Si l’on parle de l’une des premières, c’est parce que Heuer-Leonidas avait uni ses forces à celles de Buren, Dubois-Depraz et Breitling pour développer ce projet, permettant ainsi à Breitling d’exploiter rapidement ce mouvement dans sa Chrono-Matic.
Si la Chrono-Matic et la Monaco se distinguaient par leur couronne positionnée à gauche, signature du Calibre 11, la Monaco attirait davantage l’attention grâce à son boîtier singulier, devenant ainsi le premier chronographe carré étanche proposé sur le marché.
À cette époque, Heuer se consacrait exclusivement aux chronographes de poignet et aux instruments de mesure du temps, ce qui lui avait permis de tisser des liens étroits avec l’univers automobile. Si la Monaco restait un chronographe pur, son design audacieux visait également à séduire une clientèle plus créative, composée notamment d’architectes et de designers.
Un lancement audacieux, mais un succès tardif
En réalité, cet objectif ne fut pas atteint : la montre fut un échec commercial tel qu’elle fut retirée du catalogue après seulement cinq années de production, malgré une visibilité accrue lorsque Steve McQueen la porta dans le rôle du pilote fictif Michael Delaney dans le film Le Mans en 1971.
Mais le marketing des années 1970 différait profondément de celui de la fin des années 1990, lorsque LVMH fit l’acquisition de TAG Heuer. À ce moment-là, un publicitaire perspicace identifia le potentiel exceptionnel des images de McQueen arborant une Monaco au poignet, dépassant de la manche de sa combinaison de course siglée Heuer. La montre connut alors une véritable résurrection, s’imposant progressivement comme l’un des piliers de la marque TAG Heuer.
Une renaissance contemporaine entre innovation et confort
Depuis, la Monaco n’a jamais quitté cette place centrale. Son boîtier iconique continue de servir de vitrine à des mouvements expérimentaux, du V4 à transmission par courroie présenté en 2004, au concept parfois jugé gadget, jusqu’au très innovant Evergraph dévoilé lors de Watches and Wonders.
Cependant, si cette nouvelle approche du chronographe attire l’essentiel de l’attention, la dernière version du chronographe « classique » mérite elle aussi l’intérêt.
Elle conserve bien sûr la couronne à gauche propre à la version originale équipée du Calibre 11 (d’où la désignation de son mouvement manufacture TH20-11), mais, fait notable, les designers de TAG Heuer ont enfin repensé l’ergonomie de ce boîtier carré imposant, qui, bien qu’emblématique, n’a jamais été réputé pour son confort.
Deux années auraient été nécessaires pour améliorer sa portabilité sans altérer ses lignes anguleuses distinctives. Les évolutions majeures résident dans l’utilisation du titane, plus léger, ainsi que dans l’ajout d’un fond de boîte incurvé, permettant à la montre d’épouser véritablement le poignet plutôt que d’y reposer simplement.
Le cadran a également été simplifié et rendu plus lisible, tout en conservant l’identité visuelle propre à la Monaco. Il se décline notamment en bleu « McQueen », en vert « racing » brossé et en noir élégant.
Cette dernière version se distingue particulièrement, puisqu’elle introduit pour la première fois un boîtier bicolore sur une Monaco, une esthétique qui renforce encore son caractère très années 1970, peut-être même davantage que la référence originale 1133 de 1969.
L’association de l’or rose 18 carats et du titane apporte une touche d’originalité tout en préservant l’esprit fonctionnel de la montre. Dans un contexte de hausse des prix de l’or, cette combinaison pourrait également rendre le métal précieux plus accessible à certains amateurs.
La TAG Heuer Monaco Calibre TH20-11 en titane et or rose est proposée au prix de 12’300 CHF / 13’000 € / 13’050 USD / 11’000 £. Les versions entièrement en titane, avec cadran bleu ou vert, sont quant à elles affichées à 8’800 CHF / 9’300 € / 9’350 USD / 7’900 £.
*** Sotheby’s a mis en vente une Monaco présentée comme la version « définitive » portée par Steve McQueen lors du tournage de Le Mans. Cette pièce fait partie des quatre exemplaires acquis après le film par le régisseur Don Nunley, et constitue la dernière qu’il ait conservée, notamment parce qu’elle aurait été la plus portée par McQueen à l’écran. L’actuel propriétaire l’a obtenue directement auprès de Nunley, décédé en 2021, accompagnée d’un coffret conséquent contenant 416 documents liés à la production du film, dont de nombreuses correspondances avec Jack Heuer au sujet des montres. L’ensemble pourrait dépasser le million de dollars lors de la vente organisée par Sotheby’s à New York le 15 juin.