Lewis Hamilton au musée

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Le pilote britannique de Formule Un Lewis Hamilton est venu faire un petit tour à La Chaux-de-Fonds, ce soir. L'ambassadeur de la marque horlogère Tag Heuer était présent pour l'inauguration du musée Tag Heuer 360, un nom choisi en référence au chronographe mécanique le plus précis au monde. Ce musée à l'avant-garde de la technologie devrait être progressivement ouvert au public. Pour la petite histoire, Lewis Hamilton a remis le casque avec lequel il est devenu vice-champion du monde au directeur de Tag Heuer, Jean-Christophe Babin (ci-dessus, à droite). Le pilote s'est ensuite éclipsé aux alentours de 21 heures, laissant quelques unes des personnalités invitées profiter jusqu'à deux heures du matin de la fastueuse discothèque aménagée pour l'occasion. Source : RJB

Lewis Hamilton: «J'aime courir au bord du lac»
 
Le pilote britannique domicilié à Genève est déjà très attaché à la Suisse, où il se sent désormais chez lui

Thérèse Untersander (Le Matin) «Waow!» Lewis Hamilton regarde le ciel formé d'écrans du tout nouveau Musée TAG Heuer comme un gamin regarderait le ciel étoilé. Puis, bon élève, il se reprend, se reconcentre et avance d'un pas décidé vers la scène. «Bonsoir tout le monde, j'apprends le français!» lance-t-il avec un accent presque parfait et un sourire à tomber. Habillé classe, un costard anthracite un brin brillant et une chemise noire, les cheveux rasés avec précision et ses fameuses «dents de la chance» qui étincellent, il joue à merveille son rôle d'ambassadeur. Il offre un casque au patron de la marque, Jean-Christophe Babin, puis s'assied sagement sur le canapé, précisément là où on lui a dit de se mettre, et rajuste son pantalon.


«J'adore avoir toutes ces montagnes autour de moi»

"Lewis Hamilton, vous êtes soulagé de n'avoir pas mis de chaussettes blanches, non?
(Rires.) Oui, c'est exactement ça! Vous êtes à l'aise dans ce rôle d'ambassadeur ou vous préférez être dans le cockpit?
Je m'y habitue petit à petit. Maintenant, je sais très bien prendre la pose pour que l'on voie ma montre. Mais je préfère nettement être au volant. Là, au moins, je n'ai pas conscience qu'il y a énormément de monde qui me regarde! Vous souvenez-vous de votre première montre?
Oui et je vais vous dire comment elle était, même si c'est très gênant: c'était une montre Mickey Mouse. J'avais 3 ans et j'en étais superfier... Et quand est-ce que la montre est devenue pour vous un symbole de réussite sociale?
Euh, je n'en sais rien. Je la considère encore comme quelque chose qui me donne l'heure, tout simplement. Mais, malgré cela, je suis toujours en retard. Cela dit, maintenant, ma superbe montre fait partie de mon look, sans elle, je me sens nu. Comme votre médaille de saint Christophe autour du cou et cette bague diamantée à votre petit doigt?
Eh oui, il faut toujours avoir un peu de bling-bling sur soi (éclat de rire). Ce soir, vous retournez à Genève. Quelle relation avez-vous avec notre pays?
Je ne le connais toujours pas très bien. Mais, maintenant, la Suisse, c'est chez moi. Dans l'avion, je me réjouis toujours de rentrer. Je sais qu'il ne me faudra que quinze minutes de route depuis l'aéroport avant de rejoindre cette quiétude, de m'installer sur le canapé et d'allumer la télé. Passez-vous beaucoup de temps dans votre appartement genevois?
Le plus possible! J'adore avoir toutes ces montagnes autour de moi. J'aimerais tellement aller skier, mais ce serait trop bête de risquer une blessure. A la place, je vais courir au bord du lac. Il y a une année encore, je faisais mon jogging au bord d'une voie ferrée. Là, c'est magique! Vous n'avez que 23 ans. Vous devez bien sortir faire un peu la fête, non?
Je ne connais qu'une famille en Suisse et je n'ai pas encore vraiment eu le temps de tester la vie nocturne genevoise. Mais je me réjouis évidemment de le faire (large sourire)! Vous vous ressourcez en Suisse pour être au top. L'écurie McLaren va-t-elle vous fournir la voiture qui vous permettra de devenir champion du monde?
Oui, je leur fais confiance. Evidemment, tout n'est pas encore parfait. Il y a énormément de travail et de réglages à faire. Mais je suis confiant. TAG Heuer_321477_1

