La marque genevoise a renouvelé son management. Dans un style inattendu. Presque contradictoire.
L'Agefi - 12 janvier 2011
Stéphane Gachet
Christian Viros, président de la marque basée à Genève, n'était pas disponible pour répondre aux multiples questions qui se posent à nouveau pour Technomarine. En novembre dernier, le départ de Vincent Perriard, près de six mois après son arrivée à la tête de la marque, avait filtré en toute discrétion. La maison n'avait pas communiqué à large échelle une rupture pourtant majeure alors que la maison cherche toujours son second souffle.

La nomination de Jacques-Philippe Auriol fait cette fois l'objet d'une communication officielle. Quelques phrases en anglais, signées Christian Viros (au nom du véhicule d'investissement belge, Cobepa et Credit Agricole Suisse, copropriétaire de Technomarine), qui ne font pour l'instant qu'attiser les interrogations.
Le choix du nouveau président exécutif paraît d'autant plus intrigant qu'il signale un changement radical de profil. Vincent Perriard a construit sa réputation au coeur de la vague de repositionnements hyper-spectaculaires du milieu des années 2000. En l'occurrence, au sein des montres Concord. Vincent Perriard reste aussi une figure forte d'une génération de dirigeants totalement décomplexés, accrocs aux sauvetages périlleux et aux démonstrations techno-horlogères.
Lorsqu'il a été nommé à la tête de Technomarine, tout le monde voulait croire à un renouveau de la marque. Tout le monde voulait croire aussi, malgré un évident choc des personnalités, à la connivence publiquement affichée avec Christian Viros, figure tutélaire s'il en est, dont le nom et le savoir-faire restent enracinés dans le retour de flamme de Tag Heuer.
Le tableau est aujourd'hui diamétralement différent. Jacques-Philippe Auriol présente lui aussi une expérience épaisse et un parcours contruit sur un mode beaucoup plus discret. Le communiqué officiel note d'un passage chez Cartier, dès 1981, où il occupe diverses positions marketing et commercial, en France, Italie et au Canada. Il devient directeur marketing international de Baume & Mercier en 1993, puis président exécutif. En 2002, il devient directeur opérationnel de la division watch making de Richemont. Enfin, en 2003, il rejoint le groupe Gucci, dont il dirige le département montres.
Depuis 2007, il oeuvre dans le consulting. Son nom est apparu ponctuellement dans des dossiers sensibles, chez Roger Dubuis (avant la reprise par Richemont) ou Villemont (avant la faillite de la marque). La direction de Technomarine, jointe hier, ne donne pour l'instant aucune autre précision. S'agit-il d'un nouveau contour stratégique pour la marque? Pas de réponse attendue avant Bâle, en mars prochain.
