Dans la grande famille horlogère, il y a ceux qui inventent et qui créent et ceux qui, avec art et patience, perfectionnent ce que d'autres ont imaginé. On y côtoie des artisans admirables, souvent admirés. Dignes représentants de l'horlogerie contemporaine. On y trouve aussi ceux dont le génie a bouleversé un jour la marche des choses: ce sont les découvreurs. Abraham-Louis Perrelet fut l'un de ceux-ci.
Les témoignages attestant la paternité de cette fabuleuse découverte qu'est la montre automatique à Abraham-Louis Perrelet sont légion.
Ainsi, en 1777, le professeur Horace-Bénédict de Saussure, l'un des fondateurs de la Société des Arts de Genève, «entreprend un voyage en terre neuchâteloise afin de faire des recherches utiles en visitant les fabriques d'horlogerie et les artisans. Il informe le comité que le sieur Perrelet, horloger au Locle, a fait une montre d'une telle construction qu'elle se remonte dans la poche, par le seul mouvement qu'il fait en marchant et que ce temps suffit pour qu'elle aille pendant huit jours...». Dans ses notes personnelles, de Saussure écrit «... de là, chez M. Perrelet, l'inventeur des montres qui se remontent par le mouvement de celui qui les porte... Il a été obligé de refaire la première parce qu'il n'avait pas mis un arrêt et que le remontoir agissant toujours avait brisé la montre d'un homme qui courait à la poste.
A présent, il a mis un bon arrêt qu'il a eu de la peine à trouver, mais qui suffit.»
Quant à Frédéric-Samuel Osterwald, dont on rappellera qu'il a participé à la rédaction de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, il s'enquiert auprès de Jacques-Louis Perrot des nouvelles de l'horlogerie dans les Montagnes Neuchâteloises. Ce dernier lui répond en ces termes: «Les pièces perpétuelles inventées depuis deux ou trois ans dans nos montagnes font l'objet des curieux et n'ont pas cessé d'augmenter la renommée des lieux; ce sont des montres plus grosses que d'ordinaire qui se remontent d'elles-mêmes, moyennant qu'on les porte sur soi et qu'on fasse quelques tours de chambre pendant la journée, 8 minutes de marche suffisent pour les remonter pour les 24 heures...». A la cour de Versailles, l'abbé de Versailles et de Paris, Joseph-Grellet Desprades, se dit fort intéressé par cette invention à propos de laquelle il rédige dix-sept lettres à M. Osterwald.
Au XXe siècle, de nombreux historiens ont étudié le riche patrimoine horloger suisse en exaltant ses origines. Ils ont travaillé tant pour des ouvrages spécialisés que pour des marques prestigieuses à la recherche de leur passé et ont rendu hommage à Abraham-Louis Perrelet, lui reconnaissant la paternité du mouvement à remontage automatique.