Hausse record des ventes

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Le groupe enregistre des revenus en hausse de 33% sur douze mois. Il programme des recrutements en Suisse. Le marché sanctionne tout de suite un manque de rentabilité.

L'Agefi - 20 mai  2011

Philippe Rey



Le chiffre d'affaires du groupe Richemont a crû en avril dernier de 32% par rapport à avril 2010 et de 35% à taux de change constants. Johann Rupert, le président exécutif et directeur général de Richemont, espère que cette tendance se confirmera dans les mois à venir, dans un environnement actuellement marqué par des troubles géopolitiques et une grande instabilité des taux de change.

Ce rythme très élevé prolonge celui atteint lors de l'exercice 2010/11 (clôture à fin mars) par Richemont, qui a publié jeudi des résultats annuels record, lesquels étaient cependant anticipés par le marché. Ce dernier fait la fine bouche envers Richemont, en ayant des attentes élevées, si bien que l'action a reculé jeudi de 1,5%.

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Le chiffre d'affaires du groupe de luxe a atteint 6,892 milliards d'euros (+33%), en hausse de 19% à taux de change constants et hors NET-A-PORTER.COM, une société consolidée depuis le 1er avril 2010. La marge brute a augmenté de 210 points de base à 63,7%.

Le résultat d'exploitation a progressé plus fortement que les ventes, (+63% à 1,35 milliard d'euros), soit deux fois le taux de croissance du chiffre d'affaires, ce qui correspond à une marge d'exploitation de 20,9% (hors NET-A-PORTER).

Cette performance reflète à la fois la force de ses différentes marques, le levier opérationnel du groupe mais aussi un engagement et un enthousiasme élevés de ses collaborateurs, d'après Johann Rupert. Le levier opérationnel est loin d'être épuisé, ce qui laisse entendre que la marge d'exploitation peut encore progresser fortement.

Cartier et Van Cleef & Arpels se taillent la part du lion en termes de vente et surtout de bénéfice d'exploitation, avec respectivement 3,479 et 1,062 milliards d'euros (une marge d'exploitation de 30,5% contre 27,6% un an plus tôt). Cartier et Van Cleef & Arpels sont le chef de file mondial en bijouterie/joaillerie.

Le pôle horloger a réalisé un bénéfice opérationnel de 379 (231 en 2009/10) millions pour un chiffre d'affaires de 1,774 milliard d'euros, en hausse de 31%. Ce qui correspond à une marge d'exploitation de 21,4% (17,1%), malgré des coûts plus élevés des ventes dus à l'appréciation du franc et aux prix plus hauts des prix des métaux précieux. Baume & Mercier, en pleine restructuration, reste un fardeau parmi les spécialistes horlogers du groupe.

Montblanc, figure de proue dans les instruments d'écriture, a accru son bénéfice d'exploitation de 38% à 109 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 672 millions (+22%), soit une marge de 16,2% (14,3%).

Enfin, les autres affaires, qui comprennent notamment NET-APORTER. COM, Dunhill, Chloé, Lancel et les fabricants de mouvements horlogers du groupe, ont publié une perte de 34 millions pour un chiffre d'affaires de 967 (584) millions d'euros. Les maisons de mode et accessoires ont réalisé un bénéfice de 29 millions (+21 millions par rapport à 2009/10). Les ventes de NET-APORTER. COM se sont chiffrées à 274 millions d'euros, tout en générant un cash flow positif et en étant en avance sur les budgets. Le pôle de mouvements horlogers a publié une perte de 35 (-44) millions.

Grâce aux résultats qualifiés de très satisfaisants pour le groupe, les flux de trésorerie des activités opérationnelles, nets, ont atteint un niveau record proche de 1,5 milliard d'euros. Le free cash flow s'est monté à 1,18 milliard d'euros, soit près de 1,5 milliard de francs au taux de change actuel. Le dividende est en hausse de 29% à 0,45 franc par action. Corollaire d'un cash-flow libre substantiel, qui croît dans la durée, Richemont présente un taux d'autofinancement de 72% et des liquidités nettes proches de 2,6 (1,9) milliards d'euros à fin mars. Richemont continuera à favoriser la croissance organique en augmentant ses investissements en capacités de productions et en élargissant son propre réseau de détail, en particulier sur les marchés de croissance. Ces investissements devraient par conséquent représenter entre 6% et 8% du chiffre d'affaires aux cours des deux prochaines années ( une base annuelle de 500 millions d'euros).

 

La perle qui va encore prospérer


Swatch Group est une perle qui continuera à croître et à réjouir ses employés et ses clients, disait Nicolas G. Hayek. On pourrait ajouter ses actionnaires également. Il en va de même avec Richemont, qui est une autre perle. Les résultats présentés hier le prouvent une fois de plus! Augmenter la valeur de l'entreprise, une croissance durable des dividendes et du cashflow libre sont trois buts de Richemont. Il existe une grande probabilité qu'il y parvienne. Le potentiel de ses maisons dans lesquelles Richemont va continuer d'investir demeure considérable. En l'espace de 5 ans, Richemont a fortement augmenté son cash-flow disponible. Certes, le marché, qui prend une vue à long terme sur ce plan, valorise déjà Richemont à près de 31 milliards de francs. Si on tient compte de la trésorerie nette du groupe, on obtient, grosso modo, un multiple cours/cash flow libre de 20 fois. C'est ce que le marché paie actuellement, en moyenne pour des affaires stables, de première qualité. Il se peut qu'il sous-estime encore le potentiel de Richemont.

Toutefois, ce genre d'affaires ne peut jamais être acquis à un prix bon marché en période de haute conjoncture et de volatilité boursière relativement faible. Le meilleur moment est en période de récession, ou, encore mieux, lors d'une crise, comme en 2008/09 par exemple. Quoi qu'il en soit, un investisseur à long terme doit garder les actions de telles entreprises, qui génèrent une rentabilité élevée des capitaux investis, et ne pas écouter les appels ou autres conseils de vendre ou prendre des bénéfices, en raison de détails trimestriels insignifiants, de résultats légèrement en dessous d'un consensus, ou d'un objectif de prix atteint, etc. (PR)

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