La Russie est une source d'inspiration

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Des tsars au premier spoutnik, les créateurs en tous genres ont puisé dans ce riche répertoire quasi inépuisable.
La Russie éternelle, ses palais étincelants sous la neige, ses églises aux bulbes dorés, et par-dessus tout, ce fameux esprit slave qui conquit jusqu'à une Coco Chanel lors de son idylle avec le grand-duc Pavlovitch, ont enflammé les imaginations créatrices au cours des siècles.

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Stylos Caran d'Ache plaqués or jaune avec attributs  en laque rouge,  créés pour les 150 ans de la galerie Tretiakov à Moscou. On y retrouve le décor  de la façade de briques propre  au bâtiment. Caran d'Ache, on l'oublie parfois, est un nom d'origine russe signifiant «crayon». Il fut donné par le fondateur de cette maison en 1924, en l'honneur d'un caricaturiste français d'ascendance russe qui avait choisi ce pseudonyme. Aujourd'hui, la maison typiquement suisse cultive toujours autant son inspiration russe. C'est ainsi qu'à l'occasion des 150 ans de la galerie Tretiakov de Moscou, Caran d'Ache a créé, en 2007, un stylo-plume et un stylo-bille qui reproduisent des détails de la typique façade de briques de Viktor Vasnetsov. Et un stylo Tolstoï, qui a séjourné à Clarens, sur la Riviera vaudoise, en 1857.
Même démarche chez Montblanc qui se laisse séduire par le plus fameux tsar de toute l'histoire russe, Pierre Ier le Grand, par la plus brillante tsarine, Catherine II la Grande, ainsi que par l'écrivain Dostoïevski. Autant d'instruments d'écriture magnifiquement décorés, bien dans la tradition de cette maison réputée.
Des stylos aux montres…
Dans le domaine des montres, l'inspiration est tout aussi constante. Ainsi Cartier, qui était, dès 1860, le fournisseur des princes russes, puis en 1907, celui, officiel, de la cour de Nicolas II, a vécu une grande première pendant l'été 2007. La maison était en effet présente à l'intérieur même du Kremlin de Moscou, pour une exposition très courue, tandis que les coupoles-bulbes de la cathédrale de Saint-Basile-le-Bienheureux ornaient le cadran de la «Santos 100».

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Montre «Saint-Basile Place Rouge» d'Ulysse Nardin en platine, avec cadran en émail cloisonné reproduisant la cathédrale Saint-Basile. Elle est présentée dans son «Oeuf des tsars» en émail bleu et diamants.
De son côté, Ulysse Nardin, investissait lui aussi le Palais des armures, à l'occasion du 200e anniversaire de ce musée, avec l'exposition «History in time» de 116 garde-temps d'exception, dévoilant du même coup une montre créée pour commémorer l'événement. Il s'agit de la «Saint-Basile Place Rouge» qui reproduit la cathédrale sur le cadran en émail cloisonné dont l'épaisseur du fil d'or est réduite à 0,6 mm afin de montrer toutes les facettes des toits colorés aux formes arrondies. Cette montre est présentée à l'intérieur d'un «Œuf des tsars» en émail bleu décoré de diamants représentant l'enceinte du Kremlin. Une pièce exceptionnelle limitée à trente exemplaires.
Parfois, l'inspiration émerge directement de l'actualité. Le cinquantenaire du lancement du premier satellite artificiel de la Terre, spoutnik, en octobre 1957, a offert de prétexte à Vacheron Constantin pour créer une montre. Une série limitée de dix pièces faisant partie de la collection «Métiers d'art». Ce ne sont que quelques exemples.
…en passant par la mode
Dans le domaine de la mode, citons juste Karl Lagerfeld qui a puisé son inspiration chez tous les auteurs de l'avant-garde russe comme Natalia Gontcharova ou Vassily Kandinsky. Tandis qu'Yves Saint-Laurent s'est laissé séduire par les couleurs chatoyantes des Ballets russes, pour une collection toute en velours et brocards. Chez Vuitton, un Marc Jacobs s'inspirait en 2001 de la Russie des années 1920 avec ses chapkas de fourrure et valises qui s'emboîtent comme des poupées russes. La collection Galliano pour Dior en 2002, faisant également la part belle à cet héritage.
Michel Bonel Tribune des Arts - Octobre 2008 - No 365