Communiqué

Pour la troisième année consécutive, Cartier est partenaire d'Art Basel, foire internationale la plus réputée dans le domaine de l'art. Cette exposition a lieu du 10 au 14 juin. Pour cette édition, Cartier est présent au Art Collectors Lounge, espace au sein duquel nous exposons un chef d'oeuvre créé par le célèbre architecte-designer italien Alessandro Mendini pour Cartier.
Cette œuvre d'art, colonne scintillante d'or et de pierres précieuses, trésor unique en pierres recyclées et non utilisables en joaillerie, est écologique, démontable, réparable, récupérable et inaltérable. Atteignant presque 2 mètres 50, cette stèle d'or redonne ainsi vie à plusieurs centaines de perles, d'émeraudes gravées, de saphirs, de grenats, de pierres de lune, de calcédoines, de rubis, … Elle a été réalisée dans les ateliers de Cartier Joaillerie et a nécessité plus d'un an et demi de travail.

Créer une oeuvre d'art, à partir de pierres fines et précieuses, collection constituée de pierres désormais non utilisables en joaillerie classique car ayant été percées, démontées, gravées ; redonner une deuxième vie aux perles, aux émeraudes gravées, aux saphirs, aux grenats mandarins, aux pierres de lune, aux pierres de pavages, aux calcédoines, aux rubis... Cartier a confié cette création au grand architecte designer italien, Alessandro Mendini qui a exposé ses oeuvres à la Fondation Cartier pour l'art contemporain en 2002, dans le cadre de l'exposition “Fragilisme”. Le développement et la réalisation de la “colonne précieuse” imaginée par Mendini ont été confiés à Cartier Joaillerie.
Ce stock de pierres, véritable précis lapidaire, a fait l'objet d'une classification par catégorie avant d'être encapsulé dans des cylindres de cristal, destinés à s'insérer verticalement au sein de cannelures d'or rose.
Une colonne de 2,3 mètres qui a nécessité plus d'un an et demi de travail, des premières ébauches au projet abouti, défi d'ingéniosité qui suppose, selon les principes de l'architecture gréco-romaine, d'empiler par strate plus de sept blocs autour d'un axe central. Topazes, citrines, péridots, émeraudes, toutes les pierres ont été figées dans la résine époxy après quatre-vingts heures de polymérisation. Présenté en avant-première à Art Basel, ce “grand bijou”, selon la formule de Mendini, est exposé dans un salon original conçu spécifiquement par les Ateliers Mendini.

Colonne de Cartier
Le projet de cette colonne est si inhabituel qu'à l'heure actuelle, il demeure sans équivalent. Concevoir librement un objet x à partir de milliers de pierres précieuses parfaitement taillées et d'une exceptionnelle beauté constitue, me semble-t-il, un événement totalement inédit. Seuls les trésors des églises médiévales ou ceux des souverains et des sultans d'antan étaient composés d'une profusion d'énormes joyaux qui en faisait des objets d'une grande rareté, des reliquaires, des symboles de la dévotion ou de l'ostentation du pouvoir.
Mais cette époque est désormais révolue. Ainsi, lorsque la maison Cartier m'a dit : “Tu vois ces milliers de pierres : nous souhaiterions que tu les transformes en un objet x, en un joyau sublime qui sache exprimer l'âme de chacune de ces gemmes et soit le symbole de l'histoire et du savoir-faire de Cartier”, j'ai été saisi par plusieurs sentiments à la fois : la joie, la peur et le doute. La joie et la fierté de créer et de présenter une vaste classification des matières les plus pures que nous offre la nature, à savoir les pierres précieuses et les pierres fines, la peur de commettre un acte d'arrogance et de présomption - le luxe extrême -, le doute qui peut assaillir un designer consciencieux face à un défi aussi difficile qu'inhabituel. Comme un remède au monde cruel dans lequel nous vivons, j'ai voulu exprimer à travers ce trésor le symbole idéalisé de la pureté utopique du monde, passant de la dévotion religieuse et de l'ostentation de la puissance royale à la conception d'un trésor laïc, abstrait et spirituel. Afin que l'homme, oubliant un instant la folie et les drames du monde contemporain, puisse être saisi par la pureté : par les gemmes, les perles, les pierres précieuses - les seules matières restées pures dans la nature. Ces petits concentrés de perfection et de beauté, ces miracles divins qui sont souvent admirés séparément ou en petites compositions ornementales, sont au contraire présents par milliers dans mon objet x et réunis en une accumulation inédite. Ces pierres étonnamment nombreuses ainsi que les combinaisons particulièrement puissantes qui les relient, m'ont conduit à une forme neutre, de manière à concentrer toute l'attention et l'énergie sur le jeu de l'éclat et des reflets et sur la diffraction polychrome des matières précieuses.
J'ai donc dessiné un cylindre de 45 centimètres de diamètre sur 233 centimètres de haut, une colonne comportant 20 rainures verticales recouvertes d'or et destinées à recevoir des tubes à essai de cristal disposés parallèlement et dans lesquels les pierres sont agencées les unes par rapport aux autres, selon des séquences opportunes. C'est ainsi qu'est né l'objet x : la “Colonne de Cartier”, une colonne sans fin, une représentation de la passion laïque, un instrument de classification minéralogique des matières les plus belles au monde, un musée réunissant tous les types de pierres précieuses présentes dans la nature, et qui s'élèvent de leur tube de cristal comme le mercure grimpe le long du thermomètre quand monte la fièvre du malade. Dans notre cas, c'est une fièvre minéralogique virtuelle et obsessionnelle dont il est question.
La “Colonne de Cartier” est donc un objet analytique qui confère au seul alignement de ses pierres toute la force et la magie spirituelle de sa propre esthétique. Un cylindre, une colonne empreinte d'une vague et froide mémoire néo-classique, étrangère à notre époque, mais qui n'en est pas moins devenue une nouvelle présence de l'art. Le fruit du prodigieux savoir-faire de l'atelier et de l'école de joaillerie de Cartier et un exemple grandiose de génie artisanal. Une vision, un mirage optique de petits points à la fois immuables et évanescents, se multipliant dans un jeu de reflets au creux des rainures d'or, une constellation rationnelle de facettes et d'arêtes scintillantes. Un objet conçu comme l'indice et le symbole d'une inatteignable pureté.
Alessandro Mendini

