Dans la chasse aux temps cours la marque a soufflé la concurrence en présentant un prototype capable de mesurer mécaniquement le millième de seconde. Une performance rendue possible par une culture de la recherche unique.
WORLDTEMPUS – 13 décembre 2011
Louis Nardin

A trois mois d'intervalles en ce début d'année, TAG Heuer dévoilait le Mikrograph, un chronographe mécanique mesurant le centième de seconde, avant le Mikrotimer qui offrait le millième. Jusqu'alors, la vitesse de pointe s'arrêtait au 10ème de seconde avec, en particulier, le calibre El Primero de Zenith.
Ce prodigieux, et double, bond en avant tient essentiellement à une méthodologie dans la façon d'aborder la recherche élaborée par Guy Sémon, Vice-président de la marque et surtout à la tête du département R&D.
De sa formation d'ingénieur qui l'emmènera tant à travailler dans l'aéronautique militaire qu'à occuper des postes de chargés de cours universitaire, Guy Sémon retient les théories scientifiques liées à la mécanique. A son arrivée chez TAG Heuer, il élabore ainsi une méthodologie remplaçant l'approche itérative propre à l'horlogerie par une approche d'abord théorique. Elle débute avec la traduction, en termes mathématiques, des fonctions du calibre à venir. Ces valeurs sont ensuite traitées selon des théorèmes, généralement propres à la mécanique, pour en tirer un premier modèle à cet instant totalement abstrait. Il donne, pour chaque composant de la montre, les contraintes physiques qui s'y appliquent et auxquelles il doit répondre. Elles sont ensuite transmises aux concepteurs pour l'élaboration des pièces en trois dimensions avant que le processus naturel de fabrication ne prenne le relais.
«Cette approche différente m'autorise à penser que seulement 10% de ce qui est réalisable en horlogerie a été fait», dit l'ingénieur. Le Mikrograph, le Mikrotimer et le laps de temps ultracourt qui a séparé la présentation de ces deux prototypes laisse penser qu'il y a certes un fort potentiel. La marque annonce même une nouvelle pièce-maîtresse pour le mois de janvier.
Avec De Bethune et son principe de régulation basé sur le principe physique de la résonique présenté jeudi dernier, la course à la haute fréquence s'avive. Une seule certitude: pour y parvenir, les chercheurs sont allés puiser dans les univers de la recherche fondamentale. Une façon de se rappeler aussi qu'à ses origines, les premières inventions horlogères notoires furent l'œuvre de scientifiques d'abord astronomes, physiciens ou encore mathématiciens.
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