Imaginez une femme, amatrice de garde-temps, soeur d'un général impérial au caractère politique reconnu. Donnez-lui des palais, des bijoux, de l'argent et un dressing à faire pâlir aujourd'hui les rédactrices de Vogue. Mais surtout offrez-lui un bien plus précieux encore : celui d'entrer dans l'Histoire, en étant contemporaine de l'inventeur du tourbillon, muse d'un horloger au talent insolent. Puis admirez, cette année anniversaire de bicentenaire particulièrement, le grandiose accomplissement de cette heureuse rencontre, et découvrez aujourd'hui ce qu'est devenue cette montre, version second millénaire : une Reine – de Naples certes – à la majesté bien-nommée.

Et pourtant, dans cet état de grâce comme dans tous les rêves, il y a de la distance. Cela semble lointain, c'est pour d'autres qui sont nées ailleurs, vous direz-vous, les filles, c'est un prestige qui ne saurait nous toucher, nous, pauvres mortelles sans tête couronnée.
Jusqu'à ce que l'occasion unique de la voir sortir de son écrin tout spécialement pour vous fasse, sous votre regard ébloui, de ce songe inespéré une bien époustouflante réalité!

Et ce qui alors bouleverse la sensibilité, ce n'est pas tant le poids en carats – bien qu'ici le nombre en compte 3 chiffres – que le coût de la réalisation – qui avoisine un montant qu'on souhaiterait, les filles, avoir gagné pour lot à l'Euro-millions – mais plutôt la lumière. Je m'exclame : la lumière! Non je répète, encore et encore, plus fort : la lumière! Il y a de la perfection dans la lumière. Et cette déclinaison de la Reine de Naples en Crazy Flower au bracelet serti en offre plus que tout autre: qu'est-ce que le luxe, sinon la lumière?
Et cette lumière opère sa magie seulement à travers une vision, la vôtre, au moment d'en serrer le fermoir contre votre peau. Une montre qui ne brille qu'à travers vous, ardent éblouissement, puisque vous êtes la première à la voir, à choisir de la porter, de vivre avec elle une romance, à vouloir la montrer. Un œuvre d'art poétique qui, de sa clarté et de son éclat, vous rend étincelante.

Oui, bien sûr, je pourrais vous parler de son sens esthétique, du jeu de la corolle en mouvement, des heures de sertissage et de la pureté des diamants, de sa beauté mécanique avec ce moteur automatique si rare chez une dame, mais vous le savez, le nom gravé à la main sur le cadran suffit seulement à assurer toute cette grandeur.
Aussi je préfère me perdre dans le souvenir des sensations douces qui furent les miennes à la glisser à mon poignet, dans une atmosphère feutrée tout aussi exquise que glamour, entre bulles de champagne et plumes légères, pour en effeuiller, dans mon esprit réjoui, les pétales comme ceux d'une marguerite, à se demander si j'aime Breguet un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie!

Le « pas du tout », je l'ai gardé pour ce que j'aurais pu avoir à lui reprocher : rien donc! Si ce n'est son poids. Mais toutes les belles se trouvent lourdes sur la balance, alors que nous, personnellement, on ne contemple que le poids de leur immense beauté. D'autant plus que désormais on assume ses rondeurs majestueuses, et plus encore quand elles ont le charme et la distinction d'une reine.
Et comme dans tous gracieux contes de fées, il y a une autre histoire plus discrète à partager, moins prétentieuse que les palaces de Capri, une légende qu'on ne confie pas dans les catalogues de la marque au B calligraphié, et que pourtant Caroline et le Magicien du temps ont vécue ensemble. La voici en quelques mots, un vrai plaisir dans la quête du sens : ce que l'on apprend des montres, on l'apprend avant tout avec le cœur. Et ce qui est fantastique, c'est qu'il n'est nul besoin d'argent et de biens pour ce faire, car tous les cœurs ne se valent pas devant ce beau horloger, qui ne se dévoile et ne se laisse apprivoiser que par ceux qui ont gardé toute leur capacité à simplement s'émerveiller.

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