On l’oublierait presque, mais il n’y a pas si longtemps, les cadrans de montres se contentaient d’être blancs. Sobres, classiques, presque austères. Puis, dans les années 2020, l’horlogerie a connu sa petite révolution chromatique : le turquoise, le vert anisé, le rose candy… Une déferlante de teintes vives et pastel s’est invitée aux poignets, apportant une dose de fraîcheur et de légèreté à une époque qui en avait cruellement besoin. Et la tendance ne faiblit pas. Cet été encore, les montres arborent fièrement des couleurs pop, des pastels sucrés aux tons les plus gourmands. Mais au milieu de ce festival vitaminé, une couleur inattendue refait doucement surface : le noir. Silencieuse, sobre, radicale et plus élégante que jamais.
Le noir vibre, vit, raconte
Longtemps discret, voire absent des cadrans, le noir n’a vraiment fait son entrée en horlogerie qu’à partir de la seconde moitié du 20e siècle. Sa première apparition marquante ? Du côté des montres militaires, où la fonction dicte la forme : teinte neutre, anti-reflet, pratique, furtive. Le noir s’impose alors comme une évidence tactique. Avec l’arrivée de nouvelles matières comme le carbone, la céramique, les traitements PVD ou DLC que le noir devient ensuite un langage esthétique à part entière. Chez Bulgari, la couleur trouve une toute autre dimension : elle sert à structurer les lignes, densifier les volumes, souligner chaque détail. En 2017, la collection Ultranero, traitée en Diamond Like Carbon, en donne un exemple éclatant. Pas question ici de disparaître: le noir révèle, affirme, sculpte. Et dans cette exploration chromatique, c’est aujourd’hui l’Octo Roma qui incarne avec le plus de force cette vision radicale et sophistiquée.
Potentiel de désirabilité : mille sur mille.
Entre sensualité italienne et rigueur helvétique
L’Octo Roma, c’est une histoire de choix et d’audace. Dès son lancement en 2012, la collection prend un chemin de traverse, loin des standards bien ronds ou trop anguleux. Sa silhouette singulière, tendue entre cercle et géométrie brute, intrigue. Pour comprendre ce boîtier octogonal à huit pans, il faut remonter jusqu’aux voûtes de la Basilique de Maxence, érigée au IVe siècle au cœur de Rome. Mais si l’Octo Roma s'inspire de l’histoire, elle ne s'y complaît pas. Ses lignes cassent les codes sans les piétiner. Son cadran, gravé du motif « Clou de Paris », rend hommage à la tradition horlogère suisse. Son mouvement, un calibre manufacture conçu et assemblé au Sentier, dans la Vallée de Joux, incarne quant à lui la rigueur mécanique la plus exigeante. C'est une montre à la croisée des cultures, qui instaure un dialogue entre Rome et la Suisse.
Sport chic à l'italienne
Cette année, la version Chronograph s'impose comme la pièce sport-chic. Avec son boîtier en acier traité DLC noir de 42 mm, elle affirme une allure dynamique, sans renier le petit plus architectural propre à la ligne. Ses poussoirs Start/Stop et Reset s’intègrent dans le prolongement des cornes, pour une silhouette fluide et contemporaine. À l’intérieur, le calibre automatique BVL 399 anime un chronographe bicompax à la lecture équilibrée : compteur 30 min à 9h, compteur des 12h à 6h, grande seconde centrale à 3h, et date discrète à 4h30. Index et aiguilles luminescents, compteurs soleillés: la lisibilité reste impeccable. La montre se décline avec deux bracelets interchangeables: un en caoutchouc texturé Clou de Paris, l’autre en alligator. Full black, évidemment.