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L'art du petit détail

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En pleine croissance, la société se démarque par sa très forte créativité

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Dirigée par Philippe Léopold-Metzge, la manufacture Piaget privilégie la confection artisanale de ses produits

Une centaine de nouveaux modè­les horlogers, et autant de bi­joux. Voilà les projets que déve­loppera Piaget en 2007. Le nom­bre impressionne. «Mais c'est une habitude chez Piaget! Notre marque est extrêmement créa­tive », lance Philippe Léopold­ Metzger, directeur général de Piaget. Créative, certes, mais toujours exclusive.
A la manufacture de Plan-les­ Ouates, 350 personnes actives dans 24 métiers différents s'assi­gnent ainsi à perpétuer l'art de la haute horlogerie et de la haute joaillerie de la façon la plus traditionnelle qui soit: à la main. Ici, il faut compter une vingtaine d'heures pour conce­voir et souder un bracelet tradi­tionnel à partir d'un seul fil d'or. Là, plus de 150 heures sont nécessaires pour paver de dia­mants le boîtier d'une montre ou la pièce maîtresse d'un col­lier, sans que le sertissage ne soit apparent. «Le petit détail a une grande importance. C'est ce qui fait la différence», explique le directeur général. Une dyna­mique d'entreprise qui plaît, particulièrement à la clientèle asiatique et aux marchés émer­gents. Et qui, du coup, permet à la filiale de Richemont d'afficher une très forte croissance de ses affaires qui devrait se poursui­vre encore en 2007. Interview de Philippe Léopold-Metzger.
La créativité, c'est le centre névralgique de votre entreprise?

C'est notre force et la résul­tante du travail de nos équipes. Nous avons actuellement six de­signers à la manufacture et des étudiants d'écoles spécialisées en design avec lesquelles nous sommes associés. En plus des collections traditionnelles, ils travaillent chaque année sur une collection spécifique déve­loppée sur un thème commun aux montres et aux bijoux, et lancée en exclusivité au mo­ment du SIHH.
Mais la diversité n'est-elle pas un antonyme du luxe?

Pas nécessairement. Nous fa­vorisons la créativité, mais nous avons une grande culture de l'exclusif avec une production en séries limitées. Nous produi­sons par exemple seulement 20000 montres par an pour 400 références. Nos collaborateurs travaillent de façon artisanale et recherchent toujours la perfec­tion. Cette philosophie du petit détail anime Piaget depuis sa création.
Quel secteur, de l'horlogerie ou de la joaillerie, a le plus de succès?

Cela dépend des marchés, mais de façon globale, l'horlo­gerie vit un boom sans précé­dent depuis deux ans. La crois­sance dans ce segment est plus rapide que dans celui des bi­joux. Ce dernier secteur est ac­tuellement en phase de recom­position
C'est-à-dire?

Pendant très longtemps, la bijouterie n'a pas eu de réelle identité. Aujourd'hui, nous ob­servons la tendance inverse: ce métier devient de plus en plus un business de marque. Chez Piaget, nous avons donc ressenti un besoin de reconsidérer notre approche de cette activité, tant en termes de conception que de marketing pour capitaliser sur ces nouvelles opportunités.
Quels sont vos marchés princi­paux?
L' Asie en premier lieu. Nous sommes implantés sur ce conti­nent depuis vingt ans. L' Asie étant le moteur de l'horlogerie, 59% de notre chiffre d'affaires est réalisé dans cette partie du monde, dont 20% pour la Chine seule.
Les Etats-Unis représentent 14% de notre résultat, et ont encore du potentiel. Ce pays est également très friand d'horlo­gerie: 90% du chiffre d'affaires du marché américain est réa­lisé dans le domaine horloger pour Piaget.
Les pays émergents?

Le développement de nos af­faires en Russie est l'une de nos priorités pour 2007. Nous pré­voyons d'ouvrir une boutique supplémentaire à Moscou et deux autres dans des pays voi­sins. La population russe jouit d'une forte tradition du luxe, en particulier dans le segment des montres pour homme. Dans ce pays, la possession d'un garde-temps prestigieux est souvent synonyme d'un po­sitionnement social et d'une réussite professionnelle. Outre la Russie, l' Inde est également un marché à fort potentiel que nous étudions
Que pensez-vous du marché suisse?

Nous réalisons 20% de notre chiffre d'affaires en Europe, dont 6% sur le territoire helvé­tique. La Suisse est un marché très intéressant, en particulier dans la joaillerie. Mais la clien­tèle locale est relativement li­mitée. A Genève par exemple, notre clientèle se compose pour un tiers de locaux et pour deux tiers d'étrangers, le canton étant un lieu très prisé pour le tourisme haut-de-gamme.

La montre d'exception

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Tribune de Genève / FLORENCE NOËL / www.tdg.ch

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