WORLDTEMPUS - 8 décembre 2009Louis Nardin
Dans la fabrication de mouvements, la question des capacités de production internes devient centrale dès lors que l'on souhaite dépasser le cap des petites séries. En développant son nouveau Calibre 1887, la marque Tag Heuer a pris soin de se doter en parallèle des infrastructures nécessaires. Au total, 20 millions de francs suisses auront été investis pour assurer une production en masse qui mobilise déjà 45 personnes à temps plein."Le chronographe occupe une place centrale chez TAG Heuer et nous dépendions fortement de fournisseurs externes pour nous approvisionner, explique Stéphane Linder, vice-président et directeur marketing et produits de la marque. C'est pourquoi, au moment de développer le Calibre 1887 en 2006, nous avons pris soin de modifier la forme des composants d'un mouvement déjà existant pour qu'ils soient réalisables de façon industrielle, c'est-à-dire dans des volumes importants et de façon automatisée. Ce nouveau mouvement est donc très différent du calibre Seiko TC78 dont nous avons racheté l'exclusivité et qui a servi de base de travail - ndlr: voir l'article de Worldtempus publié hier. A titre d'exemple, les sept ponts que compte ce nouveau moteur ont tous été redessinés - voir le dossier de presse."
Usinage en ligneCette visée industrielle a débouché sur la mise en place d'un parc de machines de pointe. Basée dans le village de Cornol dans le Jura suisse, cette unité qui fabriquait jusqu'alors uniquement les boîtiers usine désormais les ponts et les platines du Calibre 1887. Le travail du métal qui arrive sous forme de barquettes de laiton s'effectue alors de façon totalement automatisée. A la fin de l'opération, les platines, par exemple, sont prêtes pour l'empierrage qui est également réalisé sans intervention humaine."Nous nous sommes équipés de machines de dernière génération. Elles travaillent par exemple à sec, c'est-à-dire qu'aucune huile n'est utilisée pour la lubrification et le refroidissement lors des différentes opérations. Pour éliminer les copeaux, nous avons installé un puissant système de ventilateurs, un procédé encore inédit dans l'horlogerie."Après la fabrication de ces pièces qui structurent le mouvement, l'assemblage est réalisé dans les ateliers de La Chaux-de-Fonds. "Le processus inlcut au total 116 points de mesure qui sont réalisés et enregistrés informatiquement, et ceci tout au long du processus. Ils intègrent par ailleurs les 60 critères de qualité propres à TAG Heuer et qui portent tant sur des questions de qualité des matériaux que des performances chronométriques ou de résistance aux chocs des mouvements."
21 fournisseurs suissesParmi les 22 fournisseurs participant à la fabrication du Calibre 1887, un seul n'est pas localisé en Suisse. Ainsi, même si, à l'origine, ce mouvement tire ses origines du pays du soleil levant, il va jusqu'à dépasser les exigences liées à l'appellation Swiss Made. Finalement, TAG Heuer entend également exploiter toutes les opportunités offertes par cette nouvelle infrastructure. "La méthode de fabrication du Calibre 1887 permettra d'ici quelques années de produire jusqu'à 50'000 pièces par an. Un chiffre qui placera la marque parmi les premiers fournisseurs de chronographes du pays", conclut Stéphane Linder avant de préciser: "mais il faudra d'abord attendre le mois de juin prochain pour voir les premières montres équipées d'un Calibre 1887 être mises en vente."
20 millions d'investissement
La mise au point du nouveau Calibre 1887 s'est doublée par le développement d'un véritable outil de production industriel.
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