Le V4 est le tourbillon de la marque

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Chez TAG Heuer, 2009 aura été l'année du 40ème anniversaire de la Monaco et un Millésime fort en investissements. Focus sur une année riche.


Revolution #5 - Septembre 2009

Michel Jeannot

 

 

 

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Jean-Christophe Babin, CEO de Tag Heuer © Revolution

 

Après la présentation en 2004 à Baselworld du concept Monaco V4 et de l'engouement médiatique qu'il a suscité, beaucoup se sont montrés sceptiques quant à la capacité de TAG Heuer de mener à bien ce projet. C'est désormais chose faite…
Ce projet qui vient de toucher au but est un signal extrêmement fort dans la compréhension de la marque. Dès le départ, nous avions dit que nous mettrions tout en oeuvre pour développer et fiabiliser ce mouvement révolutionnaire, mais que nous n'étions pas certains d'y parvenir au vu des obstacles à surmonter et de la nécessité de repousser certaines limites de l'horlogerie mécanique. Le V4 est en effet une très grande complication horlogère, peut-être la plus difficile de ces dernières années, puisqu'elle importe dans l'horlogerie mécanique des principes, composants et des matériaux qui n'avaient jamais été utilisés. Nous n'avons jamais baissé les bras, nous avons investi sans relâche dans la recherche de solutions nouvelles, nous nous sommes rapprochés d'autres secteurs de pointe pour amener à l'horlogerie des principes et développements novateurs, nous y avons cru sans relâche et toutes les équipes qui ont participé à ce projet de longue haleine sont aujourd'hui extrêmement fières d'avoir amené la Monaco V4 à  bon port.

Le premier modèle V4 sort l'année même du 40ème anniversaire de cette collection mythique. Est-ce le sommet de l'art horloger chez TAG Heuer ?
Plus que le sommet, le modèle Monaco V4 est notre manière à nous de contribuer à faire avancer l'horlogerie mécanique, notre manière d'explorer de nouveaux horizons. A défaut d'un Xième tourbillon, disons que le V4 est le tourbillon de Tag Heuer ! De toute façon, l'idée-même d'être parvenu à un “ sommet ” n'est pas dans nos valeurs. Pour nous, chaque victoire est un jalon que nous posons, qui nous permet de nous propulser jusqu'au prochain challenge. Innover fait partie de la philosophie qui nous anime et les champs du possible en la matière sont infinis. Rendez-vous donc au prochain salon de Bâle…

Parallèlement à cela, vous investissez massivement cette année…
Effectivement, 2009 est l'année des plus gros investissements de l'histoire de Tag Heuer. Donc, nous faisons des sacrifices sur la maximisation des profits à court terme. C'est dire que l'on croit en ce que l'on fait et on a foi en l'avenir.

Vous parlez volontiers de vos investissements constants dans la R&D. Sur quoi travaillez-vous ?
Les axes de développement du département r&d se concentrent simultanément sur la recherche de nouveaux matériaux bio compatibles et performants mécaniquement, sur le transfert de technologie du domaine aérospatial et automobile ainsi que sur le développement de nouveaux organes mécaniques d'échappement. C'est pourquoi le rythme des brevets déposés par Tag Heuer s'est subitement accéléré ces dernières années: des 60 brevets déposés depuis 1860, 16 l'ont été ces quatre dernières années et 12 le seront avant fin 2009. De même, je peux vous annoncer que Tag Heuer travaille actuellement sur 150 innovations majeures qui verront le jour ces cinq prochaines années.

Des nouvelles du Calibre 18, votre mouvement chronographe maison ?
Fin d'un long processus, les développements ont été menés à leurs termes. Nous partons actuellement sur les préséries et le lancement commercial est agendé pour Baselworld 2010.

Vous avez lancé votre téléphone Meridiist l'année du lancement de l'iPhone. Mauvaise collision ?
Absolument pas ; il ne peut y avoir de collision puisque nous ne volons pas aux mêmes altitudes. Notre stratégie avec Meridiist dans le téléphone n'est pas une offensive de masse. Nous avons toujours souhaité proposer un produit haut de gamme, avec des fonctions essentielles d'une qualité hors norme. Et ce n'est pas parce que la Fiat 500 connaît un remarquable succès que Ferrari va arrêter de concevoir des voitures.

Après son métier de base qu'est l'horlogerie, TAG Heuer s'est diversifiée dans les lunettes dès 2002 puis dans le téléphone portable. Ces diversifications se justifient-elles ?
La réponse tient dans un double constat : Louis Vuitton ne serait pas le Louis Vuitton que l'on admire aujourd'hui si la société avait abandonné son métier de base. Et Louis Vuitton ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui si elle était restée sur son métier de base.

Mais Tag Heuer n'est pas Vuitton…
C'est certain, mais lorsque Vuitton a démarré ses diversifications elle n'était pas non plus le géant qu'elle est devenue.

Les lignes de démarcation entre horlogerie et les autres métiers du luxe sont-elles en train de bouger ?
C'est une évidence et je crois vraiment que l'horlogerie traditionnelle doit prendre acte sans trop tarder que des concurrents sérieux arrivent sur le marché. Aujourd'hui, toutes les marques de luxe font de la montre, mais les horlogers ne font rien d'autres dans le luxe que leur métier de base.

 

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