À l’impossible...Jaquet Droz est tenu !

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Petite Heure Minute Platine - Camels © Audemars Piguet
Les commandes spéciales sont généralement réalisées en toute discrétion par les marques. Pas chez Jaquet Droz, qui ne fait presque plus que cela. Et reçoit, parfois, l’autorisation de son client final de communiquer dessus.

A-t-on fait le tour des complications ? Probablement. Une fois adressées les questions calendaires, des fuseaux, marées et chronographes, sans compter les sonneries et quelques fonctions plus exceptionnelles (comme le profondimètre), 99% de l’ingénierie mécanique sont couverts. Il reste quelques rares champs à explorer, tels le baromètre ou le thermomètre, mais ceux qui s’y sont essayés n’ont pas fait long feu. 

En revanche, les métiers d’art n’ont pour seule limite que l’imagination des artistes. Des artistes...et des collectionneurs, ajouterait Jaquet Droz. Car la maison se spécialise aujourd’hui presque exclusivement sur les pièces uniques faites par, pour et avec ses clients finaux. 

Pour le public passionné d’horlogerie, l’exercice est frustrant : la quasi-totalité des pièces ainsi conçues passe directement de l’atelier au poignet du commanditaire. Pas de photo, pas de vidéo, pas de témoignage, encore moins la possibilité de l’essayer. 

Petite Heure Minute Platine - Camels © Jaquet Droz

Camels trophy

Dans cette perspective, l’accord d’un client final pour communiquer sur sa commande est un petit trophée dont on s’empare bien volontiers. C’est le cas de la Petite Heure Minute « Camels ». 

La pièce vient d’être dévoilée. Elle ne manque pas d’étonner car les souhaits du client n’avaient rien de commun. Déjà, il (ou elle ?) voulait une boîte en platine. Cela n’avait jamais été fait sur cette référence. Cela peut paraître anecdotique. Ce ne l’est pas : une nouvelle boîte implique de nouveaux outils, de nouveaux tests, de nouvelles gravures, un habillage approprié, etc. On ne change pas le métal précieux d’une boîte comme l’on change de bracelet ! 

Mais le client final désirait surtout voir représenter une scène atypique : des chameaux, sur fond de désert couvert de lavande. Un tel paysage existe, il est endémique au Sahara, et réalisé ici en applique en or. Chaque pied de lavande est gravé, un par un, à la main. Il est probable qu’aucune montre au monde n’ait déjà figuré un tel site.

Petite Heure Minute Platine - Camels © Jaquet Droz

Beauté des sables

Le constat est le même pour les camélidés : il ne s’agit pas de chameaux lambda, mais des propres animaux de compétition du client – des chameaux blancs à l’expression unique. Les artisans de Jaquet Droz ont donc eu pour mission de reproduire la physionomie exacte des chameaux du collectionneur. L’atelier en a choisi deux. Pour les faire émerger du décor, ils sont en applique, et donc au premier plan au-dessus du décor désertique. 

Ce dernier a été reproduit de nuit. L’effet est double. D’une part, les chameaux blancs ressortent avec plus de netteté. D’autre part, la nuit a permis à Jaquet Droz de dessiner, en toile de fond, une tente où l’on distingue des Bédouins ainsi qu’un feu de cheminée crépitant. Chaque trait de peinture est d’une largeur bien inférieure au millimètre. Au-dessus de la scène se détache un ciel en aventurine (0,55 mm d’épaisseur !) doté d’une applique lunaire en or, gravée à la main. 

Petite Heure Minute Platine - Camels © Jaquet Droz

Étoile filante

Aussitôt apparue, aussitôt disparue : il y a fort à parier que personne, ou presque, ne verra cette pièce de ses yeux. Mais là n’est pas l’important. Le message de Jaquet Droz est limpide : entre automates et métiers d’art, il n’existe probablement aucun désir horloger que la maison ne puisse exaucer. Jusqu’à preuve du contraire...

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