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L'année de la haute horlogerie

«L'idée d'une quelconque «crise horlogère» semble absurde à tous ceux qui ont l'occasion de découvrir les nouveaux marchés du luxe, en Russie et dans les pays voisins, en Chine ou en Inde... »

«L'idée d'une quelconque «crise horlogère» semble absurde à tous ceux qui ont l'occasion de découvrir les nouveaux marchés du luxe, en Russie et dans les pays voisins, en Chine ou en Inde. Pour la seule Chine, Cartier a déjà ouvert près de 25 boutiques et nous en aurons deux fois plus avant cinq ans. Cartier ouvre des boutiques – des vraies, calquées sur celles de Paris, de Genève ou de Londres – dans des pays aussi neufs pour l'horlogerie que l'Azerbaïdjan! On trouve dans toutes ces contrées des amateurs de montres et de joaillerie qui sont non seulement très loin d'être blasés, mais surtout de plus en plus connaisseurs et de plus en plus demandeurs de «vraies» marques, avec tout ce que cela représente de promesses de qualité, d'exclusivité et de pérennité. «La seule crise que je vois, c'est celle de la production! Si seulement Cartier pouvait livrer toutes les «Ballon Bleu» que ces marchés me supplient de leur fournir, je serais le plus heureux des présidents… . »

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Bernard Fornas, PDG de Cartier international

Cartier a toujours proposé des complications de haute horlogerie, certes réalisées sur commande par les meilleures manufactures spécialisées, mais sans aller jusqu'à concevoir et développer ces mouvements. Réputation oblige, il fallait à Cartier, numéro deux mondial de l'horlogerie de luxe, de quoi accréditer ses hautes ambitions horlogères. Une nouvelle page s'ouvre avec la manufacture mise en place par Cartier à Meyrin, aux portes de Genève: plus de 200 personnes y travaillent désormais pour alimenter la marque en mouvements exclusifs et en complications originales, qu'on va commencer à découvrir dès ce printemps dans les collections 2008. Pour Cartier, ce superbe outil à la fois industriel (par sa capacité de production) et artisanal (par les métiers regroupés pour parvenir à la qualité Poinçon de Genève) est un virage stratégique, qui sonne la fin de la récréation pour des marques plus modestes, qui se flattaient un peu vite de leurs mouvements «in-house». Non seulement Cartier est de retour dans le paysage réellement horloger, mais Cartier s'impose d'emblée aux premiers rangs d'une classe déjà très bien fréquentée…

Libre comme une bulle de nacre

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La tendance impose des montres pas comme les autres et Cartier se lâche ici avec un bonheur certain, en jouant sur les cadrans décalés (une spécialité «historique» de la marque), les perles d'eau douce enchâssées dans des diamants et les bulles de nacre. De rondeur en rondeur, de cadran en cadran, de reflet irisé en reflet irisé, on s'amuse beaucoup à rebondir d'un cercle à l'autre, en jouant avec les chiffres surdimensionnés. Chez d'autres, ce serait une «concept watch» un peu solennelle. Ici, c'est juste une «Cartier Libre». Libre, justement, de donner libre cours à son imagination et à la féerie de ses formes.

L'Inde mystérieuse rue du Rhône
Les joyaux secrets de Maharadjahs – ceux qui ont inspiré la nouvelle collection «Cartier Inde mystérieuse » – sont présentés ce mois d'avril à la boutique Cartier, 35, rue du Rhône à Genève. Ces pièces, qui ne sont que très rarement extraites des coffres-forts secrets de la marque, retracent la très longue histoire d'amour entre les familles princières indiennes et le «joaillier des rois». Pendules mystérieuses, broches animalières, somptueux colliers, joailleries multicolores, bestiaires fabuleux, précieux nécessaires: toutes ces pièces d'inspiration «indienne» (parfois persane, voire chinoise) ont été puisées dans la tradition des arts décoratifs indiens, avant de devenir elles-mêmes source d'inspiration de collections plus modernes. Depuis de nombreuses années, Cartier rachète ces bijoux extraordinaires et ces objets de collection pour reconstituer son propre patrimoine et l'offrir à la curiosité des amateurs. Voici donc une exposition à ne pas manquer.

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Ballon de cuir
En à peine un an, la montre «Ballon Bleu» a explosé toutes les prévisions commerciales, même les plus optimistes. C'est aujourd'hui un des modèles les plus vendus dans un univers du luxe horloger qui ne manque pourtant pas de best-sellers. La «Ballon Bleu» revient cette année nous tenter avec un bracelet cuir qui donne un surcroît d'identité masculine au modèle. Sans gommer l'originalité de son boîtier «plus que rond», qui donne envie de faire des ricochets tellement il ressemble à un galet. Ce bracelet en alligator souligne, au contraire, la force du remontoir immédiatement reconnaissable et désormais indissociable de cette montre pas comme les autres, qui peut cette année réussir à devenir la grande montre masculine dont Cartier rêve depuis des années.

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100% Poinçon de Genève
Avec sa nouvelle manufacture de Meyrin, Cartier reprend pied sur le marché de la haute horlogerie avec des arguments plus puissants que jamais: des tourbillons («Ballon Bleu») comme on n'en voit pas si souvent sur le marché, des complications traitées avec imagination et des finitions Poinçon de Genève qui portent très haut le flambeau de la bienfacture traditionnelle genevoise. Cartier n'avait certes pas besoin de voir sa qualité ainsi «poinçonnée ». Mais les nouvelles équipes horlogères de la marque ont tenu à rendre cet hommage à la tradition et à exprimer le meilleur de leur créativité dans le respect des beaux-arts de la montre contemporaine.

Tribune des Arts - No360 - Avril 2008

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