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Comme une victoire de l'économie réelle

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Le groupe horloger confirme ses objectifs. Avec une perspective de records à tous les échelons

L'Agefi - 14 mai 2010Bastien BussPour Swatch Group, tous les indicateurs semblent au beau fixe, en dépit de la tourmente monétaire qui secoue l'Europe. Dans le cadre de son assemblée générale, le numéro un mondial de l'horlogerie a réitéré ses perspectives de haut vol pour l'exercice en cours, nonobstant la faiblesse de l'euro, les incertitudes conjoncturelles et les risques de contagion de la tragédie financière grecque. Devant 1803 actionnaires entièrement acquis à sa cause, le président Nicolas Hayek l'a répété: Swatch Group va au devant d'un exercice de tous les superlatifs. «Les quatre premiers mois ont été de rêve». Tous ont affiché des niveaux record de ventes. Dans la foulée, les résultats opérationnels s'affichent également à des sommets jamais vus dans l'histoire du groupe. 2010 va donc surpasser les précédentes références de 2007 et 2008. Ce qui permet de tabler, «si une nouvelle crise financière mondiale ne détruit pas cet élan», sur un chiffre d'affaires annuel dépassant «et de loin les 6 milliards de francs» (5,421 milliards en 2009 et 5,966 en 2008). Soit une hausse prévue d'au moins 600 millions de francs par rapport à l'an passé. Conséquence, grâce à une gestion stricte des coûts mais sans pour autant rechigner sur les investissements, le cash flow devrait s'inscrire au-delà de 1,2 milliard de francs. De quoi donner un deuxième souffle au titre après sa progression de 24% en six mois. D'ailleurs, pas plus tard que mercredi, il a progressé de 4,68%.

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Plus provocateur à l'égard de la concurrence que réellement candide, Nicolas Hayek s'est dit lui-même surpris par ces performances. En comparaison et malgré un rebond des ventes, le groupe de luxe italien Bulgari est resté déficitaire durant le premier trimestre. Richemont publiera quant à lui ses résultats annuels le 27 mai. Tant Hermès que LVMH ont fait part d'un très fort rebond de leur pôle horloger respectif sur la base des trois premiers mois de l'année. Quoi qu'il en soit, la confiance de Swatch Group n'est en aucun cas ébranlée par les turpitudes de l'euro face au franc. Ce dernier continuait d'évoluer à des sommets mercredi face à la devise européenne. «Nous pouvons vivre avec. Nous ne nous plaignons pas», a indiqué à L'Agefi Nick Hayek, CEO du groupe et qui a aussi fait son entrée au conseil lors de cette assemblée tenue à Bâle. Les évolutions des taux de changes avaient engendré pour le groupe un manque à gagner de 105 millions de francs durant l'exercice 2009. «Notre présence mondiale permet d'équilibrer ces aléas». Et pour cause, puisque Swatch Group réalise 27% de ses ventes en Europe. Une part contrebalancé par une exposition dans la zone a priori dollar de 54% (29% en Grande Chine, 16% en Asie et au Moyen-Orient et 1% en Océanie).

« Notre objectif pour 2010 est clair. Des records à tous les niveaux», souffle Nick Hayek, qui rejoint deux autres membres de la famille Hayek au sein du conseil (la vice-présidente Nayla et le président Nicolas). Le CEO affirme que le groupe gagne des parts de marché dans tous les pays. «Plus nous en gagnons, plus nous générons de volume. Ce qui se répercute de facto sur les marges». Selon les analystes, à l'échelon du groupe, elles pourraient dépasser les 22% en 2010. Autre effet positif de cette croissance, la société, qui n'a procédé à aucun licenciement économique l'an passé, est déjà à la recherche de personnel. « Je ne peux pas dire combien, mais nous nous devons d'étoffer nos effectifs. Cela dit, dans certains métiers, la crise n'a pas freiné le phénomène de pénurie». En d'autres termes, les horlogers hautement qualifiés manquent toujours.

Les actionnaires ont par ailleurs avalisé à une très large majorité l'élection de Jean-Pierre Roth en tant qu'administrateur. L'ancien président du directoire de la Banque nationale suisse (BNS), auquel a succédé début janvier Philipp Hildebrand, aura donc une retraite des plus actives, siégeant en effet déjà dans le conseil de Nestlé, Swiss Re et présidant celui de la Banque cantonale de Genève (BCGe). Malgré son élection triomphale, le Valaisan n'a pas souhaité faire de commentaire. L'Assemblée générale, huilée comme une horloge suisse, n'a duré que 90 minutes en tout et pour tout. Nicolas Hayek a par ailleurs fait un tabac auprès des actionnaires, lorsque, une fois la décharge accordée au conseil sans la moindre opposition venue de la salle, il a déclaré : «c'est certainement ce qu'UBS aurait souhaité…» Une boutade qui a déclenché de longues salves d'applaudissements. Le patriarche de l'horlogerie suisse a ainsi savouré cette victoire de l'économie réelle, si chère à son coeur.

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