L'édito de la semaine : Rien de nouveau sous le soleil

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Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Et, bien souvent, il n’y a rien de nouveau non plus au poignet.

La génération Z voue une véritable fascination au vintage. La génération X aussi, mais probablement pour des raisons différentes. Cette dernière peut porter une Omega Ploprof avec une certaine distance, un clin d’œil teinté d’ironie. La génération Z, élevée dans un monde numérique, semble quant à elle animée par une nostalgie plus profonde : celle d’objets porteurs de sens, issus d’une époque où le marketing n’était pas encore devenu la raison d’être de tout produit.

The Summer Blue Omega Seamaster Ploprof 1200M © Omega

Le vintage peut constituer une porte d’entrée abordable dans l’univers de l’horlogerie. Pourtant, à voir l’engouement pour ces pièces croître plus vite encore que leurs prix dans les ventes aux enchères, il est difficile de penser que le facteur économique soit désormais déterminant. Choisir le vintage, c’est avant tout rechercher l’unicité, posséder un objet qu’aucune fortune ne garantit de pouvoir acquérir. C’est aussi appliquer l’une des règles les plus anciennes du style : créer une silhouette intéressante en mêlant les époques et les registres. Un carré Hermès associé à un jean patiné par les années, une bague héritée de sa grand-mère et une montre de poche. Ou encore un manteau Yohji Yamamoto, un jean ample des années 1990, des Blundstone et une Omega Seafarer des années 1950.

A 19, 1927 by Laszlo Moholy Nagy © 2016 Hattula Moholy-Nagy/VG Bild-Kunst, Bonn/Artists Rights Society (ARS), New York.

Cette même philosophie donne naissance aux montres les plus intéressantes : celles qui osent associer matériaux, finitions, formes et références issues de différentes périodes. Prenons la nouvelle Breguet Tradition. Son architecture puise directement dans le XVIIIe siècle, tout en étant réinterprétée avec des matériaux, des performances et des proportions contemporains. Ou encore le phénomène qu'est devenue la Bvlgari Octo Finissimo. Ses lignes géométriques pures auraient sans doute séduit les constructivistes du début du XXe siècle, tout comme László Moholy-Nagy (1895-1946), artiste et professeur du Bauhaus qui a largement contribué à façonner ce langage esthétique. Si son œuvre vous est inconnue, elle mérite d’être découverte. Bvlgari s’est réapproprié ces formes, les a recomposées selon une approche nouvelle et les a notamment réalisées en titane. Le résultat est résolument contemporain. Pourtant, l’Octo Finissimo possède déjà cette qualité rare des objets intemporels : nous assistons probablement à la naissance d’une véritable icône.

Octo Finissimo opaline titanium dial © Bvlgari

Oui, l’Octo Finissimo survivra vraisemblablement à notre époque. Même aux jeunes collectionneurs de la génération Z qui viennent tout juste de la découvrir avec admiration. Mais quelles créations de notre temps connaîtront le même destin ? Dans une époque où nous sommes si attachés à revisiter le passé, quelles montres deviendront, à leur tour, les pièces vintage de demain ?

Les créations remarquables ne manquent évidemment pas. Comme toujours, il est difficile de distinguer ce qui relève de la nouveauté de ce qui traversera véritablement les générations. Si je devais miser sur trois modèles, au regard des dernières créations de leurs maisons respectives, je choisirais l’Hermès H08, la Streamliner de H. Moser & Cie et l’Overseas de Vacheron Constantin. Et vous, sur quelles montres parieriez-vous ?