Agenhor - Nature et imagination

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Jean-Marc Wiederrecht trouve ses meilleures idées parfois en vacances et plus souvent en faisant du vélo, mais toujours dans un environnement naturel. Il songe d'ailleurs à libérer sa fibre voyageuse


WORLDTEMPUS – 16 juin 2011

Propos recueillis par Louis Nardin

Hier, après une nuit passée dans le jardin japonisant d'Agenhor, nous partageons les œufs aux plats du petit déjeuner avec Jean-Marc Wiederrecht, l'horloger-fondateur d'Agenhor.

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Worldtempus : La manufacture baigne dans la verdure. La nature vous inspire-t-elle particulièrement?
Jean-Marc Wiederrecht : Jeune, je suis descendu protester contre la construction des centrales nucléaires et ma maison est équipée depuis les débuts, il y a 15 ans, de panneaux solaires. Sans être militant, la nature est précieuse et nous devons en prendre soin; elle nous apporte tellement de choses inestimables.  Je trouve mes meilleures idées lors de promenades et parfois en vacances, lorsque je peux penser sans pression à un projet en parcourant les sentiers de la Crête où je retourne chaque année.

Profiter de la nature vous permet donc de libérer votre imagination ?
Oui, elle m'aide et me guide au quotidien. Tout d'abord, mes employés travaillent de façon plus détendue depuis que nous avons emménagé dans nos nouveaux locaux il y a deux ans. Mais la nature invite aussi à rechercher la beauté. Et j'applique ce principe dans mes créations, par exemple en décorant des composants qui ne seront jamais visibles. Elle m'aide aussi à stimuler mon imagination. Trop souvent dans l'horlogerie on cherche à interpréter autrement ce qui existe déjà et la technologie prend une place démesurée. Je cherche d'abord à ce que la future montre raconte une histoire et qu'elle soit interprétée par un mécanisme le plus simple possible.

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L'activité horlogère a repris en force ces derniers mois. Les sous-traitants, très touchés durant la crise, sont –ils sortis d'affaire ?
Les meilleurs, et qui travaillaient avec de grandes marques, n'ont pas trop de souci à se faire. En revanche, il y a toute une catégorie de sous-traitants très compétents qui n'ont pas eu cette chance et qui continuent à vivre des temps difficiles. Certains disparaîtront certainement et ce sera alors un savoir-faire unique qui sera perdu. Après avoir dû licencier, certains ont également peur de réengager du personnel et je peux les comprendre puisqu'ils ont dû absorber des annulations de commandes souvent importantes et parfois brutales. Un nombre croissant de marques ne veulent plus faire non plus faire de stock minimum. Les commandes arrivent donc de manière erratique et engendrent trop de complications pour ces petites entreprises. N'oublions pas non plus qu'un sous-traitant indépendant est par essence un entrepreneur qui s'investit dans son travail. Cette motivation ne se retrouve pas forcément dans les entreprises verticalisées. Il faut veiller à ne pas tuer la passion.

Quel est votre prochain défi horloger ?
Un projet magnifique sera présenté en janvier prochain et cette invention devrait me permettre de réduire mon investissement personnel dans la gestion quotidienne d'Agenhor. En effet, j'adore voyager et je peux compter sur une équipe solide, motivée et compréhensive capable de concrétiser mes idées. Je pense donc changer mon mode de travail bientôt pour me permettre de visiter le monde.

 

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