Tribune de Genève - 11 février 2010
Gabriel Tortella - "Les propos de Gabriel"
Je l'ai vérifié maintes fois, il est très important qu'une maison, surtout de prestige, ait une bonne direction. C'est le cas de la Maison Cartier, notamment, qui est dirigée, depuis dix ans, d'une main de maître par Bernard Fornas, le président et le CEO de Cartier. Un homme d'une grande sagesse, quasi terrienne, qui a aussi ce don de savoir très bien s'entourer. Je rappelle que c'est lui qui, en procédant à une réorganisation, a nommé Christophe Massoni comme directeur de Cartier pour la Suisse. Et en peu de temps, celui-ci a réussi, par sa simplicité, derrière laquelle il cache de grandes capacités, à laisser une empreinte indélébile en Suisse, séduisant aussi bien les clients que les distributeurs. Une fois cette mission accomplie, dans sa sagesse, Bernard Fornas a décidé de l'envoyer l'été dernier à Tokyo où les premiers échos sont très positifs.

Dans sa stratégie, Bernard Fornas s'est livré à un jeu de chaises musicales en appelant de Tokyo, précisément, Arnaud Carrez comme le successeur de Christophe Massoni. Je l'ai rencontré dernièrement et ce jeune homme prolongé, au sourire qui inspire confiance, m'a fait tout de suite une bonne impression. Selon moi, les deux, Massoni et Carrez, sont de force équivalente. Mais Arnaud Carrez a cette particularité d'avoir été aussi joueur de rugby. C'est un très bon attaquant, croyez-moi, vous vous en rendrez vite compte quand vous le verrez à l'œuvre dans un stade.
Et il sait très bien s'adapter. Vous parlez avec lui cinq minutes et vous avez le sentiment de le connaître depuis toujours. Je lui ai demandé s'il n'était pas triste d'avoir quitté le Japon et il m'a répondu tout de go qu'il était très heureux de travailler avec des collaborateurs superprofessionnels et qui ont su garder le sens de l'humain. Et je me suis laissé dire que Madeleine Moser, responsable de la communication et qui est comme l'âme de Cartier Genève, est très heureuse de collaborer avec lui. En bon Genevois qu'il est déjà devenu, il a décidé tout de suite d'habiter à Carouge et je le comprends. On ne peut qu'applaudir. Cartier, c'est au fond comme Ferrari. Je suis sûr qu'Arnaud Carrez fera un très bon pilote et qu'il va gagner. Et croyez-moi, bien que le job soit très délicat, il va très vite s'imposer comme une des valeurs sûres de Cartier auprès d'une clientèle très exigeante et qui fait, paradoxalement, le bonheur de cette maison mythique.
Confidentiel
Je vous parle une fois de plus de Jean-Claude Biver car avec lui, il y a toujours du nouveau. Voici qu'il vient d'engager une trentaine d'horlogers de BNB Concept à Nyon, qui autrement se seraient retrouvés à la rue et pour lesquels il s'apprête à créer une cellule particulière. Je rappelle que l'an passé, il avait déjà engagé une dizaine d'horlogers et qu'il envisage aussi de reprendre des machines, des établis et des outillages pour préserver un patrimoine et un savoir-faire uniques. Bravo à la maison Hublot!
Après la crise, qui a contraint des horlogers à licencier et qui aujourd'hui réembauchent, je donne raison à Philippe Léopold-Metzger, le CEO de Piaget, qui ne s'est jamais séparé d'un seul de ses collaborateurs.
Je salue enfin mon ami Aurel Bacs, qui fait toujours merveille à la tête de Christie's Genève. Il est incontestablement le No 1 des montres et ce n'est pas sans raison qu'on lui fait entièrement confiance. Sa prochaine vente en mai sera éblouissante, me suis-je laissé dire. Comme toujours au fond. (GT)

