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Horlogerie et nautisme: lune de miel

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Dans les équipes au départ de la 32e Coupe de l'America, c'est l'horloger qui fait office de quatorzième homme.
Dans les équipes au départ de la 32e Coupe de l'America, c'est l'horloger qui fait office de quatorzième homme.

 

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Chronographe Royal Oak Offshore Alinghi Team d'Audemars Piguet, en platine et lunette en carbone forgé, poussoirs en céramique et bracelet en caoutchouc.

 

 

Toutes voiles dehors! Les horlogers suisses se sont donnés le mot. A Valence, pour la 32e édition de la Coupe de l'America, la bataille ne se jouera pas seulement sur le plan d'eau. Piqués au jeu de la précision et de la performance technique, nos horlogers s'y livreront aussi à une guerre des vents et à un jeu de stratégie marketing. A bord, pour ce sport prestigieux, on retrouve des maisons d'élite au savoir-faire non moins prestigieux. Chaque équipe possède son horloger qui fait office de quatorzième homme: Alinghi et Audemars Piguet, BMW Oracle et Girard Perregaux, Emirates et Omega, China Team et TAG Heuer, Mascalzone et Sector, Emirates Team New Zealand et Omega, et bien d'autres encore… Amorcé il y a quelques années, le flirt entre nautisme et horlogerie s'est transformé aujourd'hui en lune de miel. Depuis, les secondes s'égrènent à prix d'or. Et ce n'est pas la seule Coupe de l'America, reine des compétitions, qui aligne les horlogers suisses sur le départ, mais la voile en général et ses prestigieuses compétitions techniques: La «Classic Week» de Hublot à Monaco et la Coupe Chopard ou le Bol d'or Mirabaud sur la rade de Genève avec, pour la première fois, Girard Perregaux. Quant à Corum, il est l'un des premiers à avoir fait le choix du nautisme avec l'Amiral's Cup. Tandis que Rolex a choisi d'être le partenaire de plus d'une vingtaine de compétitions internationales, auxquelles s'ajoute ce que certains considèrent comme la plus haute distinction dans ce sport: l'ISAF Rolex World Sailor of the Year Award. Qu'est-ce qui incite la haute horlogerie à capitaliser ainsi les valeurs du monde de la voile? Quels frissons éprouve-t-elle qu'elle ne retrouve pas dans le chronométrage sportif de l'automobile, de la natation, du ski ou – pour des sports plus individuels – du golf et de l'équitation? Le fait que la Coupe de l'America, avec son defender Alinghi, soit portée par le Suisse Bertarelli? Et permette dès lors la trop simplissime équation voile égale Helvétie? En partie peut-être. Misons plus probablement sur la valeur symbolique d'une qualité de vie au naturel où les prouesses de l'homme se mesurent dans un combat non polluant en symbiose avec la force et la beauté de l'univers aquatique. Une sorte de choc des Titans, les dégâts en moins, la haute technologie, la précision et la tradition en plus. Pour ce qui est de la saine compétitivité, ne nous leurrons pas. Le combat sera sans merci. Durant les courses, toutes les grandes voiles marquent les heures des compétitions par l'affrontement de sponsors aux budgets importants. Même si les marques ont des pudeurs toutes protestantes à évoquer les coûts de leur partenariat. Comme si seule comptait la beauté du défi sportif.

 

35 millions investis dans la Coupe de l'América

 

 

Pour cette 32e édition de la Coupe de l'America, on estime pourtant à plus de 35 millions de francs le montant total des investissements réalisés par les horlogers. En 2003 déjà, Audemars Piguet aurait déboursé 5 millions de francs suisses pour être aux côtés d'Alinghi. Pour 2007, la marque aurait dépensé le double pour renouveler son contrat. Il faut dire qu'en retour, elle a encore énormément gagné en notoriété. De son côté, Luigi Macaluso, propriétaire de Girard Perregaux, ne donne aucun chiffre, mais les connaisseurs avancent une somme de 3,3 millions d'euros. Quand on sait que les sponsors investissent pratiquement autant dans l'organisation et la médiatisation de l'événement, auxquels s'ajoutent encore les royalties aux organisateurs de la course pour chaque montre vendue aux couleurs de la régate… on imagine les sommets atteints par l'addition finale! On le voit le jeu en vaut la chandelle, car si toutes ces marques n'ont pas forcément de légitimité dans la voile, elles attendent toutes un retour sur investissement grâce aux plans d'eau de Valence et d'ailleurs, vu l'extraordinaire médiatisation dont jouit la voile et ses défis victorieux aujourd'hui.

 

Caroline Gozzi

Tribune des Arts - No352 - Juin 2007

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