Interrogations sur une marque genevoise

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Le groupe genevois cherche toujours une solution définitive et convaincante pour les montres Roger Dubuis. Le rapprochement avec IWC semble transitoire.


L'Agefi - 12 octobre 2010

Stéphane Gachet




La semaine dernière, les médias horlogers spécialisés annonçaient le départ du directeur de la marque Roger Dubuis (Genève), Matthias Schuler, ex-directeur opérationnel de la marque schaffhousoise IWC (Richemont). Le management est désormais à nouveau assuré par Georges Kern, président exécutif de IWC. Difficile de trouver un sens à cette rocade. Les questions restent d'ailleurs ouvertes depuis l'intégration de Roger Dubuis, en 2008. Première interrogation: pourquoi y associer IWC, si éloignée géographiquement? On peut tout à fait imaginer que le choix ait été fait par défaut. Il paraît impensable d'adosser la marque en pleine reconstruction aux grands noms, Vacheron Constantin ou Jaegger LeCoultre. A l'inverse, Baume et Mercier n'a pas le profil d'un tuteur.

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Deuxième interrogation: faut-il s'attendre à une interaction directe avec IWC, comme cela s'est produit avec Cartier? Le pôle manufacturier de Roger Dubuis, qualifié Poinçon de Genève, a toujours été l'argument principal de l'acquisition. Cartier y a organisé la production de ses montres à complications. IWC, toujours dépendantes des autres manufactures (on estime à un tiers au plus la part de mouvements produits en interne) pourrait faire de même. Cela reste une hypothèse.

La vraie interrogation concerne George Kern lui-même. On peut se demander si ses choix sont très concertés. Son nom a longtemps été associé au redressement de IWC. Lorsque Norbert Platt, président exécutif du groupe Richemont, a annoncé son départ, Georges Kern a été listé parmi les papables les plus sérieux. Son profil risque de changer à force de jouer l'homme de tous les rattrapages. En septembre 2009, il a déjà été appelé au chevet de Baume & Mercier, autre mal aimée de Richemont. Avec Roger Dubuis, il se trouve clairement devant l'impossibilité de briller à court terme. Il n'y a pas de solution facile. Le potentiel ne pourra être révélé que sur le long terme. La marque a été acquise alors qu'elle se trouvait en pleine rupture, avec son management, sa distribution et même ses collections. Elle est aujourd'hui en phase de reconstruction complète. La marque continue pour l'instant d'accumuler des pertes et il serait illusoire de s'attendre à des résultats positifs avant plusieurs années.

 

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