Cache-cache chrono

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Magnifying glass
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Dans le grand mouvement qui l'emporte en 2023, le chrono dissimule sa nature, transcende son apparence traditionnelle et joue avec nos certitudes

Comment reconnaît-on un chronographe? Facile? Il a des poussoirs et des compteurs. Si l’on y regarde bien, il n’a pas forcément deux poussoirs, ni deux compteurs, mais son apparence est codifiée, figée même. Or une déferlante de nouveautés 2023 apporte avec elle un nouveau type de chrono: celui qui n’a pas l’air d’en être un. En creusant, il existe toujours un indice qui le dénonce dans sa feinte. Mais il est de plus en plus subtil et surtout, le repérer oblige à une gymnastique de l’esprit qui joue sur nos biais cognitifs. En matière de design horloger, et a fortiori celui des chronographes, il faut se méfier des codes traditionnels, des habitudes et des certitudes.

Abracadabra

Une, deux, même trois pour les rattrapantes, les chronos se repèrent aux excroissances qui ponctuent leur flanc, le même que la couronne, de part et d’autre de celle-ci. La nouvelle mouture de la Reverso Tribute Chronograph profite de sa nature pour tromper son monde : quand on la regarde sur sa face à cadran plein et lisse, ses deux poussoirs n’ont l’air de servir à rien. Quand on la renverse, sa face squelettée et chrono a ses poussoirs à l’envers. Quant à la Unveiled Timekeeper de Montblanc, elle a tout simplement réglé le problème à la racine: le chronographe n’a aucun poussoir, dissimulé ou autre, et se déclenche par la lunette.

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Poussoir ou pas ?

Si l’on observe une H08 Chronographe d’Hermès, sous une manche de chemise, seule en dépasse la couronne. Elle n’a rien d’inhabituel. Or elle contient également le poussoir qui contrôle son chronographe, quant à lui reconnaissable à ses deux compteurs. Cette disposition, dite co-axiale, n’est pas nouvelle, mais Hermès l’a portée à un nouveau degré de dissimulation.

Cache-cache chrono

En la matière, le sommet est atteint par A. Lange & Söhne. Dans le modèle Odysseus d’origine, sans chrono, la boîte présentait deux petites excroissances, sortes d’épaulements de couronne dont on se demandait à quoi ils servaient. La réponse était peut-être que la marque avait anticipé la création de la version chrono, car les deux mêmes protubérances, très légères, sont toujours là, mais elles contiennent désormais chacune un poussoir.

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Erreur sur le compteur

3,6,9 ou 6,9,12, chacune des deux dispositions classiques des sous-compteurs de chronographe a ses adeptes. Parfois, un seul compteur est présent et il peut se confondre avec une petite seconde. De là, deux possibilités se présentent. Soit il s’agit effectivement de la petite seconde qui, graduée sur 60, entretient le doute. Deux aiguilles superposées se chargent alors d’indiquer toutes les mesures du chronographe, comme sur l’Odysseus Chronograph. Soit ce compteur n’est pas ce qu’il semble être. Ainsi de la DB Eight, sur laquelle De Bethune accumule les effets d’optique. Son seul compteur de minutes écoulées est à 6 heures. Sa couronne fait également office de poussoir mais elle dépasse si peu de la boîte qu’il faut appuyer dessus pour véritablement s’en rendre compte. Tout au plus, la redondance entre trotteuse et petite seconde doit obliger à se frotter les yeux un instant avant d’éventer le secret de ce tour de passe-passe. La magie horlogère est comme les autres : elle est faite de prestidigitation.

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