La marque affiche son chiffre fétiche, le 55, sur ses montres mécaniques sport. Pour ses 10 ans, un soutien financier a fait éclore une nouvelle gamme, à découvrir à Baselworld. Contact.
WORLDTEMPUS - 2 mars 2012
David Chokron
«Une montre au pays du chocolat, qui l'aurait imaginé?». L'exclamation de Bernard Julémont a de quoi surprendre. En effet, le fondateur de la marque Raidillon s'exprime avec un très net accent… bruxellois. Le Plat Pays prétend ainsi rivaliser avec la Suisse sur ses délices de cacao, mais aussi l'horlogerie. Quoique modeste, Raidillon est l'une des deux seules marques d'horlogerie mécanique belges, et qui revendique cette origine. Ancien commercial pour IWC/Porsche Design dans les années 90, puis agent pour Dubey & Shaldenbrand à sa meilleure époque, Bernard Julémont fonde Raidillon en 2002 pour conjuguer sa passion des montres et son amour pour le sport auto. Raidillon est le nom du plus fameux virage du circuit de Spa Francorchamps, «un nom qui avait aussi l'avantage d'être déposable» s'amuse M. Julémont.

55
Seul, avec comme armes de la patience et une belgitude alors unique en horlogerie, il développe ses collections selon trois axes. Le premier s'inspire de l'automobile. Elle se traduit par des accents sportifs, des bracelets en cuir driver et une prédominance de la complication chronographe. En l'occurrence, des Valjoux 7750. Le second table sur une approche humble et réaliste. Elle justifie le recours à un mouvement éprouvé, permet une garantie de 5 ans et résulte en des tarifs raisonnables, entre 2300 et 2700 € pour un chronographe en acier. La troisième joue l'exclusivité avec une série limitée à 55 exemplaires. Le chiffre est systématiquement placé à 11 heures, où il trône solitaire. Comme en course auto, il n'y a pas de numéro 13, remplacé par un numéro zéro.

Gamme Design
Après avoir lutté pour développer son réseau (qui exclut encore la Suisse), Bernard Julémont s'est adossé en 2009 à un fonds d'investissement belge. Emmené par un entrepreneur en série, il pratique des prises de participation de 50%, pas plus, et maintient les fondateurs dans leurs fonctions. Ces nouveaux moyens de développement sont passés par l'adjonction d'un directeur général, Fabien de Schaetzen, gestionnaire et manager, et surtout par un renouvellement de collection important. En 2011, elle comptait 55 références, celle de 2012 passe à 61.
Une bonne partie est une évolution de l'existant, mais ce sont les nouvelles Design qui retiennent l'attention. Conçues pour la première fois avec un designer, elles affichent un esprit plus mécaniste. Cette stratégie salutaire incitera peut-être les détracteurs de la marque à cesser de lui reprocher un manque d'originalité esthétique. Des cadrans métal au traitement galvanique, dont une étonnante variante vert olive, «huile de moteur, propre» précise M. Julémont, côtoient des versions épurées, sans compteurs de chronographe, et un cadran à effet matelassé.
Expansions
Tous sont embarqués dans une nouvelle boîte de 42 mm de diamètre, bonne moyenne entre les 38 à 48 mm des collections précédentes. Deux nouveaux mouvements font leur apparition. Un chronographe à rattrapante, qui colle aux besoins de mesure de performance, et surtout un modèle GMT avec réserve de marche dont l'affichage se présente comme des jauges de compteur de bord. Toutes seront officialisées lors de Baselworld, où la marque dispose d'un stand depuis 3 ans. L'esprit automobile est réaffirmé, de même que la variété des influences géographiques. Le mouvement est suisse, la conception belge, l'emboîtage italien et le marché le plus prometteur est… le Mexique. «Trouver un partenaire local qui soutient la marque, paie rubis sur l'ongle et ouvre des points de vente, on ne peut rêver mieux.» conclut Fabien de Schaetzen.
