Revolution #7 - Mars 2010Fabrice EschmannLe Salon mondial de l'horlogerie et de la bijouterie, Baselworld, est un baromètre pour tout le secteur du luxe : il donne de bonnes indications sur ce que vont être les affaires durant l'année. A la veille d'inaugurer la 38e édition, nous dit-il déjà quelque chose ?
Nous espérons beaucoup de cette édition, et toute la branche avec nous. 2010 sera meilleure que 2009, c'est une certitude.

Sylvie Ritter, directrice Baselworld © Revolution
Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
Mes conversations avec les acheteurs : leurs budgets sont plus importants et leur visibilité est meilleure. De plus, je sais qu'ils vont être plus nombreux cette année : les demandes de visas ont explosé de 100% ! Pour les professionnels en provenance d'Inde et de Chine, nous enregistrons même un nombre record de demandes.
Vu le bas niveau des affaires en 2009, avez-vous eu des surprises concernant l'organisation de cette édition ?
Evidemment, il y a eu quelques faillites durant l'année dernière, plus dans le domaine de la bijouterie que dans celui de l'horlogerie d'ailleurs. Mais les emplacements ainsi libérés ont été immédiatement repris, soit par des nouveaux arrivants, soit par des exposants de longue date qui désiraient s'étendre.
Le nombre total d'exposants a-t-il diminué ?
Non, il est stable, soit environ 2'000 exposants, dont quelques 350 horlogers et 520 bijoutiers. Mais les décisions ont été prises beaucoup plus tardivement que les années précédentes. Habituellement, l'organisation était quasi bouclée en fin d'été. Cette fois, jusqu'au début de l'hiver, nous avons traité des souhaits d'agrandissement, de rénovations de pavillon, d'organisation d'événements, etc.
Des exposants ont rénové leurs stands ?
Une quarantaine, oui. Cela prouve qu'ils investissent à Bâle, qui gagne encore en attractivité. Nous profitons d'un phénomène de concentration, d'une plus grande sélectivité des exposants comme des acheteurs dans le choix des manifestations, et Baselworld en ressort gagnant.
Cette année, le Salon International de la Haute Horlogerie (SIHH) a accueilli deux nouvelles marques, Greubel Forsey et Richard Mille. Quel regard portez-vous sur cette manifestation qui grandit ?
Je ne pense pas que la situation ait changé. Ce qui fait la force de Baselworld, c'est qu'on y trouve tout l'éventail de l'offre horlogère, bijoutière et joaillière. Autre avantage : les marques peuvent s'y présenter dans des environnements qui leur sont propres, et pas dans l'univers d'un groupe.
Autre nouveauté, cette année à Genève : Geneva Time Exhibition (GTE), qui réunissait 38 indépendants et qui a suscité un vif intérêt. C'est une nouvelle concurrence ?
Non. D'une part parce qu'au moins 85% des exposants au GTE sont également présents à Bâle ; d'autre part parce que Baselworld a toujours accueilli des indépendants. Cette année, on les retrouvera dans les halles 4 et 5, ainsi que dans le Baselworld Palace.
Comme à Genève, de plus en plus de marques prennent leurs quartiers aux abords du salon de Bâle. L'an dernier, vous les considériez comme des “parasites”. Votre politique a-t-elle changé ?
Pas du tout ! Baselworld a toujours fait de gros efforts pour s'ouvrir à tous. Nous ne comprenons pas pourquoi certains s'installent dans la marge. J'ai envie de leur dire : “ Si Bâle est si attractif, venez-y en juin ! ” Il faut bien comprendre que les exposants ne louent pas seulement un emplacement, mais financent également le marketing, la décoration, la publicité qui est faite autour du salon. Ces coûts ne sont jamais supportés par les adeptes de ces présentations parallèles qui, pour la plupart d'ailleurs, après un certain nombre d'expériences en marge du salon, privilégient finalement Baselworld. Les exemples sont nombreux !
