PHÉNOMÈNEPour nourrir ses besoinsconstants de créativitéet rester concurrentielle,la haute horlogerie bénéficiedésormais d'une approchevisionnaire où les artisans se muent en ingénieursdu XXIe siècle.
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Nous sommes un mercredimatin commetant d'autres à Genève,et pourtant, la rue de la Citéjouit d'une effervescence étonnantedu côté de la petite boutiquel'Heure Asch. La pressehorlogère a répondu de manièreunanime à l'appel dupatron du magasin désirantprésenter sa nouvelle découverte,la marque Greubel Forsey.La présence de tant de journalistespourrait paraître incongruetant l'industrie horlogèresuisse voit naître depuis quelquesannées de nombreusesnouvelles marques horlogèresactives dans le segment du trèshaut de gamme.
Oui, mais voilà. Depuisneuf ans, Denis Hasch s'estforgé une réputation de découvreurde talents horlogers horsdu commun. C'est notamment àce Genevois d'adoption passionnéd'horlogerie que l'ondoit la reconnaissance médiatiquede Richard Mille, créateurvisionnaire de garde-tempstechniquement révolutionnaires,considéré aujourd'hui comme l'une des valeurs sûres del'horlogerie du XXIe siècle.
Objectif perfection
Pas étonnant dès lors que lapresse accoure pour découvrirle nouveau talent déniché parDenis Asch. A vrai dire, RobertGreubel et Stephen Forsey sontloin de débuter dans cette industrie.Installés à La Chaux-de-Fonds, ces horlogers ont transforméleur atelier en véritablelaboratoire, entièrement voué àla recherche, la découverte et l'expérimentation d'idées nouvellestout en respectant lestraditions horlogères suisses.
Une approche somme toutetrès scientifique du métier quioccupe désormais une place deplus en plus importante dansle segment du très haut degamme, terrain de jeu favorides complications horlogères.Ici, les artisans se muent eningénieurs du futur, partent à laconquête des matériaux auparavantréservés aux industriesde l'aérospatiale ou de l'aéronautique.Ils réinventent lesconcepts horlogers, abandonnentleur établi pour deslogiciels informatiques hypersophistiqués,brevettent leurs mécanismes d'une complexitéextrême et leurs designs spectaculaires.Objectif: créer lamesure parfaite du temps.
Innovations majeures
Richard Mille, Greubel Forsey,Urwerk, de Bethune, MB & G,Christophe Claret, Hysek, etc.,autant de jeunes marquesindépendantes qui obtiennent aujourd'hui non seulement lesfaveurs des collectionneurs mais également le respect des manufacturesprestigieuses. «L'évolutiontechnologique des conceptshorlogers exclusifs est la garantied'un bel avenir pour les acteursde la branche», reconnaîtun expert du secteur. RobertGreubel et Stephen Forsey l'ontbien compris. Passionnés, lesdeux horlogers créent CompliTime en 2001, une structureentièrement dédiée au développementde mouvementscompliqués pour le secteur del'horlogerie de prestige. Une entreprisequi leur permet d'entreprendreun travail qui prend des airs d'obsession: la perfection dutourbillon, ce dispositif inventéau XIXe siècle par Abraham-Louis Breguet permettant decompenser les effets de la gravitation.Révolutionnaire, le tourbillonn'en souffre pas moinsd'un manque de précision quihorripile Greubel et Forsey.
Leurs noms devenus marquehorlogère, les deux hommestravaillent pendant plusieursannées sur un tourbillon ultraprécis.Le Double Tourbillon à30° naît en 2004, un mouvementspécifiquement adaptéà la montre-bracelet qui, fort deson angle de positionnement,permet une compensation des erreurs due à la gravité terrestredans toutes les positions dela montre portée au poignet.
Suivront trois autres inventionsbrevetées représentantdes innovations majeures dansl'industrie de la haute horlogerie.Dernière découverte endate, le balancier spiral binômeen «diamantchrone». «L'idéeest d'associer le balancier et lespiral avec des matériaux isochroniquementstables», expliquentles horlogers. Pas dedoute: entre horlogerie etscience, le mariage, tant entermes de technique qu'en matièrede jargon, est bel et bienconsommé.
Sériestrèslimitées
«Nous en sommes là car nousavons toujours souhaité gardernotre indépendance». Défiultime de l'horloger passionné,l'autonomie n'a toutefoisrien d'aisé. Difficile en effet,lorsqu'on investit l'ensemble deson temps et de ses fonds dansla recherche et le développement,de pouvoir entamer unevéritable production en série.
Mais les garde-temps deGreubel Forsey sont desproduits d'exception. Uneréputation qui permet à lapetite entreprise – une trentainede collaborateurs – de nepas entrer dans une logiqueindustrielle qui porterait aufinal atteinte à la qualité desmontres. Seule petite infidélitéà leur éthique, la collaborationavec Harry Winston en 2006dans le cadre du concept desOpus, avec un tourbillon Opus 6totalement exceptionnel. Maislà encore, l'exclusivité domine,puisque la montre n'a étéproduite qu'à hauteur de6 exemplaires.
A ce jour, seule une centainede garde-temps Greubel Forseyont été déjà fabriqués, chaquepièce nécessitant environ6 mois de travail. La qualitéde ses innovations faisant untabac à chaque Foire de Bâlela marque possède des carnetsde commandes pleins àcraquer. A plusieurs centainesde milliers de francs la pièce,la chose a de quoi rassurerles compères horlogers.
LeTourbillon
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