments d'habillage (bracelets interchangeables) et rendre le tout compatible avec une norme ISO 6425 modifiée deux fois depuis sa création en 1982 ! 

Blancpain Fifty Fathoms Automatique 42mm ©Blancpain
Blancpain Fifty Fathoms Automatique 42mm ©Blancpain

PREMIERS PAS MILITAIRES 

Par apports successifs et progressifs, les horlogers ont toutefois réussi à maintenir, ensemble, désirabilité et technicité. On peut aujourd'hui scinder l'univers des plongeuses en trois catégories. Il y a d'abord le registre militaire, dans les années 1930 et 1940. Panerai y a été prépondérante. La marque a équipé la Marine royale italienne de boussoles, de profondimètres puis de montres destinées aux nageurs de combats. Ceux-ci opérant essentiellement la nuit, Panerai a utilisé une matière luminescente à base de radium développée en 1916, le Radiomir. S'ensuivra un second brevet, datant de 1949, qui donnera naissance au Luminor. La suite appartient à l'histoire: Luminor et Radiomir sont devenues les deux gammes phares de Panerai. 

Eberhard & Co. Scafograf 300 MCMLIX ©Eberhard
Eberhard & Co. Scafograf 300 MCMLIX ©Eberhard

DÉBUT DES PLONGEUSES CIVILES 

Le champ civil s'ouvre dès les années 1950. La Rolex Oyster Submariner créée en 1953 en est l'icône. Son caractère opérationnel est surtout représenté par les sériés limitées COMEX, pour Compagnie Maritime d'Expertise, entreprise marseillaise instaurée en 1962, spécialisée dans les interventions par grands fonds. C'est à peu près dans le même temps, entre 1955 et 1965, que la plongée récréative se développe. Le lien entre univers militaire et civil a été préétabli par Omega. La manufacture a travaillé dès 1939-1945 à des montres étanches pour la Royal Air Force, mais la Seamaster, sortie en 1948, est une pièce civile conçue pour le 100° anniversaire d'Omega. La montre opérationnelle bascule ainsi progressivement vers le grand public. La Palme d'or de Cannes 1956, Le Monde du silence de Louis Malle et Jacques-Yves Cousteau sur l'épopée du commandant, n'y est pas étrangère. L'illustre bonnet rouge y arbore une Blancain Fifty Fathoms. Conçue par Jean-Jacques Fiechter, alors CEO de Blancain, elle représente la montre de plongée qui a séduit le grand public. Elle est toujours l'un des fers de lance des collections Blancpain, sans cesse remise à jour et perfectionnée.

Breitling Superocean Automatic 46 Super Diver ©Breitling
Breitling Superocean Automatic 46 Super Diver ©Breitling

LIBERTÉ DES SIXTIES 

Dès lors, les designs sont plus libres, sensibles à l'esprit des premières traversées transatlantiques qui permettent aux Européens d'explorer de nouveaux récifs. C'est là que Breitling entre en scène avec la Superocean. La pièce sillonne les années 1960 avec des designs revitalises, dans lair du temps. La maille milanaise apparaît, les diamètres se diversifient de 39 mm à 48 mm. La collection actuelle en est l'héritière directe: jeune, cool, branchée, mais toujours très technique et précise. La voie italo-suisse, ouverte par Panerai dans les années 1930-1940, a aussi survécu dans l'univers civil. Elle est aujourd'hui représentée par Eberhard & Co. La Scafograf, sa plongeuse emblématique conçue en 1959, a accompagné toutes les décennies suivantes, jusqu'à un impression-nant modele étanche à 1000 mètres, dévoilé en 1983. La Scafograf est toujours en collection chez Eberhard & Co., basée à La Chaux-de-Fonds et dirigée en totale indépendance par la famille italienne Monti. 

L'ascension vers de nouveaux records se poursuit avec des horlogers contemporains, comme Richard Mille. Sa RM 032 Automatique Chronographe Fly-back vient de paraître en édition « Ultimate», entre titane, carbone et chrono flyback. Une fenêtre sur l'avenir de la montre de plongée ?

 

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GMT 92 ©GMT Magazine
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