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Je participe

J'ai refusé 20 montres

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Les 34 montres de la ventes aux enchères sont exposées en ce moment à Genève.
28 août 2009

Fabrice Eschmann – BIPH

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Vente aux enchères hors du commun, Only Watch se déroule tous les deux ans à Monaco, à l'occasion du Monaco Yacht Show. Pièces uniques pour la plupart, les montres mises à l'encan sont offertes par les marques à l'Association monégasque contre les myopathies, à qui revient l'entier du produits des ventes. L'édition 2009 se déroulera les 23 et 24 septembre prochain. Mais avant cela, la collection des 34 pièces a fait le tour du monde. Elle est présentée à Genève jusqu'au 29 août chez Patrizzi & Co Auctioneers, organisateur de la vente, après deux éditions menées par Antiquorum. L'occasion de discuter avec Osvaldo Patrizzi, patron de la maison éponyme et co-fondateur d'Only Watch.

Au-delà de l'aspect caritatif, cette vente est une plate-forme publicitaire sans équivalent. Vous avez mentionné à plusieurs reprises vouloir faire d'Only Watch un « championnat du monde » de l'horlogerie, une véritable « compétition ». L'esprit de compétition règne-t-il vraiment entre les marques participantes ?
Oui, dans chaque pièce ! Le modèle Jaquet Droz par exemple : obtenir un cadran en émail grand feu de cette épaisseur et de cette uniformité, c'est exceptionnel. Ils ont dû y laisser un temps considérable et une fortune. Cela dit, je reviendrais sur le terme de « championnat », car il n'y a pas de classement. J'appellerais plutôt cela « le grand défilé », ou « le gala de la montre extraordinaire ».

Y a-t-il un règlement strict qui définisse l'esprit Only Watch ?
Non, mais j'ai opposé une vingtaine de refus à des marques qui ne proposaient rien de spécial. Dès le départ, nous n'avons pas voulu créer une vente comme les autres. Le but n'est pas de recueillir simplement de l'argent en vendant des montres quelconques. Les acheteurs ne sont pas bêtes : s'il s'agit juste de payer une montre deux fois plus cher qu'en boutique, autant signer un chèque tout de suite… Nous exigeons l'exceptionnel !

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Contrairement aux éditions précédentes, la quasi-totalité des marques proposent cette année une « pièce unique ». Pourtant, nombreuses sont celles qui prennent un modèle de série, sur lequel elles procèdent à quelques modifications. Le ticket d'entrée à la vente Only Watch n'est-il pas un peu trop bon marché en regard de la publicité qu'elle rapporte ?
Chacun fait selon ses moyens. La somme que Vacheron Constantin a consentie à investir pour le développement de la boîte en tantale de sa Quai de l'Ile Only Watch doit être considérable ; la HM2 de MB&F et Sage Vaughn ajoute un esprit de liberté à la vente ; et le prototype de la Clef du Temps Tourbillon de la Confrérie Horlogère a dû coûter une fortune !

Les prototypes, n'est-ce pas cela véritablement l'esprit d'Only Watch ? DeWitt, avec son proto WX-1, avait réussit en 2007 une magnifique opération en s'associant avec l'architecte-designer Jean-Michel Wilmotte pour contrer le tandem non moins magnifique Richard Mille / Philippe Starck. Ces ventes étaient d'ailleurs les deuxième et troisième meilleures de la cession…
Only Watch aurait beaucoup moins de succès si nous ne demandions que des « ovnis » horlogers. D'une part, du côté des marques, parce que cela coûte très cher ; d'autre part, du point de vue de l'acheteur, parce qu'il faut de tout pour séduire un public le plus large possible.

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Il y a tout de même un certain risque à participer à Only Watch : celui de voir sa montre ne pas décoller aux enchères. Le cas de Girard-Perregaux qui, en 2007, a vu partir sa ww.tc Quantième perpétuel pour 17'000 euros (prix boutique, 47'700 euros en France) est un exemple parlant. Certaines marques enchérissent-elles elles-mêmes, voire achètent-elles leur propre montre pour éviter cet écueil ?
Le cas Girard-Perregaux fut une erreur de choix au départ : cette pièce n'avait pas d'intérêt pour Only Watch, seules les aiguilles et quelques détails avaient été modifiés. Avec la sélection que nous avons faite cette année, qui comprend un modèle Girard-Perregaux, je ne me fais aucun souci concernant les enchères.

Vous ne répondez pas à la question…
Non, je ne connais aucun cas où une marque a fait lever les enchères artificiellement à Only Watch.

Par rapport à l'édition 2007, quinze marques ne reviennent pas, dont Chopard, Jaeger-LeCoultre, mais aussi justement DeWitt et Richard Mille. N'est-ce pas décevant ?
Richard Mille et Philippe Starck ont fait deux éditions extraordinaires. Ils m'ont dit ne pas pouvoir faire mieux cette année. Ils ont donc renoncé tout en signant un chèque pour l'association. Idem pour DeWitt.

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La crise n'y est donc pour rien ?
Je pense qu'il y a un ensemble de facteurs.

A l'inverse, quelle marque voudriez-vous voir un jour participer à Only Watch?
Rolex. J'aurais même deux ou trois suggestions à leur faire. Mais pour l'instant, la marque se tient à l'écart de la manifestation. J'ai toutefois bon espoir : la crise a démontré que les collectionneurs n'avaient pas seulement des devoirs par rapport à certaines manufactures, mais aussi des droits.

1,9 million d'euros en 2005, 2,75 en 2007. Combien comptez-vous récolter cette année ?
3 millions. Je suis confiant.

 

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