Tribune de Genève - 8 mars 2011
Olivier Wurlod
La famille Bulgari, toujours à la tête de la marque fondée par son aïeul Sotirio Bulgari en 1884 a choisi de confier son avenir aux mains du groupe français dirigé par Bernard Arnault. «L'entrée dans LVMH va donner à Bulgari les moyens de renforcer son développement à l'échelle mondiale et de trouver des synergies appréciables, notamment dans le domaine des achats et de la distribution», déclare Francesco Trapani, l'administrateur du groupe Bulgari, dans un communiqué de presse.
Une source proche du dossier aurait déclaré «qu'avec Bulgari, nous allons pouvoir devenir un véritable challenger de Cartier». Justement, le propriétaire de Cartier, le groupe suisse Richemont, faisait partie de même que son concurrent français PPR (Gucci, Boucheron) des acteurs intéressés par une reprise des joailliers italiens.

Plus de marges
Déjà très présent dans l'horlogerie avec des marques helvétiques comme TAG Heuer, Zénith ou Hublot, LVMH se renforce dans la joaillerie grâce à cette acquisition. Ainsi, le groupe se retrouve dans les deux secteurs du luxe où, pour François Arpels de la banque d'affaire Bryan Garnier, «les marges sont les plus importantes».
Pour 2011, les premières estimations présagent un doublement du chiffre d'affaires du groupe à 2,35 milliards de francs (contre 1,17 milliard en 2009). La joaillerie horlogerie représenterait ainsi un total d'environ 8,5% des activités de LVMH, alors que jusqu'ici elle se situait au-dessous des 5%.
Pour acquérir la majorité des parts de Bulgari (51%), LVMH va procéder à un échange d'actions accompagné d'une offre publique d'achat (OPA) à l'attention des actionnaires minoritaires de la société italienne. «La société Bulgari S.p.A. étant cotée à Milan, LVMH déposera une offre publique d'achat au prix de 12,25 euros par action pour celles détenues par les actionnaires minoritaires, conformément à la réglementation boursière italienne. Au terme de la procédure d'apport, LVMH émettra 16,5 millions d'actions, en rémunération des 152,5 millions de titres détenus ce jour par la famille Bulgari», précise le communiqué du groupe français. La valorisation de Bulgari est estimée autour des 4,8 milliards de francs suisses.
Accord à l'amiable
Contrairement à l'acquisition très discrète et non voulue par LVMH de 20% du groupe Hermès qui débouche maintenant sur un conflit, les tractations et l'accord entre Bulgari et le groupe français se sont faits dans l'harmonie. «C'est un deal gagnant-gagnant, parce que l'opération est totalement amicale», confirmait hier une source.
