«Nous avons une responsabilité d'attirer des jeunes dans notre métier…» Quelques minutes après avoir récompensé deux élèves du Centre de formation professionnelle des arts appliqués (CFPAA), Su Mo pour le design et Muriel Kouevi pour la joaillerie, Philippe Leopold-Metzger, CEO de Piaget, relevait l'importance de ce concours – créé par la manufacture suisse en 2005. «Nous engageons régulièrement des jeunes dans notre entreprise, mais, avec le départ à la retraite d'une génération de joailliers et avec le volume de production en nette progression, nous avons le devoir de rendre notre métier attractif et d'offrir suffisamment de débouchés à ces apprentis.»
Jean-Daniel Sallin: M. Leopold-Metzger, combien avez-vous d'apprentis chez Piaget?
Philippe Leopold-Metzger: Actuellement, nous avons quatre apprentis sur Genève. Ça demande beaucoup d'investissement pour une entreprise. D'autant plus qu'on n'est jamais sûr qu'ils resteront après leur formation. C'est un peu comme dans le football! Il y a des entreprises qui n'engagent jamais d'apprentis, mais qui ont assez d'argent pour les débaucher chez les autres…
Certaines marques, comme Hublot, préfèrent miser sur l'expérience, en engageant des retraités. Qu'en pensez-vous?
Il faut de tout! Il s'agit de trouver un bon équilibre entre la jeunesse et l'expérience. J'ai un père qui a 88 ans et qui se demande s'il ne va pas chercher un job… (rires) Hayek a toujours dit qu'il fallait investir dans les outils de travail et dans les gens. C'est ce que j'ai fait lors des onze dernières années chez Piaget. Sans oublier que la vraie star, c'est le produit!
Comment expliquer cette si forte demande d'apprentissage dans l'horlogerie ou la joaillerie? Ne serait-ce pas leur image glamour qui séduit?
Certainement. Quand il rentre dans une entreprise, un jeune est attiré autant par sa culture que par ses valeurs. Il doit être convaincu de travailler dans une boîte d'avenir. Notre partenariat avec Jessica Alba tient un peu de ça. Elle amène un air de modernité qui nous est nécessaire.
L'an dernier, justement, vous aviez engagé Sienna Miller comme ambassadrice. Pourquoi le choix de Jessica Alba en 2011?
D'abord parce qu'elle est très belle. Mais elle n'est pas surexposée médiatiquement et, par ses diverses origines, mexicaine et américaine par son père, danoise et canadienne par sa mère, elle correspond parfaitement à l'idée de marque globale que nous souhaitons transmettre.
Le Festival de Cannes vient de commencer. Comment Piaget vivra cet événement?
Nous aurons certainement deux ou trois comédiens qui porteront nos produits. Mais Piaget n'a pas de raison spécifique d'être présent sur la Croisette. Nous sommes partenaires des Spirit Awards à Los Angeles et restons très attachés au cinéma indépendant et à son côté créatif.
