Le désert préféré de Jean-Frédéric Dufour

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Président de la manufacture Zenith depuis juin 2009, Jean-Frédéric Dufour entretient une passion de longue date avec les déserts du monde, mais également la mer et la montagne qu'il rejoint dès qu'une opportunité se présente.
Luxes par Bilan - 29 septembre 2010

Vincent Gillioz


Si tout le monde connaît Jean- Frédéric Dufour pour ses activités dans le domaine du luxe, chez Ulysse Nardin, Léon Hatot, Chopard et plus récemment Zenith, sa passion des grands espaces, notamment des déserts, reste peut-être plus confidentielle. Le diplômé en Sciences commerciales de l'Université de Genève se ressource en effet depuis 20 ans, quand il en a la possibilité, au milieu des étendues vierges de la planète. « Ma plus grande traversée du désert, je la vis depuis que j'ai pris la présidence de Zenith », ironise-t-il avec humour en rappelant l'importance de son investissement personnel auprès de la marque qu'il dirige depuis le mois de juin 2009.

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Cette passion du désert, qu'il évoque avec une joie communicative le suit depuis un premier voyage qu'il entreprend il y a une vingtaine d'années « pour essayer ma vieille Jeep sur des terrains propices à fière l'évasion » raconte-t-il. Et de poursuivre : « Je voulais partir en Tunisie pour découvrir le désert. J'ai trouvé une équipe qui avait le même projet que moi sur une petite annonce. Je les ai rejoints et nous nous sommes lancés ». La jeune tribu gagne alors Gênes avant de rejoindre Tunis en ferry. Ce premier périple en Afrique devait être déterminant et Jean-Frédéric Dufour découvre un environnement fascinant vers lequel il n'a cessé de revenir. « Le silence du désert est unique, c'est une des plus belles choses qu'on y découvre. La voute céleste est également féérique. Aucun endroit au monde n'offre un tel panorama sur les étoiles, le ciel est d'une limpidité exceptionnelle. Le désert permet de ressentir la nature dans son expression la plus forte, pour autant qu'on sache se mettre en symbiose avec elle. »

Le président de Zenith totalise à ce jour dix périples dans les déserts du monde, entre Afrique et Islande. « Le désert vous met dans une situation d'humilité face aux éléments que j'apprécie. » On comprend à travers ses propos que sa quête n'est pas celle des aventuriers qui bravent les contrées hostiles au péril de leur vie. Jean- Frédéric Dufour est avant tout un contemplatif qui déclare ne jamais s'être mis ni senti en danger, que ce soit physiquement ou moralement. « Je suis de personnalité positive, ça m'aide beaucoup, même dans des situations potentiellement critiques ». Il revient en ce sens sur un accident de 4x4 survenu dans une région isolée du Sahara, avec comme conséquence un arbre de direction tordu et une transmission hors d'usage. « On se sent assez vite seul dans une telle situation », confie-t-il. Et de compléter : « Notre détermination nous a permis d'envisager une réparation de fortune. Nous nous sommes sortis de ce mauvais pas sans assistance extérieure. Je pense que notre attitude constructive nous a aidé à faire face à cette situation ».

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Interrogé sur son aventure préférée, il évoque volontiers cette nuit de réveillon du millenium dans l'Ubari, sur le 11ème parallèle, au nord du Niger, quelque part sur la frontière entre la Lybie et l'Algérie. « Nous formions une petite expédition de quatre véhicules. Il n'y avait personne à 500 kilomètres à la ronde, c'était un moment particulièrement privilégié. » Jean- Frédéric Dufour parle également de son voyage de noces dans l'Atlas Marocain durant lequel le jeune couple parcourt 6 500 kilomètres. « Le Maroc est un pays fantastique, qui ressemble beaucoup à la Suisse sur certains aspects. ».

La passion qu'entretient Jean-Frédéric Dufour avec les grands espaces ne se limite pas uniquement aux déserts, la mer et la montagne font aussi partie de ses domaines d'évasion. Il arbore d'ailleurs fièrement son permis de navigation en mer. « Je suis né au bord du Léman et ai toujours fait du windsurf avant de naviguer sur des voiliers et de faire mes expériences en mer. » Il explique y trouver un univers identique au désert qu'il aborde avec autant d'humilité. « C'est peut-être en mer que j'ai le plus fait face à l'adversité car quand il faut affronter une tempête, il est impossible de se défiler. On ne peut pas rester passif comme lors d'un vent de sable par exemple. Il faut faire face et se battre. C'est une belle école de vie. » L'engagement de la marque Zenith auprès du catamaran M2 Fresh n'est du reste pas étranger à cet engouement pour l'élément liquide. « Notre bateau, qui a été mis à l'eau trois jours avant le Bol d'Or a terminé la course 5ème, c'est un exemple d'engagement que nous nous félicitons de soutenir. »

Son goût de la montagne, qu'il place au même rang que les deux autres environnements dans ce qu'elle apporte, s'est également développé depuis plus de vingt ans. « J'ai commencé par faire de la peau de phoque avec mes copains valaisans d'université. Je trouvais ça très barbare, mais j'ai poursuivi. » Il arpente alors le val d'Herens, Zermatt, les alentours de la pointe Dufour ou du Wildhorn. « La montagne, comme le désert et la mer, porte des valeurs de persévérance fondamentale qui sont à la base de n'importe quelle réalisation. Je n'ai jamais fait de grand exploit, mais ai parfois dû m'imposer de poursuivre, même si j'avais mal aux pieds ou que mon matériel présentait des défauts. Finalement, j'ai toujours trouvé de la satisfaction à aller jusqu'au bout, même si j'ai eu l'impression de ne pas avoir de plaisir pendant l'ascension ».

Jean-Frédéric Dufour profite de ces considérations pour tirer un parallèle avec son monde professionnel. « Amundsen, Blériot ou plus récemment Jean-Louis Etienne étaient équipés d'une montre Zenith dans leurs principaux périples. Cette marque véhicule des valeurs communes avec le monde que j'affectionne. C'est un peu Ma marque et c'est une opportunité extraordinaire que j'ai de pouvoir m'investir dans son développement. » Dufour qui ne tient pas à laisser croire que ses activités sont du même niveau que celle des personnalités qu'il évoque rappelle toutefois : « Je ne suis pas du genre à passer mes week-ends pendu au bout d'une corde. Je me contente de rejoindre des groupes expérimentés pour profiter de cet environnement magique. »

Il parle du Cervin comme d'un fantasme plus que d'un projet et confie que l'arrivée de ses enfants ainsi que ses obligations professionnelles l'ont contraint à lever le pied sur ses loisirs. Il n'exclut cependant pas de participer à la fameuse Haute-Route un jour. Pour l'heure, il se contente d'emmener sa famille marcher sur les sentiers valaisans. « Les Alpes sont un des plus beaux endroits de la Terre et Zermatt peut-être la plus belle station du monde. »

 

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