Montre de poche Astrolabe

2 minutes read
#wtbasel/ Le sellier parisien met en scène l'émail plique-à-jour paillonné dans une œuvre unique permettant de goûter à la subtilité de cette technique ancestrale et rare: la transparence.



WORLDTEMPUS – 14 mars 2012

Anne-Marie Belcari



La particularité de l'émail plique-à-jour réside dans ses effets de lumière et de translucidité qui rappellent le vitrail. Si d'autres marques horlogères ont employé cette technique pour décorer leurs cadrans – on pense notamment à la Rotonde de Cartier à décor d'ours présentée l'année dernière, La Montre Hermès choisit de l'associer à un couvercle de montre de poche qui, une fois ouvert, en révèle tout l'intérêt esthétique. Il faut remonter au 14ème siècle pour trouver quelques vestiges de cette technique dérivée du cloisonné, alors très appréciée des cours royales françaises. Il n'en demeure pas moins que l'histoire la situe au 6ème siècle, au cœur de l'Empire byzantin. Le célèbre orfèvre de la Renaissance italienne, Benvenuto Cellini, fait une description détaillée de son procédé dans un ouvrage datant de 1568 qui a inspiré à la fin du 19ème et au début du 20ème de nombreux maîtres de l'Art Nouveau, tels Eugène Feuillâtre et René Lalique, ainsi que de grandes maisons joaillières, dont Fabergé, Tiffany et Boucheron.

 

Hermès_332310_0




Fragile

Le principal, et non des moindres, défi de l'émaillage en plique-à-jour est sa fragilité: l'émail est traité comme un vitrail, littéralement tenu par les cloisons qui l'enserrent, sans support de base métallique. Le motif choisit par La Montre Hermès pour révéler toute la minutie de cet art ancestral est un astrolabe. Imaginé spécialement pour l'occasion par le dessinateur Pierre Marie, l'instrument apparaît dans un effet de perspective et de relief accentué par la rondeur du couvercle. L'artisan émailleur Inès Hamaguchi a commencé par découper une plaque d'or dont les filets restant dessinent le décor. Les pliques ainsi constituées sont posées sur un support puis remplies d'émail et passées successivement dans un four à plus de 800° pour faire apparaître les couleurs une à une, dans une palette de bleus, d'indigos et de turquoises. Afin d'accentuer encore les jeux de lumière, l'émailleuse a posé le long d'un des bras de l'astrolabe quelques paillons d'or en forme de lune. Après la dernière cuisson, le support est retiré, laissant la lumière traverser les vitraux. 15 jours ont été nécessaires pour réaliser ce chef-d'œuvre. Côté lecture du temps, la Maison a opté pour l'épure d'un émail bleu translucide sur fond guilloché à la main, qui adopte un subtil dégradé grâce à la forme bombée du cadran. De quoi souligner en toute simplicité la danse caractéristique des chiffres Arceau. Si tant est que l'on puisse parler de simplicité…

Hermès_332310_1

 

Marque