WORLDTEMPUS – 25 janvier 2011
Louis Nardin
En ce début d'année, TAG Heuer monte les tours et passe la vitesse supérieure. Son CEO Jean-Christophe Babin recherche sans délai plus de 40 personnes pour étoffer son effectif tant la demande est forte. Côté technique, la marque décroche et dépasse sans ciller la mesure au dixième de seconde pour le centième. Elle y était déjà parvenue il y a trois ans avec la Grand Carrera Calibre 36 RS, mais le Mikrograph présenté la semaine dernière à la Halle Sécheron à Genève vibre selon les pulsations d'un calibre où les fonctions heures, minutes, secondes et chronographe sont intégrées sur la même platine. Côté digital, TAG Heuer a choisi les Etats-Unis comme terrain d'essai pour ses projets pilotes. La formation, le service après-vente ou l'information, sans connexion au web il deviendra difficile de continuer à vendre des TAG Heuer.

Le marché s'agrandit
Aujourd'hui, TAG Heuer doit résoudre des problèmes d'approvisionnement. «Ce ne sont pas les mouvements qui manquent, mais d'autres composants, en particulier ceux de l'habillage, commente Jean-Christophe Babin. Par essence, les métiers de l'industrie horlogère font appel à des savoir-faire complexes. Leur nature spécialisée et exigeante allonge de fait les temps de réaction lors de variations dans les volumes de commandes. Pour mettre un maximum de chance de notre côté quant à la main-d'œuvre qualifiée, nous avons fondé notre propre école à l'interne. Mais la question du personnel va revenir un sujet central car l'horlogerie se porte mieux.»
Outre la Chine qui capterait à elle seule au moins un quart de la production horlogère helvétique, plusieurs autres régions du monde, en particulier l'Amérique du Sud et l'Inde, montrent des signes de nette reprise. Un phénomène dû au travail des horlogers pour créer des montres réellement innovantes selon Jean-Christophe Babin. «Les marques ont consenti de gros efforts dans l'innovation et investi pour la faire connaître, dit-il. Le désir pour l'objet horloger s'est globalement accru et c'est le marché de la montre de luxe global qui s'agrandit.»
Mais, à la différence d'avant la crise, l'acheteur fait preuve de plus raison nuance le CEO. «Le modèle de dépense des consommateurs a changé. Avant on achetait à crédit, aujourd'hui on acquiert sur de l'épargne. En conséquence, le client est devenu très attentif à la substance des biens qu'il achète. Il en veut pour son argent.»

Services digitaux
Pour optimiser ses services, TAG Heuer recourt prioritairement au web. Des cours de formation, E-training, sont diffusés via la Toile. «Grâce ce programme, les vendeurs améliorent par eux-mêmes et en permanence leurs connaissances, dit le CEO. Ils sont également directement informés des dernières actualités de la marque.»
TAG Heuer a également lancé aux Etats-Unis un projet pilote de service après-vente par internet. «Baptisé E-service, il permet à un propriétaire de montre d'envoyer sa pièce défectueuse par un transporteur rapide à notre centre de Spingfield. A chaque étape du processus, il sera informé par mail. Un devis lui est soumis. S'il l'accepte, le paiement se fait par carte bancaire directement sur le site et la montre lui parvient quelques jours plus tard. Le E-service a permis de réduire temps de traitement d'un dossier. Aujourd'hui, 91% des cas sont traités en moins de 15 jours. Il a renforcé la transparence de la marque vis-à-vis du client en supprimant les intermédiaires et augmenté le nombre de devis acceptés.» Les accessoires TAG Heuer ont également été mis en vente sur le site américain de la marque.

Mikrograph
Pièce maîtresse de ce stand éphémère, le Mikrograph surprend par un cadran affichant le chiffre 100 à 12h et une aiguille de chronographe qui effectue une rotation fluide du cadran en une seconde. La régularité de sa course ferait presque oublier que 396 composants travaillent dans le calibre à ce résultat. Sa complexité impressionne d'ailleurs : la platine compte pas moins de 100 niveaux différents et 62 rubis luisent à l'intérieur. Habillée d'un boîtier en or rose, son cadran brun et crème donne au Mikrograph une allure de montre noble.