Il lui fallait au moins la folie et la démesure de Dubai pour donnerchair [cher ?] à son rêve : Thierry Nataf n'a pas hésité à convoquer ledésert et les malls de l'émirat futuriste pour imposer sa visionhorlogère à 600 invités de son « premier cercle » (300 détaillants, 150journalistes et 150 membres de ses équipes).

Les rêves cosmiques de Thierry d'Arabie
Il lui fallait au moins la folie et la démesure de Dubai pour donner chair [cher ?] à son rêve : Thierry Nataf n'a pas hésité à convoquer le désert et les malls de l'émirat futuriste pour imposer sa vision horlogère à 600 invités de son « premier cercle » (300 détaillants, 150 journalistes et 150 membres de ses équipes).
Plus mince-bronzé-décolleté-gominé que jamais et toujours incroyablement provocateur par le style néo-pailleté qu'il donne à ses fêtes, il avait choisi cette année de présenter ses collections dans un contexte glam-arabisant survitaminé.
Pour le décor, on ne fait pas mieux que Dubai pour ce genre de show horloger. A mi-chemin entre Las Vegas et Disneyland, arrosant les palmiers poussiéreux d'une pluie de devises rapportées du monde entier, les malls semés le long de la Creek et au pied des plus grands gratte-ciels du monde proposent la plus invraisemblable collection de boutiques horlogères de toute la planète. Singapour et Hong Kong, voire même Macao, peuvent se rhabiller !
Pour le décor, on ne fait pas mieux que Dubai pour ce genre de show horloger. A mi-chemin entre Las Vegas et Disneyland, arrosant les palmiers poussiéreux d'une pluie de devises rapportées du monde entier, les malls semés le long de la Creek et au pied des plus grands gratte-ciels du monde proposent la plus invraisemblable collection de boutiques horlogères de toute la planète. Singapour et Hong Kong, voire même Macao, peuvent se rhabiller !

La Defy Night au pied du Burj al-Arab [le célèbre hôtel-voile planté dans les sables off-shore et déjà promis à l'avenir de la tour de Pise] sera mémorable, mais chacun se souviendra surtout de la Zenith Night en plein désert, au Bab al Shams, comme d'une des plus magnifiques soirées horlogères de ces vingt dernières années.
Zéro faute en l'honneur d'un tourbillon zéro gravité.
Tous les fastes légendaires de l'Arabie ponctuaient un « chemin du temps » pavé dans les dunes, avec ce qu'il faut de faucons, d'étalons arabes [la région du Bab al Shams est le principal centre d'élevage des Emirats], de danseuses du ventre, de dromadaires qui ondulent de la bosse, de tapis jetés sur le sable, quelques écrans pour regarder Lawrence d'Arabie galoper dans ces mêmes paysages et de buffets pantagruéliques à la lueur des torches. Dans la nuit profonde du désert, même les étoiles étaient au rendez-vous fixé par Thierry Nataf, qui n'a pas hésité à en allumer lui-même quelques bouquets supplémentaires par son feu d'artifice.

