WORLDTEMPUS – 14 février 2013
David Chokron
La variété des montres compliquées présentées au SIHH est source de réjouissance. A quelques mètres de distance, dans un même salon, des visions parfaitement complémentaires se côtoient. Le plus classique, dans l'esprit comme dans l'interprétation, rejoint le moderne le plus décoiffant, en passant par un mélange des registres.
Réinterprétation classique
La grande nouveauté 2013 de Lange & Söhne était aussi une grande absente. Une immense maquette de la Grande Complication trônait à l'entrée du stand, alors que la montre est restée invisible. De par sa facture et sa taille de montre de poche (50 mm), il s'agit d'une claire référence au passé. Mais Lange avait plus d'un tour dans son sac avec une 1815 Rattrapante Quantième Perpétuel. Epaisse mais discrète, elle témoigne d'un souci d'ergonomie qui fait oublier les conséquences néfastes de la technique.

Hybridation
Audemars Piguet, lui, mélange les genres. La Royal Oak Offshore est son boîtier le plus technique et sans concession. Il accueille pourtant le calibre 2885. Inventé dans les années 80, on le trouve plutôt dans des boîtes classiques Jules Audemars avec sa répétition minutes, son QP et sa rattrapante automatique. La Royal Oak Offshore Grande Complication sera produite à 6 exemplaires. Quand on sait qu'il faut 10 mois pour qu'un horloger chevronné construise seul ce mouvement…


Inventions décoiffantes
Chez Richard Mille, ce fut un défilé. Un capteur d'accélération mécanique dans la RM036. Un mouvement suspendu à des câbles dans la RM027-01, poids plume de 19 grammes, tout compris. Un nouveau boîtier en saphir transparent pour la RM056-01, comme en 2012, mais avec platine et roues également en saphir. Enfin, la RM058-01 surprend par sa praticité. Heure universelle ajustable exclusivement par la lunette, elle est aussi munie d'un tourbillon 10 jours de marche et, constante chez Richard Mille, s'assoit magiquement sur le poignet malgré ses dimensions colossales : 50 mm de diamètre et 15 d'épaisseur.

Fausse simplicité
Greubel Forsey a fait mentir sa réputation. Spécialisée dans le tourbillon sous toutes ses formes dès lors qu'elles sont complexes, la marque est presque identifiée à cette complication. La Double Balancier 35 Degrés n'en est pourtant pas dotée. Ses deux échappements sont certes inclinés et travaillent de concert par le truchement d'engrenages différentiel, autant de spécialités de Greubel. Mais ce sont deux échappements fixes. Elle n'est pas la moins chère de la gamme, pas la moins compliquée en fait, et ses capacités chronométriques ne sont pas en reste.

Nouveauté constante
IWC a choisi l'Ingénieur comme modèle rafraîchi cette année. En plus d'y greffer ses calibres préexistants, elle l'a dotée d'un nouveau moteur. Le calibre 94800 possède un échappement à tourbillon et force constante, repris sur le modèle extrême qu'avait été la Portugaise Sidérale Scafusia. Il est couplé avec une phase de lune de précision. L'innovation fait du bien, beaucoup de bien à tous les acteurs de l'horlogerie : concepteurs, marques mais surtout aux amateurs de belles mécaniques.
