Modeste ou « bling » : en 2024, Rolex fait-elle le grand écart ?

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Oyster Perpetual GMT-Master II © Rolex / Ulysse Frechelin
Tour à tour « Low-Key » avec la GMT-Master II ou valant leur pesant d’or avec la Deepsea, les nouveautés Rolex semblent naviguer entre les extrêmes. Et pourtant, ce cru Watches and Wonders 2024 affiche un luxe plutôt sage

Rappelez-vous de l’an passé et des galvanisants coups de folie douce de Rolex ! D’abord avec la « Day-Date », aux cadrans en émail cloisonné d’un motif puzzle, dotés d’affichages « feel good » et d’emojis farfelus. Ensuite, avec l’Oyster « Bubble » ou « Celebration dial », au visage pop et festif. Mais aussi avec le lancement d’une nouvelle collection, la Perpetual 1908, et le coup d’éclat de l’introduction (au compte-goutte) de fonds en saphir transparent. 

Ces nouveautés, singulières et originales, rajeunissaient l’image d’une marque plutôt sobre et calviniste – bien que coiffée d’une couronne –, répondant à l’enthousiasme d’un marché encore enjoué. Pourtant, depuis, les indicateurs économiques n’ont cessé d’inviter à la modération. Le contexte politique mondial se péjore constamment, avec pour effet de calmer les ardeurs de débauche de luxe. 

Le laquage est principalement utilisé pour créer des couleurs profondes et intenses comme le bleu (GMT-Master II et Rolex Deepsea) © Rolex
Le laquage est principalement utilisé pour créer des couleurs profondes et intenses comme le bleu (GMT-Master II et Rolex Deepsea) © Rolex

Nul hasard si, chez bien des marques, Rolex y compris, le « quiet luxury » (le luxe silencieux) a gagné ses galons – suivant la tendance « profil bas » lancée dans le monde de la mode. En d’autres termes, les montres sont toujours aussi haut de gamme et l’or continue d’ailleurs de figurer parmi les matières favorites – possible corolaire de sa connotation de valeur refuge. En revanche, les marques reviennent à un luxe essentiel et intemporel, plutôt que de jouer sur l’euphorie passagère de produits très typés.

Excellence de l’art cadranier 

Ainsi, ce printemps, Rolex a surpris… en surprenant moins ! Rien de débridé, mais des valeurs sûres, avec de belles nouveautés bien entendu parfaitement abouties, dans le pur esprit de la marque. La qualité continue de tenir le haut du pavé et s’apprécie notamment à travers l’art cadranier, particulièrement à l’honneur. 

Chez Rolex, les cadrans bleu glacier sont exclusivement réservés pour les modèles en platine 950. Ce cadran bleu glacier (Perpetual 1908) est orné d’un décor grain de riz guilloché © Rolex
Chez Rolex, les cadrans bleu glacier sont exclusivement réservés pour les modèles en platine 950. Ce cadran bleu glacier (Perpetual 1908) est orné d’un décor grain de riz guilloché © Rolex

Guillochés, ombrés, laqués de bleu canard, en nacre perlée et nacre noire de Tahiti, les visages des nouveautés explorent l’étendue de ses expertises. « Nous maîtrisons tous les savoir-faire à l’interne, même si, par exemple pour la réalisation du guillochage, nous faisons appel à des fournisseurs externes, dans l’optique de soutenir le tissu horloger » précisait la marque lors de la présentation des nouveautés.

Réalisation d'une esquisse du cadran de la Perpetual 1908 en platine 950 © Rolex / François Lacour
Réalisation d'une esquisse du cadran de la Perpetual 1908 en platine 950 © Rolex / François Lacour

La Perpetual 1908 en platine avec cadran guilloché rend honneur à un savoir-faire parmi les plus emblématique de la tradition horlogère. Depuis l’abandon de la collection Cellini, les cadrans guillochés avaient presque disparu du catalogue. Pour cette montre classique et sobre, Rolex a choisi un décor lui aussi classique, le « grain de riz ». Ce guillochage tout en finesse module de sa géométrie le cadran bleu glacier, associé à une boîte en platine – une alliance signature pour l’horloger genevois. 

Perpetual 1908 © Rolex  /Ulysse Frechelin
Perpetual 1908 © Rolex / Ulysse Frechelin

Excellence des matières

L’une des nouveautés-phares de ce printemps, la GMT-Master II « Cinderella » – osons le petit nom – arbore une lunette Cerachrom noir et gris (inaugurée l’an passée sur la version en or jaune et en version Rolesor jaune) associée à un boîtier et un bracelet en acier, pour un prix de CHF 10'200.- (contre env. CHF 37'300.- pour l’or). Cette association chromatique pleine de retenue décline avec une certaine élégance sérieuse le modèle le plus voyageur de Rolex.

Si l’acier Oystersteel figure en bonne place parmi les nouveautés – matière la plus abordable au catalogue – Rolex recourt largement à l’or – Everose, jaune, gris – et quelques fois au platine. Une façon d’asseoir la valeur de ses montres, en termes de qualité mais aussi de matière.  D’ailleurs, cette année, point de nouvelles références en titane RLX, fraîchement introduit fin 2022. 

Cette année brillent en effet de nombreuses pépites (au sens littéral du terme). Ainsi, la Rolex Deepsea en or jaune affiche environ 320 grammes d’or jaune sur la balance. Par ailleurs, toutes les nouvelles Day-Date sont en matière précieuse : or jaune, Everose, or gris ou platine. Est-ce une surprise ? 

Oyster Perpetual Rolex Deepsea © Rolex / JVA Studios
Oyster Perpetual Rolex Deepsea © Rolex / JVA Studios

La Sky-Dweller est toujours forgée dans le métal jaune ou rose, mais cette fois avec un bracelet jubilé. Le Cosmograph Daytona prend de l’ampleur, lui aussi, dans les trois couleurs d’or, pour des versions serties sur la lunette et parfois la boîte, dont des cadrans combinant nacre blanche et nacre noire – probablement l’esthétique la plus audacieuse cette année parmi les nouveautés de la marque à la couronne.

Oyster Perpetual Cosmograph Daytona © Rolex / JVA Studios
Oyster Perpetual Cosmograph Daytona © Rolex / JVA Studios

Enfin, toujours sur la Daytona, les sertissages restent plutôt discrets – point d’arc-en-ciel de saphirs en vue. Des diamants blancs taille brillant et trapèze illuminent les lunettes, voire les boîtes – sans s’attarder en pavage intégral sur les cadrans ou les bracelets. Tout en retenue, vous disait-on !

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