Un peu de Soulages, un peu de Breguet, un soupçon d’Éric Giroud, et beaucoup de créativité. La collection Geometry de Schwarz Etienne se termine aujourd’hui par son quatrième et ultime volet. Après ses déclinaisons en rouge, saumon et acier, le chapitre final se drape de noir. Avec une singulière différence par rapport aux précédentes versions : cette pièce est quasi monochrome. Car si les trois premiers volets affichaient toujours une petite seconde d’un ton distinct de celui du cadran, la manufacture de la Chaux-de-Fonds a préféré pour ce dernier opus un gris souris très proche du registre noir du cadran ou gris nuage de la minuterie.
Apprécier l’accident de parcours
La nouvelle Geometry Black a quelque chose d’hypnotique. Pourquoi ? Parce que l’œil y cherche spontanément l’harmonie fluide et évidente. Il est habitué au Clou de Paris, à l’azuré ou à toute forme régulière de guilloché sous les aiguilles. Il n’en est rien ici. Chaque motif à fleur de cadran n’en occupe jamais plus du quart. À peine déployé, il est stoppé net par le motif suivant, qui doit lui-même céder le terrain à un troisième relief, et ainsi de suite. Alors que nous sommes, depuis le temps des cathédrales, conditionnés à chercher la beauté dans la régularité, la Geometry Black nous invite à apprécier la déconstruction, l’inattendu, l’accident de parcours, la brisure de ligne.
Réservée à un public averti
Évidemment, l’exercice est risqué. Il faut savoir se dégager de l’impression laissée par chaque secteur du cadran pour en apprécier la physionomie générale. Quitter le particulier pour rejoindre la vue d’ensemble. Prendre de la hauteur, subsumer la ligne brisée en une perspective esthétique globale. Non seulement l’opération exigera du temps, mais il n’est de surcroît pas certain que tout collectionneur y parvienne. Mais là n’est pas l’objectif de Schwarz Etienne. La manufacture fondée en 1902 à La Chaux-de-Fonds s’adresse à un public averti, typique d’une maison horlogère indépendante qui peut se permettre de hautes ambitions, du moment qu’elle peut séduire quelques early adopters d’avant-garde.
Compagnon d’une vie
Ces mêmes collectionneurs auront pour la plupart une sensibilité similaire à l’égard du mouvement. La maison ne sera pas en reste à ce chapitre, avec un calibre automatique 100 % Manufacture, doté d’un élégant micro rotor, offrant une très confortable réserve de marche de 86 heures, soit quatre jours et demi d’autonomie, et pourvu d’une finition d’une juste sobriété. L’ensemble se tient en une boîte acier de 39 mm, sans artifice, conçue pour servir d’écrin au cadran guilloché main. Un exercice précis et cérébral, au profit d’une authentique création qui, une fois comprise, ne lassera probablement jamais.
Comme les autres éditions, cette Geometry Black sera limitée à 100 exemplaires.