Richard Mille a l’art de nous surprendre avec des complications ultra-légères et une technologie de pointe, mais la nouvelle RM 63-02 adopte un registre différent. Avec leur deuxième lancement circulaire cette année, Mille s’ouvre à une nouvelle catégorie de collectionneurs, car tout le monde n’adhère pas à la forme inimitable d’un tonneau chargé de technologie. Dans le même temps, la puissance élégante de la RM 63-02 Automatic Worldtimer séduit fortement les collectionneurs qui possèdent déjà quelques RMs, et ce, avec une douceur plus marquée que ce à quoi nous sommes habitués. Et, croyez-le, ça fonctionne à merveille.
Après avoir savouré l’exubérance sucrée et ludique de la collection Bonbon, nous étions prêts à découvrir le côté plus joueur de Richard, c’est certain. Cette fois, le plaisir aromatisé aux bonbons se retrouve dans la forme de la gamme de montres de plongée musclées de la marque, aperçue pour la première fois avec la RM 032, évoquant un goût de cheesecake à la fraise. Toutefois, cela fonctionne à plusieurs niveaux et offre un contraste savoureux avec les lignes fortes de la RM 63-02, dotée de son généreux boîtier de 47 mm. Cela peut sembler imposant de nos jours, et nous ne vous dirons pas qu’elle se porte comme une petite montre. Mais cette Richard Mille reste ergonomique pour sa taille, légère malgré sa touche précieuse d’or rouge, et encore plus grâce à son boîtier intermédiaire en titane. Les angles dramatiques des cornes distinctives et le caoutchouc FKM souple ajoutent au confort de ce qui devient une pièce très portable. Avec ses 13,8 mm d’épaisseur, vous souhaiterez peut-être investir dans des chemises sur mesure à manche gauche plus large, mais tout cela en vaut la peine pour sa présence si séduisante.
« C’est une montre world-timer qui troque l’exubérance du carbone TPT contre l’éclat discret de l’or rouge 5N et du titane. »
Mais Richard, nous sommes conquis, et pour une marque synonyme d’audace et d’avant-garde, la Richard Mille RM 63-02 Automatic Worldtimer dégage une confiance posée et maîtrisée. Elle reste indéniablement Mille, avec son style ouvert, complexe et architectural. Mais cette fois, elle se pare pour le voyage plutôt que pour le circuit. Ce worldtimer troque l’exubérance du carbone TPT contre l’éclat discret de l’or rouge 5N et du titane, incarnant une sobriété raffinée parfaitement adaptée au voyageur expérimenté.
Au cœur de cette montre bat le calibre maison CRMA4, un mouvement automatique qui allie haute performance et théâtre mécanique propre à Mille. Ce qui le distingue, cependant, c’est l’élégance pure de sa fonction. Plutôt que de s’appuyer sur la traditionnelle couronne ou les poussoirs pour naviguer entre les fuseaux horaires, la RM 63-02 permet simplement de tourner sa lunette en or rouge microbillé montée sur des roulements à billes, bien sûr pour aligner la ville choisie à 12 heures. Le système ajuste instantanément l’heure locale et synchronise les 23 autres fuseaux dans un ballet fluide d’engrenages.
Le disque bicolore, rose et bordeaux, sépare élégamment le jour de la nuit, tandis que l’amphithéâtre d’un rehaut blanc fortement incliné, gravé des villes du monde, assure une lisibilité parfaite. L’affichage de la date apparaît dans un cadre rouge et blanc, surdimensionné, squeletté, et fièrement placé à 12 heures. En dessous, une structure semi-industrielle de ponts en titane rhodié noir ancre le cadran, apportant une touche architecturale et profondément structurée, typique de Richard Mille.
La RM 63-02 dégage un sentiment de précision rafraîchissant. Elle est complexe, certes, mais pas pour la complexité elle-même. Sa complication offre aux voyageurs quelque chose à la fois utile et poétique, dans le cadre contrasté d’une montre-outil étanche à 300 m avec une touche précieuse. Produite à seulement 100 exemplaires, c’est un world-timer qui équilibre l’innovation emblématique de Richard Mille avec une retenue inhabituelle, nous faisant oublier ses racines de prouesse technique grâce à une palette de couleurs particulièrement savoureuse.