Audemars Piguet RD#5 : la montre connectée...à l’utilisateur

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Audemars Piguet RD#5  © Audemars Piguet
La RD#5 d’Audemars Piguet préfigure les directions techniques futures de la manufacture. Pour ce nouvel opus, le mot d’ordre est : ergonomie. Un mouvement salutaire, recentré sur l’utilisateur final, avec des solutions mécaniques inspirées...des smartphones.

Certains acquis semblent tellement ancrés dans le marbre de l’histoire que l’on ne songe plus à les remettre en cause. L’un d’entre eux est que la montre est un produit technique qui a ses exigences propres : son poids, sa précision, son ergonomie, son mode d’emploi. En somme, qu’elle est à prendre ou à laisser car, en l’état, les horlogers ne peuvent pas faire plus. 

Pousser, tirer

C’est évidemment faux. La montre est au service de l’utilisateur. Comme une voiture, un portefeuille, un canapé ou un smartphone. La montre n’est pas un objet sacré. Encore moins mystérieux. Et l’on doit pouvoir remettre en cause tout ce qui entrave sa bonne manipulation par ses propriétaires. Sans tabou ni limites. 

C’est l’exercice auquel se livre la RD#5 d’Audemars Piguet. La pièce sort dans le cadre des 150 ans de la marque. Il n’y en aura d’ailleurs que 150 exemplaires. Mais, loin d’être un pur exercice de recherche fondamentale, elle propose au contraire des solutions qui peuvent être industrialisées. 

L’un des aspects saillants de la RD#5 est la sensation aux poussoirs. L’exercice ne consiste donc pas à corriger un problème (les poussoirs actuels fonctionnent très bien !), mais à voir si l’on peut les optimiser suivant deux facteurs : réduire la longueur de leur course (en millimètres), et la pression (en kilos) qu’il faut y appliquer pour activer la fonction qui y est associée. 

Audemars Piguet RD#5 © Audemars Piguet

Corriger, adoucir

La pression usuelle est de 1,5 kilo. La course, d’un millimètre. La question n’est pas de savoir si c’est peu ou beaucoup, mais si l’on peut réduire ces valeurs pour approcher celles d’un poussoir de smartphone, que l’on manipule infiniment plus souvent que celui d’un chronographe. 

Audemars Piguet répond : oui. Avec un argument sensé : les valeurs des chronographes des années 50 et 60 étaient déjà bien plus douces que celles que nous connaissons aujourd’hui. Il faut donc reprendre l’ouvrage, et aller plus loin. 

Pour le chronographe de la RD#5, AP a privilégié la roue à colonnes, « qui permet de réduire la course à vide, plutôt que la navette, facile à industrialiser, mais dure et avec une longue course à vide », explique Giulio Papi, Directeur Conception Horlogère. Pour la remise à zéro du chronographe, AP a remplacé le marteau par un râteau, et le cœur par un pignon. Avec, au passage, un rendement énergétique amélioré d’un facteur 7. 

Audemars Piguet RD#5 © Audemars Piguet

Plus de confort

L’optimisation ergonomique de la RD#5 ne s’est pas arrêtée aux poussoirs. La pièce a également été conçue pour entrer en boîte de seulement 39 mm. C’est non seulement le format historique de la Royal Oak Jumbo originelle (1972), mais c’est aussi celui adopté par tous les collectionneurs. 

Elle affiche par ailleurs trois jours de réserve de marche - autre confort associé aux montres « week-end proof ». Elle est enfin réalisée en titane allié à du BMG. Découverts dans les années 60, les BMG sont des alliages qui, lorsqu’ils sont rapidement refroidis, partagent plusieurs caractéristiques communes avec le verre, telles que la robustesse et l’amorphisme. Composé à plus de 50% de palladium, le BMG développé par Audemars Piguet possède une forte résistance à l’usure, à la corrosion, ainsi qu’un aspect brillant. Lancé en 2021 sur la Royal Oak « Jumbo » Extra-Plat Only Watch, ce matériau est entré en collection en 2023.

Côté fond, le mouvement est 100% visible grâce à une masse périphérique « que l’on n’avait plus vue chez AP depuis une dizaine d’années », précise Giulio Papi. Malheureusement, pourra-t-on ajouter : la seule marque qui en faisait un usage quasi systématique a fermé boutique (Carl F. Bucherer), et personne ne reprend significativement le flambeau. Jusqu’à ce jour ? 

Guilo Papi © Audemars Piguet
« Nous avons voulu réduire ces valeurs afin d’optimiser l’expérience client en reproduisant la sensation des poussoirs des smartphones qui ont une course de 0,3 mm pour une force de 300 grammes »
Giulio Papi, Directeur Conception Horlogère
Audemars Piguet Astucieux © Audemars Piguet
Audemars Piguet RD#5 © Audemars Piguet

Astucieux

Pour éviter d’abîmer les ongles et faciliter son réglage, la RD#5 n’a plus de couronne qui se tire. À la place, une simple pression sur elle libère un poussoir avec un indicateur visuel à deux positions : remontage et mise à l’heure.
Audemars Piguet Le petit plus © Audemars Piguet
Audemars Piguet RD#5 © Audemars Piguet

Le petit plus

Les collectionneurs AP l’auront repérée de suite : à 12 heures, la signature habituelle de la marque (nom et logo AP) a été remplacée, en cette année de ses 150 ans, par une signature spécialement développée pour l’occasion sur la base de documents d’archives. Classique et classieux !

Une famille en or

2015
RD#1 : la Royal Oak Concept Supersonnerie, ou RD#1, a révolutionné la construction de la boîte des répétitions minutes traditionnelles. Les timbres ne sont pas fixés à la platine, mais à un nouveau dispositif faisant office de table d'harmonie.
2018
RD#2 : avec un mouvement de 2,89 mm d’épaisseur et une boîte de 6,3 mm de hauteur, la Royal Oak Quantième Perpétuel Extra-Plat Automatique était à l’époque la montre-bracelet Quantième Perpétuel automatique la plus fine au monde. L’Octo Finissimo QP Automatique détient aujourd’hui le titre.
2022
RD#3 : la Royal Oak Tourbillon Volant Extra-Plat Automatique était la première Jumbo dotée d’un tel organe réglant.
2023
RD#4 : la Code 11.59 by Audemars Piguet Ultra-Complication Universelle RD#4 est dotée de plus de 1 100 composants, intègre 40 fonctions, dont celles de Grande Sonnerie, Supersonnerie, répétition minutes, tourbillon, flyback, chronographe, chronographe à rattrapante, lune astronomique, phases de lune et grande date.
2025
RD#5 : Royal Oak « Jumbo » Tourbillon Volant Chronographe Automatique Extra-Plat.
Audemars Piguet RD#5  © Audemars Piguet
Audemars Piguet RD#5 © Audemars Piguet

En chiffres

1,3 à 1,5 kilo : pression moyenne exigée par le poussoir d’un chronographe standard 1 mm : course moyenne du poussoir d’un chronographe standard 300 g : pression exigée par les poussoirs de la RD#5 0,3 mm : course des poussoirs de la RD#5 70% : perte habituelle entre l’énergie délivrée au poussoir, et l’énergie appliquée en bout de course sur le composant 10% : perte moyenne de la même action dans la RD#5 150 : nombre d’exemplaires de la RD#5
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