Collaborations Horlogères de Haut Niveau

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© Kross Studio
Le coffret collector Harry Potter de Kross Studio est disponible dès septembre – une nouvelle étape franchie par l’atelier horloger collaboratif qui explore les codes de la pop culture.

Kross Studio est connu pour ses montres sans logo, avec des boîtiers sans cornes et sans couronne. Mais pour le coffret collector Harry Potter, l’atelier genevois a utilisé son boîtier KS 06 avec cornes. Le coffret inclut une boîte à musique Reuge jouant le thème principal, et sur le boîtier tourbillon de la montre flottent pas moins de quatre joueurs de quidditch en or, gravés et peints à la main, autour du mouvement. « C’est le résultat de mes passions pour l’horlogerie et les univers de fiction », explique Marco Tedeschi, fondateur de l’atelier genevois, dont la première création horlogère remonte à 2021 – un hommage à Star Wars baptisé Death Star Central Tourbillon. Cette montre noire de 45 mm en titane grade 5, dotée d’un tourbillon central, d’une lunette intérieure noire et d’index rhodiés avec Super-LumiNova® blanc, ressemble à une pièce qui aurait pu être dessinée par l’un des ingénieurs de l’Étoile de la Mort.

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Cette montre faisait elle aussi partie d’un coffret collector livré dans un container de 1,2 mètre pesant 80 kilos, qui pouvait aussi faire office de table basse. « En réalité, le container était plus complexe que la montre », sourit M. Tedeschi. « Il comportait 980 composants, alors que la montre en compte environ 280. Comme Lucasfilm – le producteur de Star Wars – avait adoré la complexité du projet, nous avons reçu de véritables accessoires originaux du film, intégrés au coffret collector. Nous avons été le premier licencié à obtenir des pièces authentiques du film à commercialiser avec un produit », raconte fièrement M. Tedeschi au sujet de son premier projet, lancé le 25 mars 2021 – l’anniversaire de son père. « C’est mon père qui m’a initié à l’horlogerie quand j’avais huit ans, alors qu’il travaillait dans une boutique d’horlogerie et de joaillerie située dans ce qui était alors l’hôtel Hilton de Genève (aujourd’hui Fairmont Grand Hotel). Ma tâche était de remonter les montres, et c’est sans doute pour cela que je reste si attaché aux mouvements à remontage manuel », explique-t-il. « Remonter une montre procure une sensation si agréable, comme si l’on ressentait le mécanisme au bout des doigts. »

© Kross Studio

Les collaborations comme celles avec les univers cinématographiques ont longtemps constitué l’ADN de Kross Studio. Mais après avoir lancé la MT 1 – un tourbillon à remontage manuel avec sept jours de réserve de marche – la marque a montré un autre visage. Son boîtier, de style disco volante, n’a ni cornes ni couronne apparente. Tandis que le cadran, ajouré, révèle une esthétique hautement technique, le fond offre un contraste apaisant : un jardin zen japonais, où chaque rubis devient le centre d’une onde, comme les motifs tracés dans le gravier. La couronne est placée au dos, au centre, à la manière d’un rotor.

« Avec ce design, il suffit de 15 tours au lieu de 80 à 90 avec une couronne classique pour remonter complètement le barillet. La grande réserve de marche est rendue possible grâce à un barillet surdimensionné, plus large que le rayon de la platine. Quant au design, j’adore les années 1970 et je suis un grand fan des premiers Ikepods de Marc Newson », confie M. Tedeschi, diplômé de l’école d’horlogerie de la Vallée de Joux en 2000. En 25 ans de carrière, il a passé 11 ans comme directeur produit chez Hublot, puis deux ans chez RJ-Romain Jerome, aujourd’hui disparu. C’est là qu’il s’est confronté aux collaborations pop culture, qui représentent aujourd’hui 30 à 40 % des 50 pièces produites chaque année.

« J’ai toujours voulu avoir ma propre manufacture, et maintenant c’est chose faite ! Nous réalisons tout en interne, à l’exception des ressorts, rubis, verres saphir et bracelets. Nous avons des départements d’usinage CNC et de décoration, un bureau technique avec deux ingénieurs, et nous produisons tout sauf ces composants et les traitements de surface. Nous sommes en tout 17 personnes », précise M. Tedeschi.

Avec une production annuelle limitée à 50 pièces, l’atelier réalise aussi des développements techniques et des composants pour d’autres marques, grandes maisons comme petits indépendants.

En seulement cinq ans, M. Tedeschi et son équipe ont su créer des objets immédiatement reconnaissables, sans logotype. « Nous nous concentrons sur le design et le développement ; le nom de la marque vient en second. » Quant à l’absence de logo, sa réponse est simple : « Je n’ai jamais vu Picasso signer au milieu de sa toile. » 

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