Le duo de l'automne

L'horloger réinterprète deux de ses grands classiques, la Carrera et la Link. Entre vintage et pureté toute contemporaine.

Tribune des Arts - Octobre 2011Sylvie Guerreiro

Dans les années 50, la Carrera Pan America incarne la course d'endurance la plus prestigieuse mais aussi la plus dangereuse de son époque. Ce rallye s'étend sur cinq jours et couvre 3300 km à travers le Mexique. Jack W. Heuer, le fils du fondateur de la marque Tag Heuer, en fera une montre de légende: la Carrera. Conçu pour les pilotes et amateurs de course automobile, ce chronographe à remontage manuel lancé en 1964 sera aussitôt adopté par les stars de la Scuderia Ferrari. Un succès jamais démenti depuis.

 

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L'année passée, il se dotait du premier mouvement chronographe TAG Heuer à roue à colonne intégrée (Carrera Calibre 1887). Ce qui lui a valu le prix de la petite aiguille au Grand prix d'Horlogerie de Genève. Aujourd'hui, elle sort en deux nouvelles versions: la Carrera Heritage Calibre 6 (39 mm), automatique, avec petite seconde et date à 6 h, et le Chronographe Carrera Heritage Calibre 16 (41 mm). Cette dernière, illustrée ci-contre, est une réinterprétation du modèle de 1964. Elle se décline en acier, en or rose et en version bicolore. Son boîtier poli, étanche jusqu'à 100 m, cercle un cadran flinqué sur lequel se détachent les compteurs azurés du chronographe. La minuterie joue sur le vintage, tout comme les aiguilles, historiquement exactes, et les chiffres arabes qui, eux, proviennent d'un modèle encore plus ancien; une montre Heuer de 1945. Même chose pour les poussoirs, la couronne et les index qui s'en inspirent également. Quant au bracelet, il peut être en alligator ou en métal cinq rangs, poli et brossé, pour une version encore plus sportive.

Radicalement élégante

Créée il y a 25 ans, la Link livre cet automne sa réinterprétation la plus radicale. plus pur, plus élancé, plus contemporain, ce fleuron de la maison TAG Heuer reste néanmoins fidèle à cette ergonomie qui a fait sa renommée. À commencer par le bracelet, toujours aussi identifiable grâce à ses maillons en S, mais dont le confort a été porté à son paroxysme, notamment via le travail de polissage des côtés qui contrastent davantage avec l'acier brossé de la surface. Un jeu auquel le boîtier participe également puisque son pourtour est désormais poli. Et l'on notera au passage, le changement d'allure générale, plus arrondie, plus fine et plus plate, où la lunette fixe gravée de chiffres cumule formes rondes et coussin. Pourtant, cela n'altère en rien cette impression de solidité et de puissance que la Link a toujours dégagée. Le cadran, noir ou argent, se décline en diverses tailles, suivant ses fonctions (Quartz, automatique, Day-Date, Calibre S, Chronographe). Ce qui ne change pas en revanche, ce sont ces stries qui accrochent le regard et donnent de la profondeur. Idem pour la matière luminescente appliquée sur les aiguilles.

 

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La version ici présentée est la Link automatique Calibre 6, avec petite seconde et date à 6 h, dont le boîtier accuse 40 mm de diamètre. Étanche jusqu'à 100 m comme la Carrera, elle existe aussi avec lunette gravée de chiffres arabes. Radicalement nouvelle, dites-vous? Oui et non. Car l'ADN subsiste. Et celui-ci a quelque chose d'intemporel. C'est sans doute ce qui fait de la Link, la montre sport la plus élégante de TAG Heuer.

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