Cinq ans d'une «relation affectueuse»

Horloger sportif numéro un, TAG Heuer n'a pas attendu le triomphe de Lewis Hamilton en F1 pour signer un partenariat avec lui. Associé à l'écurie McLaren depuis 1985, l'horloger chaux-de-fonnier soutient le pilote britannique depuis cinq ans. «Plus qu'un partenariat: une relation affectueuse...» souligne la porte-parole Valentine Balmat, sous le charme d'un champion «très gentil». Repéré en 2003 alors qu'il courait en Formule Renault, Lewis Hamilton roulait sous les seules couleurs de TAG Heuer avant d'exploser l'an dernier en F1, avec douze podiums et quatre victoires en dix-sept grands prix, le titre lui ayant échappé pour deux petits points. Avant le début de la prochaine saison avec le GP de Melbourne, le 16 mars prochain, l'idole, qui arbore aussi les logos de Vodafone et Bombardier, teste sa nouvelle monoplace, la MP4-23, présentée le 7 janvier à Stuttgart. Son contrat avec l'écurie McLaren-Mercedes a été prolongé jusqu'en 2012. A propos du nouveau musée inauguré hier par TAG Heuer, il est bon de souligner qu'il est une pierre marquante et désormais indélébile des 184 ans d'histoire de cette prestigieuse marque.
 Premier pilote noir inscrit au Championnat du monde de F1, la nouvelle coqueluche des paddocks portait hier un chronographe Grand Carrera cal 17 RS, une montre caractérisée par son boîtier surdimensionné de 43 mm et son deuxième fuseau horaire, illustration de la spécificité de TAG Heuer: le chronométrage. Fondateur de la marque en 1860, Edouard Heuer a breveté en 1882 le premier mécanisme inventé dans son atelier de Saint-Imier. En 1916, l'horloger était précis au 1/100e de seconde. Après les JO de 1920, cette technologie a été introduite dans les montres. Partenaire de la Scuderia Ferrari, puis de McLaren-Mercedes, chronométreur des 500 Miles d'Indianapolis, TAG Heuer a poussé la précision au 1/10 000e. Pas pour la frime, puisque, en 2006, 2/10 000e séparaient les demi-finalistes d'une compétition disputée au Stade de France.


 
Editorial: le phénomène Hamilton

Par Olivier Schöpfer C'est extraordinaire, avoir 23 ans et déjà toute une histoire derrière soi. Et avoir comme rêve - mieux, comme ambition - de mettre un «h» majuscule au mot histoire. Cette histoire, c'est celle de Lewis Hamilton, prodige de la formule 1 et as du pilotage. Le «gamin» n'a qu'une année d'expérience dans la catégorie reine du sport auto; il en est déjà l'icône. Ce Britannique a tout pour lui - au regard des normes actuelles. Il est «Black», le seul en F1. Il est beau comme un dieu. Il vient d'une famille modeste. Il a un frère handicapé dont il s'occupe avec affection. Il est très proche de la richissime famille Ojjeh, qui habite comme lui à Genève et qui est en partie propriétaire de l'écurie McLaren, celle-là même pour laquelle il court. On lui prête des aventures avec des mannequins célèbres. Il gagne des millions, beaucoup de millions. Mais il est bien plus que ça. Il a plus que du talent, plus que du courage - ou de folie - pour passer des virages à 300 km/h, avec des forces centrifuges de 4 g. Il a, plus que tous les autres «follos», ouvert le monde de la F1 à d'autres yeux que ceux des aficionados. Il est un phénomène rare, de ceux qui transpercent les frontières du sport pour entrer dans un monde moins fermé, accessible à tous, et pas seulement aux spécialistes. Comme Tiger Woods, comme Roger Federer. Mais n'oubliez pas une chose, capitale: à chaque grand prix, ce jeune homme risque sa vie. C'est aussi ça qui construit un mythe.
 
Source : Le Matin (30 janvier 2008)

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