“Colonne de Cartier” par Alessandro Mendini
Hauteur totale : 2,33 m - Diamètre : 45 cm - Poids : 720 kg
Matières utilisées:
Surface extérieure :
23,600 kg d'or en 18 carats - Couleur or rose 4N
140 plaques
Épaisseur : 5 dixièmes
Hauteur : 30 cm
Largeur : 7 cm
Poids moyen par plaque : 165 grammes
Socle : granit noir
Couvercle (partie supérieure): bronze recouvert de 5 microns d'or
329 tubes : (255 de 10 cm - 57 de 20 cm - 17 de 30 cm)
Poids total des pierres et des perles : 17 763,079 carats
Diamants : 61 carats
Émeraudes : 920 carats
Saphirs : 3 067 carats
Rubis : 1 293 carats
Perles : 9 865 carats
Tourmalines : 695 carats
Aigue-marine : 75 carats
Calcédoines : 831 carats
Améthystes : 336 carats
Grenats : 295 carats
Pierre de lune : 307 carats
Cordiérites : 17 carats

Alessandro Mendini - Biographie
L'architecte Alessandro Mendini est né à Milan en 1931.
Il a dirigé les magazines Casabella, Modo et Domus. Des monographies sur ses réalisations personnelles ou en collaboration avec le groupe Alchimia ont été publiées en plusieurs langues. Il est l'auteur d'objets, de meubles, d'intérieurs conceptuels, de peintures, d'installations et d'édifices. Il collabore avec des sociétés internationales telles Alessi, Philips, Cartier, Swatch, Hermès et Venini. Alessandro Mendini est également conseiller en design et en image auprès de différentes entreprises, de l'Italie à l'Extrême-Orient. Il est membre honoraire de la Bezalel Academy of Arts and Design de Jérusalem. Il a reçu le “Compasso d'Oro” pour le design en 1979 et en 1981, et a été fait “Chevalier des Arts et des Lettres” en France. Il a également été décoré par l'Architectural League de New York et a reçu un doctorat honoraire de l'école polytechnique deMilan.Mendini a été professeur de design à l'Universität für angewandte Kunst de Vienne et est membre honoraire de l'Academic Council of the Gangzhou Academy of Fine Arts, en Chine.
Ses oeuvres sont exposées dans de nombreux musées et collections privées. En 1989, il a ouvert à Milan l'Atelier Mendini avec son frère, Francesco Mendini. Entre autres projets, citons l'usine Alessi à Omegna, la nouvelle piscine olympique de Trieste, une série de stations de métro à Naples, la restauration de la mairie de Naples, le Byblos Art Hotel Villa Amistà à Vérone, en Italie, les nouveaux bureaux du Trend Group à Vicence, la conversion de trois zones industrielles avec des édifices abritant des commerces, des bureaux, des hôtels et des résidences à Milan Bovisa, une tour à Hiroshima, au Japon, le musée Groninger aux Pays-Bas, un quartier de Lugano, en Suisse, l'immeuble des bureaux de Madsack à Hanovre, un bâtiment commercial à Lörrach, en Allemagne, ainsi que d'autres édifices en Europe et aux États-Unis. Mendini et son Atelier travaillent actuellement à la coordination d'un projet public en Corée, “Milan Design City”, qui comprend plusieurs édifices dont le nouveau parc des expositions Incheon et une antenne de la Triennale de Milan. Toutes les oeuvres de Mendini, qu'il s'agisse de théorie, d'écriture ou de design, se situent au carrefour entre l'art, le design et l'architecture.
