Incarnant une vision unique et précise de l'élégance horlogère, la marque ne se laisse pas enfermer dans ses codes et cultive une créativité rafraîchissante.
WORLDTEMPUS – 6 décembre 2011
Louis Nardin
Le boîtier coussin de Piaget n'est plus à présenter. Homogène, bercé d'une note vintage, associant soyeusement le rond et le carré, il accueille volontiers des complications de la phase de lune grande taille au quantième perpétuel. En janvier dernier, Piaget y logeait un calibre inédit doté d'un tourbillon à remontage automatique par microrotor. Conjugaison inattendue et magique du calibre à tourbillon 600P et du mouvement ultraplat à remontage automatique 1208P, tous deux parmi les plus fins au monde dans leur segment, le 1270P jongle avec les canons horlogers. Car ici, rien n'est à sa place. Le microrotor est sorti des coulisses du fond de la montre pour trôner sur le devant du cadran, à 9h. L'idée est brillante, déjà parce qu'il est en or et gravé. Ensuite car ses mouvements irréguliers et aléatoires répondent à la marche posée du tourbillon à 1h. Quant à l'heure, elle s'affiche à 5 heures via deux petites aiguilles glaives. Pour renforcer le jeu des multiples perspectives, un éventail de rayons gravés sur le verre saphir du cadran fuse de leur centre. Par ces choix, ingénieurs et designers ont su marier un fort contenu technique à une mise en scène ludique et bougillonne, le tout dans les contraintes d'épure propres à Piaget et si ardues à respecter. L'Emperador coussin tourbillon automatique incarne ainsi une forme d'audace à la fois innovante et maîtrisée, de celle qui fait crépiter les rêveries horlogères.