Quelques étoiles brillaient aussi dans ses yeux, puisqu'il savait qu'il avait réussi son pari. Aussi coûteux soit-il [et il l'a été : 3 à 4 millions de dollars selon les estimations des spécialistes], ce déplacement de la tribu Zenith à Dubai s'est révélé on ne peut plus rentable. Tous les brands managers nationaux se frottaient les mains : les carnets de commande étaient pleins, y compris pour le tourbillon Zero-G, sur-souscrit au-delà même des capacités de production du Locle. Hypnotisés comme des cobras par le charmeur Nataf, mais flattés de figurer parmi les « élus » et les initiés, les détaillants invités ont rangé leurs crocs venimeux et gentiment cassé leur tirelire. En trois jours, l'année était bouclée et la montée en charge de la manufacture planifiée.
De quoi apporter de l'eau au moulin de ceux qui considèrent que les salons traditionnels du printemps – devenus simples prétextes à des relations publiques autant endogènes qu'exogènes – sont trop tardifs et trop coûteux. D'autant que les marques qui institutionnalisent leurs présentations pré-Bâle assèchent une partie de leur budget dans ces commandes « événementielles » : autant de lignes budgétaires qui ne profiteront pa aux concurrents…
De quoi apporter de l'eau au moulin de ceux qui considèrent que les salons traditionnels du printemps – devenus simples prétextes à des relations publiques autant endogènes qu'exogènes – sont trop tardifs et trop coûteux. D'autant que les marques qui institutionnalisent leurs présentations pré-Bâle assèchent une partie de leur budget dans ces commandes « événementielles » : autant de lignes budgétaires qui ne profiteront pa aux concurrents…
Côté communication, de dizaines de minutes sur les télévisions régionales et internationales et une piqûre de rappel pour les médias horlogers et life style qui en auraient eu besoin. Une belle performance, réalisée sans « people » et sans autre star que Thierry Nataf lui-même, son culot, sa prédilection pour le too-much, son adrénaline et sa testostérone.
Si Thierry Nataf place chaque année la barre un peu plus haut pour ses événements pré-Bâle, c'est aussi que le retour sur investissement est immédiatement payant, et très profitable en différé : ne pas oublier que Zenith – qui revient de loin – affiche à présent une progression à deux chiffres qui lui a valu les honneurs des communiqués émis par son actionnaire, Bernard Arnault.
Lui-même fils de cet « Orient compliqué » [comme le chantait presque Johnny Hallyday, « on a tous en nous quelque chose de Tunisie »], fasciné par ce nouvel Orient post-moderne qui s'édifie entre les touffes d'alfa où paissaient jusqu'ici les dromadaires, désormais relégués dans les camélodromes, Thierry Nataf est un conteur mirobolant, dont les envolées lyriques restent cependant d'une grande logique narrative.
Nouveau roi mage guidé par l'étoile de Zenith, c'est autour de cette étoile qu'il a conçu sa pièce maîtresse de l'année, le déjà fameux tourbillon Defy Xtreme Zero-G (pour zéro gravité).
Il s'en explique :
« C'est une idée autour de laquelle je tourne depuis cinq ans. Annuler la gravitation : un défi à la fois poétique et technique, surtout pour mes équipes horlogères. Ce qui a déclenché ma réflexion a été de découvrir que le seul point de l'univers où règne une gravité zéro, où tout gravité est effacée, c'est le cœur d'une étoile en fusion permanente. Je n'ai pas pu résister à la tentation ! D'où ce tourbillon Zero-G véritablement révolutionnaire, qui permet d'échapper définitivement aux effets de la gravitation, puisque son échappement monté sur des cardans est maintenu sur un plan horizontal constant, quelle que soit la position de la montre au poignet.
« La liaison entre cette cage gyroscopique et le reste du mouvement est assurée par une second train d'engrenage, qui sert de référence au basculement des axes de l'échappement. Un engrenage différentiel à inverseur vient compenser tous les mouvements relatifs des bâtis. La gyrocage de ce tourbillon Zero-G compte à elle seule 166 composants, dont certains ne font qu'un dixième de gramme : dix roues à engrenages coniques et à dentures spiroïdales et six roulements à bille améliorent ainsi la précision du mouvement automatique El Primero. Les frictions sont réduites par l'usage du silicium injecté sur les parties en frottement. La construction même de cette cage et de toute la montre est révolutionnaire : on procède par ajouts successifs autour d'un « noyau » (la cage)…
« Ensuite, j'ai voulu un design à la hauteur de la réponse apportée par Zenith à ce défi horloger. Il me fallait une parfaite alchimie entre le moteur (calibre 8800) et la carrosserie, mais en conservant un vrai effet de surprise. C'est le 8 légèrement basculé du cadran : on peut y voir le chiffre porte-bonheur des Chinois ou l'anneau de Moebius, devenu le symbole de l'infini mathématique. Les heures sont décentrées et le tourbillon mis en valeur sous une « bulle » de verre saphir, dans l'esprit des anciens chronographes de marine montés sur des cardans gyroscopiques. Le tout marie à la fois les arts du temps chers à Zenith (c'est notre côté artisanal) et l'esthétique techno-industrielle. »

Après le show dans le désert pour les initiés, les prototypes en état de fonctionnement seront présentés à l'admiration des foules pendant Baselworld, pour une livraison à la rentrée 2008.
Comme Worldtempus l'écrivait en avant-première mondiale (20 février 2008), ce tourbillon annonce une nouvelle génération de montres mult-dimensionnelles, capable d'exprimer leur identité (et leur efficacité en termes de précision ou de complication) d'une façon totalement libéré de la seule projection horizontale. Les précurseurs du tourbillon 3D ou perpendiculaire n'ont pas manqué (Franck Muller, HD 3, Panerai, Jaeger-LeCoultre, Concord, DeWitt), ni d'ailleurs les tentatives de basculement (Greubel Forsey), ni non plus les concepts verticaux (Cabestan, Parmigiani, Jacob & Co). Une frontière a été dépassée et le champ d'investigation et d'interprétation est immense.
Le mérite de cette DefyXtreme Zero-G restera d'avoir été la première montre réellement ludique (dans son mouvement comme dans son design) à illustrer ce nouveau chapitre de l'histoire horlogère.
Demain, la suite et la fin des nouveautés Zenith, avec la présentation d'un affichage des phases de lune… « ensoleillée », elle aussi totalement inédite. « La lune est le rêve du soleil », disait… Paul Klee, cité par ce grand amateur de sentences qu'est Thierry Nataf. Lequel a réussi cette année à ne pas répéter une seule fois que « le beau est la splendeur du vrai »…
Un petit souvenir de la soirée Zenith sous les étoiles :


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