A la découverte des chronométriers

3 minutes read
La Journée du patrimoine horloger, le 8 novembre dernier à La Chaux-de-Fonds et au Locle, a fait un tabac. En voiture pour un tour en bus dans la Mère-Commune, l'une des trois balades et 31 activités proposées.
Chronométrie_324701_0Chronométrie_324701_1 Revue FH - 27 novembre 2008 - No 19 Robert Nussbaum
«Bienvenue au Locle, le berceau de l'horlogerie! » Sur le marchepied d'un bus 25 places des TRN devant l'Hôtel de ville, le chargé de promotion de la Ville Bernard Vaucher salue la vingtaine de passagers de la course spéciale «tour horloger». Il n'y a pas de micro - un oubli - mais la guide Myrianne von Büren pousse sa voix de soprano.

 

Chronométrie_324701_2

(Photo www.patrimoinehorloger.ch)


Le thème du tour? La chronométrie. Car les chronométriers, c'est quelque chose au Locle. Ce sont eux qui ont fait tourner le monde dès qu'on a su qu'il n'était pas plat. La saga fera d'ailleurs l'objet l'année prochaine d'un concours international dans le cadre du 50ème anniversaire du Musée d'horlogerie du Château des Monts, le premier depuis 60 ans.

Le bus crapahute entre les deux flancs du Locle. Les noms de rue défilent, comme ceux de ses anciens illustres habitants. Par exemple, Perrelet (1729-1826), inventeur du remontage automatique, la maison Houriet, créateur de tourbillons au Crêt-Vaillant, et puis le Quartier-Neuf, construit pour les ouvriers par le chronométrier de marine Henry Grandjean. On passe devant Ulysse Nardin, on monte la Joux-Pélichet pour jeter un oeil sur Vulcain, Montblanc et Tissot au fond. A la descente, c'est le COSC, bureau de contrôle des chronomètres, la dynastie des Jürgensen (qui fera aussi l'objet d'une exposition au Musée d'horlogerie) et enfin Zénith, le record absolu de prix de chronométrie.

A l'arrivée, applaudissements pour la guide. L'une des deux Locloises du tour dit: «On devrait faire ce parcours à pied.» Les autres passagers s'égrainent contents. Il y avait plusieurs Suisses allemands, dont une famille de Zollikon. Ils n'ont pas cru que Le Locle ait pu finir dernier au classement de «Bilanz».Chronométrie_324701_3
Le musée privé TAG Heuer

«Il faut vous imaginer que vous êtes dans une montre.» Sous le ciel étoilé des héros qui ont fait TAG Heuer - un écran panoramique à 360 degrés qui est une première -, la guide Brigitte Dubois introduit la visite du musée privé high-tech de la marque ouvert en janvier. Il y a une vingtaine de personnes, très curieuses. En cinq groupes, une centaine sont inscrites depuis l'annonce de la journée. Autant sont restées sur leur faim.

L'attrait, ce sont les 300 pièces de collection qui résument 150 ans d'histoire de la marque, dit son historienne Mathilde Tournois. Elle explique les neuf vitrines qui sont autant de compteurs d'une TAG Heuer sportive, à l'image des Lewis Hamilton ou Maria Sharapova qui en sont les ambassadeurs. Barack Obama lui-même n'a-t-il pas porté une TAG Heuer pendant sa campagne? Une jeune fille sort du musée les yeux brillants. Un horloger est mitigé. Il aurait voulu voir le coeur d'une TAG Heuer, comme il venait de voir celui d'une Girard-Perregaux. L'année prochaine?
Un bon tiers de plus

«J'ai entendu parler de la Journée du patrimoine horloger ce matin à la DRS», expliquait samedi un ingénieur retraité bâlois qui a sauté dans un train pour venir dans les Montagnes neuchâteloises. L'exemple reflète une tendance. Pour sa deuxième édition, la manifestation organisée en parallèle à la candidature au patrimoine mondial de l'Unesco rayonne. «Des visiteurs sont venus de Paris et d'Italie », a constaté Anouck Hellmann, co-organisatrice. Des chiffres? Trop tôt pour en avoir. «Mais je pense qu'il y a eu un bon tiers de monde de plus que l'année passée.» En 2007, il y avait eu 3000 visiteurs cumulés pour 26 activités, entre marques, sous-traitants, musées, bibliothèques et écoles comme le Cifom ou la HE-Arc. Cette fois-ci, il y avait 31 adresses horlogères. «Les gens couraient d'une visite à l'autre», se réjouit Anouck Hellmann. Une troisième édition? C'est plus que probable.