Au moins, celle-ci, on ne l’attendait pas. La Czapek Antarctique Rattrapante R.U.R est une édition limitée de la célèbre référence de la marque genevoise...avec un indicateur de fonctions sous forme de robot.
Au départ, il y a la volonté de l’un des principaux actionnaires de la maison d’inclure un robot au sein d’une Antarctique. Mais c’est en creusant l’histoire du mot « robot » que le fil narratif s’est tissé. On admettra qu’il est cocasse : le mot « robot » a été inventé il y a un siècle. Il a été introduit en 1924 sous le titre Les robots universels de Rossum, écrit trois ans plus tôt par le Tchèque Karl...Capek.
De Capek à Czapek, il n’y a qu’un « Z » que la marque éponyme s’est empressée d’enjamber pour donner vie à son Antarctique Rattrapante R.U.R (pour Rossum’s Universal Robots, titre original, en anglais, de l’œuvre). Voilà pour le storytelling.
Côté technique, le masque du robot visible à midi affiche les fonctions du chronographe grâce à ses yeux. Rouge, il est à l’arrêt. Jaune, il fonctionne. Bleu, il est remis à zéro. Le témoin de fonctionnement du chronographe n’est pas si commun en horlogerie - et pour cause, lorsqu’il est enclenché, l’action est immédiatement observable sur le cadran. Le dernier en date est celui du Type 10 d’Albishorn, marque créée par Sébastien Chaulmontet, qui fut naguère la tête pensante des mouvements Arnold & Son. Il est également placé à midi et use aussi de codes couleurs pour indiquer les fonctions du chronographe.
Un calibre hautement technique
Le mouvement de l’Antarctique Rattrapante R.U.R reste l’œuvre de Chronode, société de l’horloger Jean-François Mojon. Il n’affiche pas de singulière différence technique avec les autres mouvements de la gamme Antarctique Rattrapante. Son principe est immuable : la rattrapante permet de mesurer des temps de courses déclenchés au même moment, mais qui se terminent successivement (comme une course auto). Les deux aiguilles démarrent en même temps, superposées. Une pression sur le poussoir en stoppe l’une des deux, pour que la mesure puisse être lue. L’autre poursuit sa course, seule. Lorsque la mesure initiale est prise, l’aiguille immobilisée est relâchée et rattrape sa consœur, d’où son nom. L’opération peut être répétée autant de fois que nécessaire. La rattrapante, complexe et subtile, est une délicatesse prisée des collectionneurs. Elle repose sur le principe d’immobilisation par des pinces de l’une des deux aiguilles, pendant que l’autre continue de tourner.
Mais l’Antarctique Rattrapante R.U.R. va encore plus loin : au cœur du mouvement, un isolateur permet de découpler les deux roues des secondes du chronographe sans générer de friction dans le reste du mécanisme, réduisant ainsi fortement les perturbations chronographiques. Avec ce développement, la R.U.R. offre un véritable progrès dans la construction de la rattrapante. Comme c’est le cas sur toute Antarctique depuis sa création en 2021, la mécanique intime de la complication est visible sur le cadran.
Une montre classée « X »
C’est sur l’habillage que la pièce, limitée à 77 exemplaires, se distingue. Le robot, à midi, coiffe la seconde roue à colonnes (la première est toujours visible à 6h). II est en titane, poli à la main, puis gravé au laser. Chacun de ses yeux est peint à la main pour les trois couleurs.
Les index, eux, sont inspirés du compte-à-rebours que l’alien Predator utilise dans les films éponymes. Lien avec le robot ? « Aucun ! », assume Xavier de Roquemaurel, CEO, qui reprend à son compte l’imagerie d’un univers futuriste...en la détournant : les chiffres du Predator, déjà illisibles pour un humain, ont ici été redessinés en forme de « X », comme Xavier.