Pierre Perego (à g.) et Philippe Gurtner, concepteurs du site Watch's Couth. Sébastien Féval
Vous voulez acheter un chronographe neuf avec un cadran noir ou une montre d'occasion avec un tachygraphe? Plus besoin d'écumer les boutiques, les marchés ou les journaux: il suffit désormais de consulter un portail sur Internet et d'indiquer vos désirs. Deux entrepreneurs de Romanel-sur-Morges mettent en contact acheteurs et vendeurs.
Vendeur de Porsche d'occasion, Philippe Gurtner (35 ans) a appliqué à l'horlogerie un site existant pour l'automobile. «Après avoir vendu ma montre Blancpain, je l'ai retrouvée plus chère sur un site de vente en ligne», rapportet- il. Cette expérience l'a incité à créer «un outil entre les internautes et les bijoutiers». Avec son associé Pierre Perego (26 ans), ce passionné a fondé une société Watch's Couth et la conception du portail a été confiée à un informaticien de Nyon (VD). C'est le vendeur qui paie des mensualités pour insérer ses montres sur le site. La société Watch's Couth se réserve le droit d'engager des poursuites pénales si des contrefaçons sont découvertes, toutes les insertions étant «minutieusement contrôlées par des experts». Autre garde-fou: «Un vendeur qui brade une montre neuve aura des problèmes avec le manufacturier.» L'insertion du numéro de série est obligatoire, mais Watch's Couth met en garde les utilisateurs: demander une expertise en cas de doute, ne pas divulguer d'informations personnelles et fixer un rendez-vous dans un endroit public sécurisé sont des règles d'or
Développer le marché
La plate-forme reçoit plus de 200 visites quotidiennes pour des montres vendues actuellement entre 190 et 310 000 francs. «Nous offrons une vitrine géante aux internautes», résument les concepteurs du site. Philippe Gurtner et Pierre Perego veulent «développer le marché» en permettant aux amateurs de belles montres de changer de modèles en évitant le marché gris. «Personne n'a le temps de se balader devant les vitrines des boutiques.» Une innovation qui tracasse Daniel Pasche, directeur de la Fédération horlogère: «Nous recommandons toujours aux clients de passer par le réseau des agents officiels.»
Le Matin / Vincent Donzé / www.lematin.ch