Antoine Pin, CEO de TAG Heuer

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Antoine Pin, CEO de TAG Heuer © TAG Heuer
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Vous connaissez bien les Geneva Watch Days, mais TAG Heuer y participe pour la première fois, pourquoi ?

C’est bien parce que je connais bien les Geneva Watch Days, que je suis convaincu par le concept, non seulement en tant qu'événement lui-même mais en tant qu'élément structurant la façon dont nous travaillons. Il s’agit d’un vrai moment horloger, au cours duquel on parle de produits très techniques, qui affirme notre statut de manufacture et l'aspect innovant de TAG Heuer. C'est aussi un moyen pour nous de lancer la TAG Heuer Carrera Astronomer et de lui donner la visibilité qu’elle mérite. En parallèle, c'est une des rares occasions d’interagir avec le monde de l'horlogerie en général et avec des membres de la communauté moderne de l'horlogerie. En termes d’image, je trouve aussi très porteur de s’associer à cet événement qui valorise beaucoup les entrepreneurs, les indépendants et les marques très créatives. Tous ces éléments constituent un ensemble très positif pour la marque. 

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The TAG Heuer Carrera Astronomer © TAG Heuer
TAG Heuer Carrera Astronomer © TAG Heuer

Vous y présentez notamment des modèles équipés d’un spiral en carbone, qu’est-ce que cela apporte ?

Le spiral est au cœur du mouvement et constitue fondamentalement la base d'un calibre de grande qualité. Son invention date de 350 ans et a permis de transformer des pendules en montres, puis a connu une révolution il y a vingt ans avec l’arrivée de spiral en silicium, permettant à ce ressort de ne plus être sujet au magnétisme. Mais comme il s’agissait d’une technologie propriétaire impliquant de nombreux brevets, TAG Heuer n’y avait pas accès, et ses équipes ont décidé il y a dix ans de trouver une alternative : le carbone.

Un spiral en carbone a les mêmes propriétés que le spiral en silicium, avec quelques petits avantages supplémentaires tels qu’un isochronisme absolu, plus de légèreté et donc moins sensible à la gravité. Aujourd'hui on a un spiral extrêmement sable, quelles que soient les conditions d'humidité, de température, de pression ou de magnétisme. Donc il nous permet à terme de proposer des calibres extrêmement fiables, précis et durable, dont la précision ne bouge pas dans le temps.

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TAG Heuer Carrera Chronograph Tourbillon Extreme Sport TH-Carbonspring © TAG Heuer
TAG Heuer Carrera Chronograph Tourbillon Extreme Sport TH-Carbonspring © TAG Heuer

Il équipe deux séries limitées en carbone forgé avec un très fort contenu technique, à des prix relativement agressifs, quelles sont les ambitions ?

Ces deux nouveautés, la TAG Heuer Carrera Chronograph Tourbillon Extreme Sport TH-Carbonspring et la 50 TAG Heuer Monaco Flyback Chronograph TH-Carbonspring, chacune limitée à 50 pièces, mettent justement en scène cette innovation fondamentale. A court terme, l'objectif consiste à placer ce spiral en carbone dans les calibres de notre horlogerie d'avant-garde développés ces prochaines années, donc plutôt du haut de gamme. La fabrication de ce produit est couteuse, mais nous le voyons comme un investissement à long terme qui ne se répercutera pas sur le prix d’achat. Souvent, la complexité dans notre métier, au-delà du produit lui-même, c'est son industrialisation, sa production. Sur le spiral en silicium par exemple, il y a plus de brevets sur les techniques de production du spiral que sur le spiral lui-même. Cela nécessite de progresser par étapes. TAG Heuer va d’ailleurs présenter bientôt d’autres très belles innovations.

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The TAG Heuer Monaco Flyback Chronograph TH-Carbonspring lights up in the night © TAG Heuer
La TAG Heuer Monaco Flyback Chronograph TH-Carbonspring

Avec la nouvelle trilogie Astronomer, la collection TAG Heuer Carrera change radicalement de style, quelle était la vision ?

Honnêtement, au départ j'étais surpris, et j’ai beaucoup aimé être surpris, parce que c'était surpris de façon juste. Il s’agit d’un produit classique, mais dont la très grande face de lune crée une esthétique qui interpelle. La TAG Heuer Carrera Astronomer évoque un rappel de notre histoire, car TAG Heuer a participé à la course à l'espace dans les années 60. Elle s’inscrit aussi dans la tradition de fonctionnalité de la TAG Heuer Carrera, qui est à l'origine un chronographe se distinguant par son ergonomie et sa très grande lisibilité pour les pilotes. Donc c'est une façon de respecter la fonction de la TAG Heuer Carrera initiale, en élargissant au maximum l'indicateur de face de lune pour donner une meilleure lecture. Cela donne une présentation de la face de lune qui est très originale, très différente, à la fois très créative, mais en fait très juste par rapport à ce qu'est la maison.

En outre, j'adore me sentir être déstabilisé par une esthétique qui n'est pas habituelle, et qui crée un produit très original. J’aime aussi beaucoup l'élégance des choix des couleurs, et qui là aussi sont très juste par rapport à notre identité : TAG Heuer est né du chronographe, avec des cadrans souvent tricolores générant du contraste et de la différence entre les fonctions heure, minute, seconde et celle du chronographe. Ici nous avons des codes tricolores mais assez discrets, les équipes ont fait preuve de créativité là où on ne l'attend pas toujours, c'était très intelligent.

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TAG Heuer Carrera Astronomer © TAG Heuer
TAG Heuer Carrera Astronomer © TAG Heuer 

Vous avez annoncé en début d’année le retour de TAG Heuer en tant que chronométreur officiel du circuit de F1, percevez-vous déjà les effets ?

Oui. Nous percevons ces effets premièrement en termes de visibilité, la marque est vraiment très exposée, et de manière qualitative, et nous le mesurons aussi par le trafic dans nos boutiques, et par le succès de nos collections liées à la Formule 1 telles que la TAG Heuer Monaco et la TAG Heuer Formula 1 notamment la TAG Heuer Formula 1 Chronographe et la TAG Heuer Formula 1 Solargraph. Cela va monter en puissance car nous restons dans une année de prise en main du sujet, et les marchés vont s’approprier l’énorme potentiel de chacun des Grand Prix comme plateformes locales, nous avons beaucoup d’idées. D’autant que les organisateurs de la F1 nous considèrent comme un partenaire et viennent avec des propositions pour augmenter encore la visibilité, par exemple avec la F1 Académie et les courses de femmes pilotes. 

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TAG Heuer, chronométreur officiel du circuit de F1 © TAG Heuer
TAG Heuer, chronométreur officiel du circuit de F1 © TAG Heuer

Le GPHG va tenir sa 25e édition cette année, qu’a-t-il apporté d’après vous depuis 2001 ?

Je vais faire un parallèle entre le GPHG et les Geneva Watch Days : ce sont deux manifestations qui permettent d'exposer la diversité de l'horlogerie, ce que je trouve remarquable. Dans un monde de surinformation, il n'y a pas tant de plateformes qui mettent en avant les acteurs horlogers qui ne sont pas nécessairement des grandes marques, et cela a été plutôt bien mené à bien. Dans l’ensemble, le GPHG a fait la part belle à l'exceptionnel, et les marques pour lesquelles j’ai travaillé en ont bien profité. Mais l’exceptionnel doit pouvoir coexister avec la performance dans toutes les gammes de prix de l’horlogerie suisse.

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