WORLDTEMPUS - 5 novembre 2012
Serge Panczuk
Les diamants sont éternels
Au royaume de la pierre précieuse ultime, Harry Winston fait office de Roi ! Peu de marques peuvent se vanter d'avoir été chantée par la sublime Marylin Monroe, d'avoir été portées par des reines, des stars de Hollywood, ou d'avoir vu passer les diamants historiques les plus légendaires comme les fameux Hope ou Jonker. Avec un tel héritage, Harry Winston était vouée à devenir une marque joaillière féminine, subtile et sensuelle. Et pourtant…
Le garde-temps que je vais vous présenter aujourd'hui démontre que lorsque le talent rencontre la volonté, une marque peut oser sortir de sa zone de confort et proposer une interprétation horlogère originale et tentante.
Il fallait effectivement une bonne dose de courage pour s'attaquer à une catégorie de montres aussi exposée que les montres sportives à vocation nautique. Tous les ingrédients étaient potentiellement réunis pour faire de la montre sportive d'Harry Winston une « autre » montre de plongée. Il y avait la concurrence, déjà très présente, il y avait le concept mille fois travaillé et décliné sous toutes les formes. Il y avait enfin l'effet mode.
Le chemin était donc long entre les mines de diamants et l'univers aquatique. Sur cette route, les horlogers et les designers d'Harry Winston ont évité tous les pièges pour proposer une des plus belles plongeuses actuelles : la Ocean Sport Chronographe…

Pourquoi Harry Winston ?
Harry Winston, c'est d'abord l'histoire d'un homme, et une success story américaine. C'est l'histoire d'un enfant, qui se prend de passion pour les pierres précieuses au point d'en faire son métier. Sa vocation l'amène en 1932 à créer son entreprise de joaillerie. Il prouve d'ailleurs ses qualités en développant son activité en pleine Grande Crise, alors que de nombreux concurrents ne survivent pas à la Dépression.
Si la légitimité d'Harry Winston dans l'univers des pierres précieuses est incontestable, elle l'était moins dans l'horlogerie. Mais la marque a souhaité utiliser son nom et ses compétences pour s'affirmer dans cet univers fort concurrentiel. Entrée dans ce marché en 1989, Harry Winston ouvre sa manufacture de montres à Plan-Les-Ouates en 2007. Elle s'associe aux plus grands horlogers pour proposer deux concepts de séries limitées : les Project Z lancées en 2004, et surtout les Opus déclinées depuis 2001. Ces dernières sont des créations exceptionnelles, confiée chaque année à un maître horloger de renom, et dont le seul objectif est de repousser les limites du bel ouvrage et de la déclinaison du temps. Quelle autre marque peut ainsi se targuer d'avoir développé des garde-temps avec des maîtres horlogers et personnalités aussi célèbres que François-Paul Journe, Antoine Preziuso, Vianney Halter, Christophe Claret, Félix Baumgartner, Robert Greubel et Stephen Forsey, Andreas Strehler, Frédéric Garinaud, Jean-François Mojon, Jean-Marc Wiederrecht, Eric Giroud, Denis Guiguet ou Emmanuel Bouchet ? La réponse est simple : aucune.
Exclusivité, excellence technique et originalité sont donc des valeurs dans lesquelles les équipes d'Harry Winston se retrouvent. Elles le prouvent au travers de cette Ocean Sport Chronographe.
La Harry Winston Ocean Sport Chronographe : Beautiful watches are men's best friends …
La sensuelle Norman Jean louait les délices de la joaillerie dans le film « Les Hommes préfèrent les blondes », et demandait « Talk to me, Harry Winston, tell me all about it ». Si les diamants étaient son meilleur ami, force est de constater que les montres peuvent prendre cette place dans le cœur des hommes.
La Harry Winston Ocean Sport Chronographe est une pièce splendide. Il s'agit d'un chronographe de plongée, étanche à 200 mètres, de 44 mm de diamètre, disposant d'un cadran ajouré et réalisé en Zalium.
Le modèle présenté aujourd'hui est une édition limitée de 300 pièces, mais qui reste disponible dans deux autres versions tout aussi belles.
