Tribune des Arts - Juillet 2010
Gabriel Tortella et Sylvie Guerreiro

Jean-Frédéric Dufour, CEO de Zenith depuis tout juste un an, m'impressionne de plus en plus. Non seulement parce qu'il a l'art de se faire aimer de tous, mais aussi et surtout parce qu'après avoir oeuvré chez Chopard, où il dirigeait la manufacture L.U.C de Fleurier, il est en train de remettre Zenith à sa véritable place. Car il ne faut pas oublier que la marque a fabriqué les plus beaux chronographes de toute la Suisse et que sa manufacture, sise au Locle depuis 1865, trône parmi les cinq meilleures du territoire. Fait rare: chaque montre est ici entièrement conçue, fabriquée et assemblée à la main.
Or, les nouvelles collections présentées en mars dernier à Bâle, sont superbes et parfaitement en phase avec l'esprit technique et traditionnel de cette maison qui, depuis toujours, se consacre corps et âme aux montres de très haute précision. Les premiers exemplaires ont déjà été livrés et ils font un tabac. Il faut dire aussi qu'en termes de rapport qualité-prix, ils sont imbattables. Cela faisait longtemps que Zenith n'avait pas été dans un élan aussi positif. Le travail accompli en quelques mois est incroyable. Jean-Frédéric Dufour a vraiment l'étoffe d'un champion.
Seul bémol, ces quelques détaillants qui continuent de mettre en avant les anciennes collections Zenith en reléguant les nouvelles à l'arrière-plan. Je suis intimement persuadé qu'il faut changer de procédé si l'on veut que la maison s'envole à nouveau vers le firmament. Tous doivent avoir à l'esprit sa réelle identité. C'est tout de même elle qui, en 1969, a donné naissance au calibre El Primero, le premier mouvement chronographe automatique intégré qui, grâce à son balancier oscillant à 36 000 alternances par heure, reste le seul chronographe manufacturé capable de mesurer les temps courts au 1/10e de seconde. Quand on dit chronographe, ne dit-on pas Zenith?
Un tourbillon dans une bulle
Je profite de ce numéro de Tribune des Arts spécial Espagne pour vous faire une petite confidence. Jean-Frédéric Dufour lancera cet été une nouvelle montre inspirée des chronographes de marine qui ont fait la renommée mondiale de Zenith. La première sera livrée le 1er août très exactement, à un collectionneur suisse. Mais la presse devra attendre septembre-octobre pour sa présentation officielle qui aura lieu entre l'excellente boutique Rabat à Barcelone et la superbe Colonne Christophe Colomb, élevée sur le port en 1888 en l'honneur du célèbre navigateur, le premier à avoir traversé l'Atlantique.
Sa particularité? Un tourbillon logé dans une épaisse bulle de glace saphir qui, à l'instar des compas de marine sphériques maintenant stable la rose des vents grâce à la présence d'un liquide visqueux, permet de garder l'échappement dans sa position horizontale optimale, le liquide en moins! D'où son nom: Christophe Colomb… What else? D'autant qu'il s'agit là d'une complication totalement inédite, comprenant à elle seule 166 composants; c'est 100 de plus qu'un tourbillon ordinaire. Une petite merveille qui en étonnera plus d'un avec son profil duquel émerge, de part et d'autre, la bulle transparente. D'ailleurs, Jean-Frédéric Dufour compte bien la présenter au 10e Grand Prix d'Horlogerie de Genève, catégorie Haute Complication. Tout comme la El Primero Striking 10th qui, elle, devrait concourir dans la catégorie Montre sport. Outre son esthétique très classique où se côtoient trois cadrans auxiliaires bleu, noir et gris, il s'agit du premier calibre qui mesure très exactement le 1/10e de seconde et qui l'affiche. Deux pièces qui font rêver les collectionneurs du monde entier. Et croyez-moi, ce n'est qu'un début...
Zenith et L'Espagne
C'est au tout début du XX e siècle que Zenith s'est ouvert au marché hispanique. En témoignent diverses publicités spécialement élaborées pour cette partie du monde. Elles sont précieusement conservées dans des registres qui font désormais partie du patrimoine de la marque. Des visuels où figuraient notamment les trois montres de poche ici illustrées. Aujourd'hui, l'Espagne représente le 4e marché le plus important d'Europe pour Zenith. “C'est un marché qui compte, précise Jean-Frédéric Dufour, CEO. D'abord, parce qu'il est très visité. Ensuite, parce qu'il réunit beaucoup de passionnés par la vraie belle horlogerie mécanique, celle qui allie utilité et fiabilité, celle qui s'adresse aux entrepreneurs, aux explorateurs, aux médecins… El Primero, c'est quelque chose qui leur parle. Et crise ou pas crise, ils ne sont pas prêts de renoncer à se faire plaisir!”
