
Bahreïn, samedi 13 mars 2010. Il est 11 h du matin. Température extérieure: 28 degrés. Sur le circuit, il fait 35. Les F1 en sont encore à leurs séances d'essais libres, histoire de régler les derniers détails techniques. Les qualifications sont pour 14 h. Le Grand Prix est pour demain, 15 h. Ce sera le premier de la saison. Suivront 19 courses dans 18 pays, reparties sur cinq continents. Elles seront vues par quelque 520 millions de téléspectateurs. Le Championnat du Monde ne s'achèvera qu'en novembre. Sur les paddocks, le Brésilien Rubens Barrichello, le Suisse Sébastien Buemi et l'Italien Jarno Trulli se concentrent. Tous trois ambassadeurs Audemars Piguet, ils s'apprêtent à défier Hamilton, Schumacher, Massa, Alonso... Mais ils prennent tout de même le temps de monter dans l'espace réservé aux invités de la marque (clients et journalistes), juste au-dessus de la ligne de départ, pour saluer Philippe C. Merk, le CEO .
Si pour Audemars Piguet l'instant est important, il n'est toutefois que le préambule d'un autre moment privilégié. Celui de l'ouverture de sa 19e boutique, dans le prestigieux Moda Mall à Manama, capitale du Royaume de Bahreïn. 300 invités seront présents, sans oublier bien sûr le fameux trio de pilotes. Comptant 200 marques parmi les plus exclusives, l'impressionnant building est reconnaissable à ses deux tours jumelles aux allures de voiles, reliées par trois passerelles arborant chacune une éolienne. Et c'est du haut de ses 50 étages, soit 240 mètres au total, qu'il s'élève face au Golfe Arabique. Quant à la nouvelle boutique, elle se caractérise par sa sobriété toute helvétique, illustrant dès la façade extérieure le cadran guilloché "grande tapisserie" de la collection Royal Oak par un fronton au quadrillage aluminium. À l'intérieur: bois wengé, larges murs de verre gravés de mouvements tourbillon et cuir beige. Le tout, baigné dans une lumière à la fois douce et généreuse.
Une région au potentiel intact
C'est en réalité le troisième point de vente qu'Audemars Piguet ouvre dans le coin. Et son réseau de distribution y est particulièrement bien développé. Car pour Philippe Merk, "la région recèle un potentiel intact", malgré le vent de panique qui s'était emparé des marchés financiers l'an passé après l'annonce, le 25 novembre, des difficultés de payement de Dubaï, petit émirat pauvre en pétrole et, à défaut, adepte des projets immobiliers pharaoniques. Chantiers abandonnés, marché financier en perte de valeur, réservations d'hôtels en chute libre, revenus des barons locaux divisés par quatre suite à la baisse du prix du pétrole, investisseurs inscrits aux abonnés absents... La dette globale s'élevait à 80 milliards de dollars, dont environ 70 milliards supportés par les entreprises publiques de l'émirat! Résultat, le jeudi 26 novembre, les places boursières de Paris, Londres, Francfort et Tokyo plongèrent de plus de 3% en moyenne, à l'exception de Wall Street sauvée par Thanksgiving, jour férié. Heureusement, Abou Dhabi, moins touchée par le fléchissement du marché immobilier, a fini par voler au secours de sa grande soeur en lui versant 10 milliards de dollars.
Depuis, Dubaï a inauguré la plus haute tour du monde: 160 étages pour plus de 800 mètres. Et Philippe Merk d'ouvrir, quelques jours après Bahreïn, un quatrième point de vente à Riyad, en Arabie Saoudite. Il faut dire que Bahreïn, principale place financière du Golfe en raison de sa zone franche, est l'économie la plus ouverte du monde arabe. Et si, aujourd'hui, elle continue plus que jamais d'attirer les entreprises et les investisseurs étrangers, c'est d'abord grâce à son régime fiscal attrayant et au fonctionnement de son secteur bancaire largement islamique, qui privilégie la régulation, la transparence et la bonne gestion des risques. Ce qui lui vaut de bien résister à la crise.
D'autant que 75% de son PIB provient de secteurs autres que le pétrole, en particulier des services et de la finance; proportion que le gouvernement souhaite encore amplifier, tout en réduisant sa dépendance au secteur public. Quant à l'Arabie Saoudite, elle n'a pas non plus été très affectée par la crise économique mondiale. Croissance démographique parmi les plus élevées au monde, taux d'urbanisation en progression continue, revenus élevés grâce à la manne pétrolière... en sont les principaux responsables.

Chronographe de caractère
Si enfin le cadre du Grand Prix de Bahreïn et la présence des trois pilotes étaient primordiaux pour l'ouverture de cette 19e boutique Audemars Piguet, c'est que l'événement coïncidait avec le lancement sur le marché du produit phare de l'année 2010. Il s'agit de la collection Royal Oak Offshore Grand Prix, directement inspirée du sport automobile de compétition. Présenté au SIHH en janvier dernier, ce chronographe au caractère bien trempé se décline en trois versions, respectivement éditées à 1750, 650 et 75 exemplaires. Toutes munies d'une lunette en carbone forgé et céramique noire avec tachymètre sur le rehaut, elles renferment un mouvement automatique 100% manufacture aussi fiable que résistant aux chocs.
La première version, à dominante noire, est taillée dans le carbone forgé (matériau ultra-léger et très solide), avec couronne en titane noirci, poussoirs en céramique noire et titane, protège-poussoirs en titane et fond saphir cerclé de titane. La partie centrale du cadran (en aluminium) et les tranches du bracelet étant rehaussées de rouge. La seconde, au cadran noir, allie or rose, céramique noire et carbone. Tandis que la troisième, plus contrastée, arbore un boîtier en platine avec un centre de cadran bleu, une couronne en or gris, des poussoirs en céramique noire et or gris, des protège-poussoirs en carbone et un fond saphir cerclé de platine.
Quant au parti pris automobile, il se retrouve essentiellement dans les compteurs auxiliaires aux allures de tableau de bord, dans la couronne dont la forme illustre un engrenage, ainsi que dans la lunette ajourée sur le côté pour mieux évoquer un disque de frein ventilé. Ce qui n'empêche pas cette aventurière de pouvoir aller sonder les fonds sous-marins entre deux courses de F1, ce, jusqu'à 100 mètres de profondeur. Un vrai bolide high-tech au design agressif, que l'on prend un malin plaisir à dompter…