L'Ocean Sport Zalium se fait remarquer d'abord par son cadran.
De nombreuses marques proposent des cadrans « techniques », complexes et ajourés pour dévoiler la mécanique qui anime la montre. Force est de constater qu'Harry Winston joue désormais dans cette cour, en proposant un des plus beaux cadrans de cette catégorie. Un guichet de date à 12 heures, un compteur de 30 minutes à 9 heures, un autre pour les heures à 6 heures. Du simple, mais du beau. Chacune de ces pièces est travaillée pour laisser apparaître le disque des jours, ou d'autres éléments du calibre. Non seulement le cadran est réalisé en plusieurs couches, donnant ainsi de la profondeur, mais il alterne aussi plusieurs formes originales, conférant à l'Ocean Sport Chronographe un « look » qui l'honore !
A 3 heures, nous pouvons admirer le fameux Shuriken d'Harry Winston. Cet indicateur du fonctionnement de la montre tire son nom d'une arme de lancer utilisée par les Ninja. Dans notre chronographe, le Shuriken adopte une couleur bleue, qui renforce l'aspect sportif de la montre.
La montre est donc réalisée en Zalium. Le principal avantage de cet alliage de zirconium et d'aluminium est le poids. Au porté, ce chronographe s'avère très léger, et donc particulièrement confortable.
Comme toute plongeuse qui se respecte, l'Ocean Sport est équipé d'une lunette unidirectionnelle également réalisée en Zalium. Les indicateurs de minutes sont, eux, noircis. Le noir se retrouve également sur la couronne, et sur l'extérieur de la lunette.
Les poussoirs de chronographe sont parfaitement intégrés à la boîte et réalisés dans le même alliage. L'aspect massif de la pièce se retrouve également dans le design des aiguilles, dans les indicateurs horaires surdimensionnés et dans les cornes qui « encadrent » le bracelet en caoutchouc.
Le fond est plein et la boîte abrite le calibre automatique HV 1018-02 qui offre une réserve de marche de 45 heures.
Cette Ocean Sport est donc une alternative plus que crédible à qui voudrait s'offrir une plongeuse raffinée au design marqué, alternant subtilité et sportivité.
Qu'en pense l'avocat du diable ?
Harry Winston nous offre avec cette plongeuse un quasi sans faute. Seuls trois d'éléments retiennent l'attention de l'avocat du diable.
Tout d'abord, si le cadran est splendide, cette série limitée aurait pu bénéficier d'un travail plus en finesse du pont sur lequel se greffe le compteur des heures. Il est, à mon sens, trop massif et trop visible. On l'aurait rêvé ajouré, quitte à déplacer les inscriptions Harry Winston et Zalium.
Ensuite, je m'interroge sur la capacité des indicateurs de minutes noircis disposés sur la couronne à résister sans encombre à un style de vie sportif. Ils sont effectivement en DLC, mais je sais par expérience que ce traitement, aussi résistant soit-il, peut s'altérer en cas de choc ou de frottement trop violent. J'aurais donc préféré des inserts en céramique, plus dignes de cette pièce.
Le troisième regret porte sur le logo aposé sur le bracelet. Je ne suis pas un partisan des bracelets « logotés ». Cette Harry Winston a assez de caractère et de présence pour ne pas avoir à aborder un HW qui ne la met pas forcément en valeur.
Quelle image véhiculera le porteur de cette Harry Winston ?
Cette Ocean Sport me fait penser à Jules Verne. Sa couleur, sa réalisation et son design pourraient s'inspirer d'un Nautilus moderne, mélange de classicisme et de complexité. Cette pièce est digne d'un Capitaine Nemo dandy, aventurier urbain tout autant qu'amateur de fonds marins ! L'intérêt de cette Ocean Sport réside dans sa discrétion.
Ce n'est pas une pièce évidente, celle que l'on voit tous les jours. Pour goûter le plaisir de la porter, il faut la chercher, être prêt à être surpris.
Celui qui apprécie cette montre aime donc sortir des sentiers battus. Il revendique une liberté de choix. Alors, laissez-vous surprendre, vous avez maintenant une – autre – bonne raison d'aller visiter un joailler !
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