Tout est dans le cadre

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Les montres à heures sautantes, reconnaissables à leurs petites ouvertures, ont atteint leur apogée dans les années 1920 et 1930. Aujourd’hui, cette esthétique fait son grand retour. Illustration marquante de cette renaissance : la Neo Frame Jumping Hours dévoilée par Audemars Piguet en février 2026.

« La Neo Frame puise clairement son inspiration dans nos montres historiques, et c’est la première fois que nous développons une pièce à heures sautantes de ce type », a expliqué Ilaria Resta, directrice générale d’Audemars Piguet, lors de la présentation des nouveautés de la maison, organisée dans une station alpine suisse.

Son boîtier en or associé à du saphir traité PVD noir abrite un cadran fermé percé de deux guichets minimalistes. Le design s’inspire des créations Art déco de 1929-1930 (pré-modèle 1271), avec affichage des heures et des minutes par guichets, laissant apparaître les compteurs à travers de discrètes ouvertures.

« Pour apprécier pleinement le mouvement d’une heure sautante, il faut des guichets et une ouverture qui ne révèlent que l’essentiel. Tout le reste est volontairement dissimulé. Il y a une véritable beauté dans cette extrême simplicité », a-t-elle ajouté au sujet de cette complication horlogère dont les origines remontent à 1650.

Au XVIIIᵉ siècle, l’affichage à heures sautantes est passé des horloges de nuit aux montres de poche. Dans les années 1920, il connaît un véritable engouement sur les montres-bracelets, avant de disparaître à la fin des années 1930. Les lignes futuristes de l’ère spatiale le remettent au goût du jour dans les années 1960 et 1970, puis un nouveau regain d’intérêt apparaît dans les années 1990 lorsque Audemars Piguet l’intègre à ses répétitions minutes.

Neo Frame Jumping Hour © Audemars Piguet

La Neo Frame s’inscrit dans une tendance actuelle observée chez plusieurs maisons, où l’affichage côté cadran se fait plus discret, parfois presque dissimulé. On pense notamment à la Czapek Time Jumper, la Louis Vuitton Convergence ou encore la Cartier Tank Guichet, pour n'en citer que quelques-unes. 

« Je crois que nous assistons à un retour vers davantage de discrétion et d’élégance », a commenté Mme Resta. Avant d’ajouter : « Mais nous ne suivons pas les tendances éphémères – notre vision s’inscrit dans la durée. »

Le modèle 1271 puisait directement son inspiration dans le Streamline Moderne, branche tardive de l’Art Déco, dont le centenaire a été célébré en 2025. Né aux États-Unis, ce courant s’inspirait des lignes aérodynamiques des trains et des paquebots, symboles de vitesse et de modernité.

Associant lignes épurées, courbes fluides, angles adoucis et matériaux innovants, le Streamline Moderne incarnait l’ambition de l’Art Déco : marier modernité, savoir-faire artisanal et avancées technologiques.

En observant la construction contemporaine mêlant or et saphir, les contours arrondis du boîtier ainsi que le cadran sophistiqué en saphir et en or, on comprend que cette esthétique historique irrigue également la Neo Frame. Cette filiation se prolonge dans le calibre 7122, doté d’un système d’absorption des chocs breveté et d’un disque des heures en titane, alliant innovation technique et héritage stylistique.

Neo Frame Jumping Hour © Audemars Piguet

Le boîtier carré s’est fait rare chez Audemars Piguet ces dernières années, alors même que la maison possède un héritage méconnu de montres de forme. Les anciennes Guichet carrées se distinguaient par leurs dimensions contenues et leur élégance discrète.

La Neo Frame conserve cette sophistication, mais dans des proportions bien plus affirmées : avec une longueur de corne à corne de 47,1 millimètres, elle ne passe certainement pas inaperçue.

« C’est un point de départ, et cette taille correspond au plus large éventail de clients. Nous ferons évoluer le boîtier si le modèle rencontre son public. Mais, comme vous le savez, on ne peut jamais présumer du succès : seul le temps nous le dira », a confié Ilaria Resta.

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